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Eau pure, mélangée avec du sel et des aromates

moïse MAHOMET. 173

• Qu'il apporte d'abord le vase de riz cuit dans un vase de terre neuf et le place au milieu des assistants en prononçant avec recueillement les paroles de la purification.

« La nourriture que l'on sert sans prononcer ces paroles devient sur-le-champ la proie des mauvais génies.

« Qu'il place à côté du riz avec soin tout ce qui doit être mangé avec les sauces, les légumes, le lait, le caillé, le beurre clarifié, le miel, les confitures, les fruits, les racines odorantes, et les boissons parfumées.

« Qu'il prélève alors sur ces mets la part du voyageur, et qu'il la dépose sur le seuil extérieur de la maison*, et la part des femmes.

« Et qu'il distribue le restant à tous les assistants en commençant par le vieillard qui a dépassé sa dixième décade — cent ans — puis par les brahmes et les parents qui font offrir le srâddha aux mânes.

« Pendant que chacun mange avec recueillement, qu'il explique les passages mystérieux de la sainte

servant pour la purification des assistants et des instruments du culte dans toutes les cérémonies religieuses.

1. Cette coutume, conservée chez nous pendant tout le moyen âge, existe encore dans certaines contrées de la France.

Écriture, sur l'immortalité de l'âme et l'Etre suprême, c'est par là que les mânes sont purifiés.

« Par la lecture du Véda, de ce code de lois, le récit des actions des saints illustres, le chant des poèmes héroïques et des légendes primitives, les mânes sont purifiés.

« Que tous les assistants écoutent avec recueillement en mangeant les mets qui doivent être servis très-chaud ; pendant ce repas, les mânes absorbent les prières du Véda et cette nourriture les purifie.

« Que nul ne s'avise pendant le repas de déclarer la qualité des mets, quand bien même il en serait prié par le maître de la maison.

« Ce qui serait mangé en causant, en riant, en racontant des histoires mondaines neprofiterait qu'aux rakchasas — démons.

« Il faut veiller avec soin à ce que les animaux domestiques, tels que les chiens^ les coqs^ les porcs, ne pénètrent pas dans le lieu du repas, et qu'un impur tchandala, un eunuque ou une femme fatiguée par ses affections mensuelles* ne puissent jeter un regard sur les mets préparés.

« Un brahme^ un mendiant, un voyageur peuvent

1. La femme en cet état est considérée comme impure dans l'Inde. Tout l'Orient a partagé cette croyance.

moïse — MAHOMET. 175

entrer dans la maison ou le lieu où se donne le repas funéraire, à n'importe quel moment; ils doivent être admis et être bien traités.

« A la fin du repas, le bralime officiant doit délayer un peu de chaque mets dans l'eau lustrale et le répandre sur rherbe sacrée du cousa, c'est la part des enfants morts avant l'initiation*; par cette cérémonie, leurs mânes sont purifiés et peuvent entrer au swarga.

« Ce qui reste du repas funéraire a été décidé par les sages être la part des serviteurs honnêtes et fidèles.

« Le sràddha fait pour le repas funéraire d'un brahme ne doit pas contenir de sacrifice aux dieux ni aux saints, il doit être consacré un seul gâteau, et fait

une seule offrande, à l'Etre suprême, à la grande Cause Universelle, et ainsi ce srâddha a reçu le nom de Ekodichta^.

« Que tous les ans, au jour anniversaire de sa mort, le srâddha solennel soit offert par le fils aîné du dwidja.

« Celui qui donne les restes d'un repas funéraire à

1. Rappelons - nous que rinitiation commence par la cérémonie de rondoioment ou baptême.

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