II IRE FACE
William Jones, clans sa traduction du Manou du Nord, que quand les savants brahmes qui dirigeaient mes études l'admettaient comme représentant exactement la pensée du législateur, et cela seulement quand les deux textes concordaient par quelque partie.
Quoique les deux ouvrages varient peu comme fond de doctrine, il y a de telles différences dans les détails et dans le style, qu'ils appartiennent certainement à deux époques et à deux civilisations différentes.
Pendant plus de cinq siècles, les musulmans ont défendu dans le nord le culte de Brahma.
Ils ont brûlé les livres sacrés et les temples.
Le sud, au contraire, a échappé au prosélytisme du sabre, et a pu conserver les livres de la loi dans toute leur pureté.
Lorsque le Bengale vit des jours plus heureux et put revenir au culte des ancêtres, il fut obhgé de faire prendre dans le sud, la copie des ouvrages sacrés que le fanatisme musulman avait détruits; mais comme les mœurs s'étaient modifiées au contact de l'étranger, et sjuc la dure loi du Coran, il dut mettre une foule de passages de Manou à l'unisson des coutumes nouvelles, et de 1^ le reproche adressé par les pundits du sud aux brahmes du nord d'avoir altéré les textes sacrés.
Je signale cette dispute célèbre, qui dure depuis plus d'un siècle, sans que l'acharnement des adversaires paraisse diminuer.
Je n'ai pas la prétention de trancher ce débat, dans