II
Ce que Strabon explique ainsi (IX, a, 3a) : « Ceux qui habitaient sous Thèbes désigne pour les uns Sous-Thèbes (ÔTToÔT^êaç) pour les autres Poiniae ; car Thèbes avait été abandonnée à la suite de l'expédition des Épigones et ne prit donc point part à la guerre de Troie. D'autres disent que les Thébains furent à cette guerre, mais qu'ils habitaient alors, après rinyasion des Épigones, dans les lieux situés audessous de la Kadmée, ne pouvant la rebâtir; et comme la Kadmée s'appelait aussi Thèbes, Homère appela les Thébains d'alors habitants de Sous-Thèbes, au lieu de : habitants de la Sous Kadmée. »
Quelque interprétation qu'on admette, il résulte des paroles de Strabon et de la discussion née, suivant le même auteur, du vers assez obscur d'Homère, que Thèbes ou une partie de Thèbes, précisément cette partie où se trouvait la citadelle, avait été ruinée réellement (i).
C'est sans doute cette ruine de Thèbes que célèbrent les chants connus sous le nom de : Œdipodie, Thébaïde, Epigones,
Mais s'il n'est pas impossible de reconnaître dans la légende de vagues souvenirs historiques, on ne saurait en discerner aucun dans les détails, notamment dans las noms
(1) Le vers d'Homère (II, 5(fô) appartient à un fragment fort discuté de Vlliade, et qui aurait été composé entre 770 et 740 selon Ameis-Henze {Iliade, Anhang, I, 99-100 et selon VV. Christ (Zur Chron, des altgr. Epos, 60) qui le croit écrit u un peu avant la 10« ol. par un poète de Técole béotienne ». A cette époque les épopées thébaines existaient peut-être déjà; en tout cas la légende était fort connue. Il se peut donc que ce vers n'ait été introduit que pour faire concorder l'épopée troyenne et l'épopée thébaine. Mais les auteurs du Catalogue (surtout s'ils sont Béotiens, comme on le croit généralement (0. Muller, Tr. Hill. I, 109) ont pu voir les ruines de la Kadmée.