Sacrifice de l'aswamédlia ou sacrifice du cheval
A l'époque de la domination purement sacerdotale des brahmes, le sacrifice de V aswamèdha n'était qu'emblématique. Pendant qu'un prêtre, devant les chefs assemblés,, oifrait le sacrifice, un cheval était attaché près de l'autel et le sacrificateur le consacrait à la divinité. A la fin de la cérémonie, on lui imprimait avec un fer rouge la marque de la divinité, ainsi qu'on fait encore pour les taureaux sacrés dans toutes les pagodes de l'Inde, et exclusivement attachés au service du temple et des prêtres, il ne pouvait plus être employé à un service abject. On ne recevait pour ce sacrifice que de jeunes étalons.
D'après les brahmes pundits, la plupart des chevaux et des taureaux (car le sacrifice du taureau existe également) étant assouplis au service de l'homme par la castration, il était nécessaire de ne pas abandonner aux classes inintelligentes le. soin de choisir et de consacrer les plus beaux lypes destinés à conserver la race. Il fut défendu aux soudras et aux vaysias de posséder des étalons, et le privilège fut attribué aux pagodes. Les soudras qui cultivaient la terre pour les brahmes et les xchatrias se fussent peu, on le conçoit, inquiétés de conserver des types de race.
Les chevaux et les taureaux étalons furent donc, à l'aide
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du swardjit, du gosava, de l'abhidjit, du viwadjit^ du tritwnt et de Taguichtout,
d'une consécration, mis sous la protection de la divinité, ainsi qu'on le fit, du reste, pour les ablutions, les bains, les jeûnes à de certaines époques de l'année, et toutes les coutumes hygiéniques que le législateur dans l'Orient a constamment mises sous la protection de l'idée religieuse.
Déjà à cette époque, on ne voulait pas instruire le peuple pour le conserver à l'état de machine à travail, et pour imposer à sa grossière intelligence des habitudes d'hygiène qui conservassent la santé de la brute, on lui faisait peur de Dieu ou du Diable.
Ces coutumes, adoptées en Perse et en Egypte, ont fait dire que l'antiquité avait adoré des animaux.
Dans la seconde époque, que j'appellerai l'époque royale, alors que les chefs avaient attiré à eux le pouvoir temporel, tout en gorgeant les brahmes d'honneurs et de richesses, pour se servir d'eux dans un intérêt de domination sur les masses, le sacrifice de l'aswamédha de symbolique devint eff'ectif, mais ce sacrifice du cheval était toujours précédé d'une espèce de chasse à l'animal, dans laquelle se défiaient le plus souvent des rois voisins et rivaux de puissance. Gela donnait lieu à des fêtes sans fin, et au bout d'une année le cheval était immolé.
Chaque roi était obligé de faire ce sacrifice au moins trois dans sa vie; celui qui l'accomplissait cent fois s'élevait au rang des dieux.
Dans la troisième période voisine de notre ère, les brahmes et les xchatrias, ou rois divisés par des querelles intestines et des guerres de conquêtes, n'ont plus le temps de présider à des sacrifices dont la durée était d'une année ;
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« Ou bien que le coupable fasse cent jodjanas à pied, en récitant à chaque pas un verset du Véda.
en même temps que l'aswamédha devient plus rare, il tend de plus en plus à se symboliser.
Manou avait déjà dit, pour la nourriture sacrée des sacrifices, livre V, sloca 37 ;
« Que le brahme fasse, avec de la pâte pétrie dans le beurre, l'image de l'animal qu'il veut sacrifier, et qu'il se garde de manger un animal qui n'aurait pas été consacré. »
Et les bralimes prirent peu à peu l'habitude de représenter le cheval de l'aswamédha par une figurine en pâte de riz pétrie tantôt avec du miel, tantôt avec du beurre.
Peu à peu l'horreur du meurtre des bétes, que Manou n'autorisait, du reste, que dans les ofi'randes aux dieux, devint telle, en raison du dogme de la métempsycose qui primait tous les autres, qu'on vit les brahmes tamiser leur eau pour ne pas s'exposer en la buvant, à faire périr les animalcules qu'elle contenait, ce qui n'était fait autrefois que par les pénitents d'un degré supérieur, et les sacrifices d'animaux, chevaux, taureaux, chevreaux, colombes, etc., conservés seulement à titre d'exception pour quelques fêtes spéciales, disparurent du culte, remplacés, selon le vœu de Manou, par des simulacres en pâte, de petites galettes de riz, du lait, du beurre, du miel, des grains de riz grillés et des fieurs.
Il y a des siècles que le sacrifice du cheval ne se fait plus dans l'Inde par l'immolation de l'animal lui-même, mais comme l'aswamédha a conservé dans les croyances toute sa force purificatrice, tous les matins les brahmes l'accomplipsent à l'aide d'une figurine moulée avec du riz cuit dans du safran ou de la pâte dans la pensée de conquérir pour la vie future un rang égal à celui des dieux.
« Ou encore qu'il donne tout ce qu'il possède à un brahme pieux et savant dans le Véda, ou simplement une maison, et un champ suffisant pour le nourrir.
« Il peut encore remonter le cours de la Saraswati, de son embouchure à sa source, en se contentant de manger les fruits rouges qui poussent sur ses bords, en récitant la sanhitâ duRig-Véda.
« Qu'il sauve une vache ou un brahme, cet acte méritoire expie le meurtre d'un brahme.
« Le brahme meurtrier d'un brahme, involontairement, peut expier sa faute en la confessant publiquement dans une assemblée de brahmes et de xchatrias réunis pour le sacrifice de l'aswamédha.
« Les brahmes sont la base, les xchatrias le sommet de cette création^ en conséquence on est purifié quand on confesse ses fautes en leur présence.
« Que trois brahmes réunis, en tribunal religieux, écoutent les fautes des coupables, et leur indiquent l'expiation ^
C'est ainsi que le sacrifice se perpétue de jour en jour, non-seulement pendant un an, comme dans le passé, mais pendant toute la vie du sacrificateur, dans l'espérance de gagner la récompense promise par Manou.
.1 celui qui aura sans interruption accompli V aswamèdha pendant cent années,