Qui a fait l'ablution de la fin
2. Tel est cet étrange livre de Manou, sur la naissance et l'éducation de l'enfant et de l'adolescent, qui, à part quelques détails particuliers de mœurs, nous révèle un état religieux, moral et philosophique identique au nôtre.
Où trouverons-nous des maximes supérieures à celles qui sont semées à profusion dans ces quelques pages si pleines d'enseignements chastes, sains et honnêtes :
Le bonheur n'est que dans la vertu.
Il faut fuir l'envie, la médisance, l'orgueil, la calomnie, la colère.,., etc.
Et ces invocations constantes à la Grande Cause première, au Grand Tout, à Swajambhouva, l'être existant par lui-même... Gomme nous sommes loin de ces mœurs sémitiques, stupides et grossières, mœurs de brigands nomades que nous aurons à étudier, et que l'influence des émigrations indoues, en leur apportant des traditions honnêtes et une morale élevée et philosophique, parvinrent à peine à changer.
Nous ne voulons pas examiner ce passage important de Manou, indépendamment de ceux que nous allouas donner encore, et avec lesquels il se lie intimement. Relevons
cependant les traditions les plus importantes qui j sont contenues.
Ce livre de la Jeunesse établit :
1° L'unité de Dieu dans la trinité ;
2^ L'existence d'esprits inférieurs, demi-dieux, mandataires du Dieu suprême ;
3° L'existence des mânes et pitris, esprits qui vivent dans notre atmosphère et qui sont en communication constante avec les créatures ;
4** Il donne, comme origine de toute science divine et humaine, la Révélation — Srouti — et la Tradition — Smriti ;
5° Établit l'excommunication contre les athées, peine terrible dont l'élément sacerdotal abusa pour maintenir sa puissance, et que messieurs de Rome n'eurent garde d'oublier dans leur réédification du brahmanisme ancien en Europe;
6° Il reconnaît que le mobile du bien est dans l'amour de soi, mais qu'il serait préférable qu'il fût dans l'amour de la vertu. Ce principe est la base de toute philosophie;
7° Il contient une prophétie de l'avènement du rédempteur Ghristna, promis à Eva par Brahma;
8° Il établit les sacrements, qui sont :
La purification de la conception par les oblations au feu ;
L'ondoiement du nouveau-né ;
L'investiture par l'huile sainte, ou confirmation de la purification ;
L'investiture de la prêtrise;
(Nous verrons les autres sacrements dans les chapitres suivants.)
Il ordonne :
9° La prière du matin et du soir;
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10" Les sacrifices, les oblations, raumône, le jeûne;
llo La confession et la pénitence;
12° Les neuvaines dans les forets et dans les lieux consacrés;
13*^ 11 donne la dénomination de père spirituel au directeur religieux;
14^^ Il parle des sciences occultes enseignées aux bramatcharis et des communications des pitris avec les créatures;
15° 11 enseigne l'immortalité de l'âme humaine qui, suivant ses actions bonnes ou mauvaises, ira jouir d'un bonheur éternel dans le sein de Brahma, ou reviendra accomplir sur la terre, après s'être purifiée dans le naraca, — enfer, plusieurs séries de transmigrations nouvelles;
16° Il établit le ciel — swarga — et l'enfer — naraca;
17° Enfin, il contient toute une série de prescriptions morales, sur les devoirs des fils envers leurs parents, des élèves envers leurs professeurs, de l'adolescent dans le monde, qu'aucune religion et aucun système philosophique n'ont surpassés. Nulle société même ne s'est approchée de ce rigorisme, de cette sévérité de mœurs des anciens Indous qui évitaient toute souillure matérielle ou spirituelle, comme une atteinte portée aux grandes lois delà nature qui, dans leur éternelle évolution, font monter le dernier des atomes, de la boue des mers, de la goutte d'eau, jusqu'à Brahma, par des modifications progressives.
Qu'on lise attentivement la nomenclature de toutes les cérémonies, de tous les sacrements, sacrifices, prières, ablutions, qui sont imposés au brahme qui veut se rendre digne de ce nom, de toutes les vertus qu'il doit pratiquer pour qu'il puisse, suivant l'expression de Manou :
« Être assuré d'un bonheur éternel, et que cette terre ne voie plus son âme venir de nouveau s'envelopper de sa grossière substance; »
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Et qu'on nous dise si le bien, la vertu, le devoir et les idées d'unité de Dieu et de trinité, et d'immortalité de l'âme, n'ont pas revêtu dans l'Inde le caractère le plus éle.vé qui puisse leur être donné, et si, en copiant ces traditions indoùés, le sémitisme chrétien j a ajouté quoi que ce soit.
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