‹ Les législateurs religieuxChapitre 25 sur 113 · MOÏSE · texte numérisé non relu

MOÏSE

« Lorsque le dwidja se retire pour faire une retraite dans la forêt de trois, sept ou neuf jours, près d'une source d'eau pure, maîtrisant les organes de ses sens, selon la règle prescrite, la prière de la sâvitri prononcée dans un recueillement parfait lui tiendra lieu d'étude de la sainte Écriture.

« Mais il ne suspendra pas la lecture des Védangas ^ ni les prières de chaque jour, ni les sacrifices pieux, ni les invocations sacrées qui accompagnent les oblations du feu.

« La prière du matin et du soir ne peut être suspendue, car elle a reçu des sages le nom de brahmasattra, l'oblation à Brahma : quant au sacrifice à la parole divine, qui est le Véda, il ne sera pas non plus laissé de côté, même dans les moments où la lecture de l'Ecriture sainte doit être suspendue.

« La prière récitée par les hommes vertueux, selon le mode prescrit, pendant une année entière, fait monter au séjour des dieux et des esprits ses offrandes de lait cailJé, de miel et de beurre clarifié.

« Le dwidja qui a reçu l'investiture par la cérémonie de l'oupanayana doit, à partir de ce moment,

1. Sous ce titre : les Védangas, les Indous compreunent tout ce qui a trait au rituel des cérémonies religieuses, aux sciences grammaticales, exactes, naturelle? et astronomiques, et aux commentaires des Védas.

alimenter le feu sacré, demander sa subsistance à l'aumône^ coucher sur la dure, et obéir à son directeur, jusqu'à ce qu'il ait terminé son noviciat.

« Tout brahme gourou ne peut recevoir pour élève que dix jeunes hommes, y compris son fils, et il doit choisir les autres parmi les plus dociles, les plus studieux, les plus purs, les plus vertueux, parmi tous ceux qui lui sont liés par le sang ou par l'amitié.

« Le brahmatchari — élève en théologie, initié — ne doit point prendre la parole. sans y être convié, ni répondre à des questions déshonnêles, et quelle que soit sa science, se conduire en public comme s'il était ignorant ou muet.

« Celui qui répond à une question déshonnête encourt le mépris des gens de bien.

« L'Écriture sainte, comme une graine que l'on ne confie pas à un terrain stérile, ne doit pas être enseignée aux hommes qui ne sont ni zélés, ni vertueux, ni soumis, ni de bonne famille.

« Il est préférable pour le brahme gourou de supporter tous les malheurs, et même de mourir avec sa science que de l'enseigner à des méchants ou à des ingrats.

« Le souverain Maître de toutes choses a dit au brahme : La connaissance de mes perfections est le plus précieux de les trésors, ne me fais pas connaître

aux pervers et lu pourras toujours mettre ta confiance en moi.

« Mais lorsque tu auras pour élève un brahmatchari, maître de ses organes, vertueux et pur, si tu le crois digne d'être le gardien d'un tel trésor, alors révèle-moi à lui.

« Quiconque, sans en être digne* parvient à s'emparer de la connaissance des textes sacrés^ est dit coupable de vol du Véda, et à sa mort il descend au naraca (enfer).

« Quel que soit le gourou ^ qui ait initié le brahmatchari dans la science de la parole divine, et la connaissance de l'Etre suprême, l'élève doit considérer son maître comme son père spirituel, et le saluer le premier entre tous, quel que soit le lieu où il le rencontre.

« Toutbrahme qui ne connaîtra que la sâvitri, mais qui est maître de ses sens, pratique les austérités les plus méritoires et est connu comme un homme vertueux, se réunira plus vite au grand Tout que celui qui connaissant l'Ecriture ne sait pas imposer de frein à ses passions.

« Le brahmatcbari ne doit ni se coucher ni s'asseoir en présence de sou professeur, et, s'il est couché

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