‹ Les légendes thébaines dans l'épopée et la tragédie grecquesChapitre 4 sur 39 · ORIGINE DE LA LEGENDE THEBAINE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA LEGENDE THEBAINE

de ces migrations et de ces luttes préhistoriques; et les noms mêmes de quelques chefs rappellent très probablement les divinités locales de la Béotie et du Péloponnèse, plus tard détrônées et héroïsées.

Voici en effet la légende en ses parties essentielles. A la suite de convulsions intestines, de crimes et de fléaux divins, dont l'histoire mythique de Laïos et d'Œdipe n*est qu'un symbole, à la vérité très obscur, un des fils d'Œdipe, Polynice, est chassé de Thèbes par son frère Étéocle : il trouve mariage et alliance chez Adrastos, roi d'Argos; et avec l'aide de celui-ci, que seconde le Péloponnèse presque tout entier, il va assiéger Thèbes aux Sept portes (i). La première expédition se termine par un désastre, réparé plus tard par les descendants des Sept à Glisas et dans Thèbes même.

Tout d'abord il est à remarquer que souvent des bandes sont venues de Béotie dans le Péloponnèse, par exemple celle d'Azan (2), qui représente soit les Aones fondus avec les Kadméones, soit plutôt les Minyens d'Orchomène. En effet, la Béotie, en proie à de fréquentes invasions et à des luttes civiles nombreuses (Amphion contre les Kadméens) (3) dut voii' souvent des peuplades sortir de son sein. Il est donc vraisemblable que le nom de Polynice représente une de ces bandes forcées d'émigrer. Que d'ailleurs cette bande ait trouvé asile en Argolide, rien de plus naturel. Dans l'Argolide, région souvent foulée par les émigrés de Béotie, peuplée même d'hommes de cette race, ainsi que tout le Péloponnèse, des hommes ont dû avoir le désir de se venger de Thèbes ou de reconquérir leur part d'héritage : leurs efforts ont pu échouer souvent, réussir quelquefois.

Ce qui rend vraisemblables ces guerres et cette ruine finale de Thèbes, c'est qu'Homère, géographe si exact dans

(1) Sur les 7 portes de Thèbes, V. Frazer (Paus., V, 20 sqq.) Wilamowitz {Hermès, 26, 229 sqq.).

(2) Fougères, op, cit,, 212.

(3) E. Curtlus, HisL gr. (Trad. B. L., I, iQ6).

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