Rois fabuleux de l'Inde ancienne
« Agni, alors que tu pris la forme humaine pour le bien de l'humanité, les dévas te donnèrent comme général à Nahoucha... »
(Rig-Véda.)
Soudasa fut un roi poète, on a de lui un hjmne à Indra qui commence ainsi :
« Devant ce char fortuné chantez Indra. Dans les fêtes, comme dans les combats, que ce Dieu créateur du monde et vainqueur de Vritra s'approche de nous, qu'il consente a provoquer et à recevoir nos hommages. Soit brisée la corde de l'arc de nos ennemis. »
Yavana, Soumankha et Nimi, rois ou patriarches antédiluviens.
2. Roi antérieur aux deux vieilles dynasties lunaires et solaires.
3. Nom d'Indra incarné sous la forme du fils de Gousica. « Hâte-toi de venir à nous, ô Gâdhi, fils de Gousica,
goûte avec plaisir nos libations, donne à notre corps une vigueur toujours nouvelle, que le poète reçoive de toi mille présents. »
(Rig-Véda.)
Gousica, roi de la race solaire, ayant au milieu des sacrifices, formé le vœu de posséder un fils qui égalât Indra
MUTSE MAHOMET. 257
« Le roi doit se faire enseigner les trois Védas et la liiple doctrine qu'ils contiennent, les lois fondées sur la coutume et la tradition, l'application des peines, la science du raisonnement et la connaissance de Vâme universelle, parles sages parmi les brahmes, qu'il se renseigne ensuite des travaux de chaque caste auprès des membres les plus experts de ces castes.
« Qu'il s'applique par-dessus tout à dominer ses passions ; celui qui ne sait être maître de lui ne saurait gouverner ses semblables.
« Qu'il fuie les vices qui engendrent avec eux une dégradation précoce et une mort misérable ; il y en a dix qui proviennent de l'abus des plaisirs, et huit de la colère.
« Le roi adonné aux plaisirs perd ses vertus et son trône, le roi adonné à la colère perd l'existence.
« La chasse, les dés et autres jeux, le sommeil pendant le jour, les conversations légères, les femmes, l'ivresse, le chant, la danse, la musique, les voyages sans but, tels sont les vices issus de Tamour des plaisirs.
en puissance, ce dieu pour le récompenser de sa piété consentit à s'incarner et à naître de lui.
258 MÀNou
« La médisance, la violence, les actions secrètement commises dans un but nuisible, l'envie, la calomnie , l'extorsion du bien d'autrui, les injures, les coups , composent les vices issus de la colère.
« Le roi doit s'efforcer de vaincre ses mauvais désirs, car c'est de cette source qu^ découlent tous les vices.
« Mais entre tous ces vices, ceux qa'il doit dans la première série fuir avec le plus d'ardeur, sont : l'usage des liqueurs enivrantes, l'abus des femmes et de la chasse.
« Les coups, les injures, les actions nuisibles à autrui sont les trois choses les plus mauvaises qu'il doit éviter dans la seconde série.
« Entre le vice et la mort, la chose la plus pernicieuse est le vice, l'homme adonné au mal tombe dans les gouffres profonds du naraca, l'homme vertueux, au contraire, parvient au swarga.
« Que le roi s'adjoigne sept ou huit ministres dont les familles ont depuis un temps immémorial été attachées au service de ses ancêtres, connaissant les lois, courageux, experts dans l'art de la guerre et d'une fidélité à toute épreuve.
« Ce qui est difficile pour un homme dans le gouvernement d'un vaste royaume, devient facile avec l'assistance de conseillers habiles.
moïse — MAHOMET. 25*J
« Que le roi soumette toujours à ses ministres les choses graves et qu'il prenne une décision avec eux seulement sur la paix, la guerre, la conduite des armées, la distribution de l'impôt, la sûreté du royaume et son amélioration constante.
« Après les avoir tous interrogés séparément et en commun, qu'il prenne la décision la plus profitable.
« Surtout qu'il ne fasse rien sans les conseils du plus savant des brahmes, son conseiller le plus habile quand il s'agira de faire un traité de paix ou d'alliance, de déclarer la guerre, de faire marcher une armée, de choisir ses positions^ de diviser ses forces ou de se mettre sous la protection d'un prince plus puissant que lui.
* Qu'il n'ait rien de caché pour lui, et après lu avoir dévoilé toutes les aifaires et avoir pris ensemble un parti, qu'il exécute sans hésiter ce qui aura été résolu.
« Qu'il choisisse aussi d'autres ministres, d'une fidélité éprouvée, habiles dans différentes branches de l'administration et d'une intégrité éprouvée en matière de finance.
« Le roi doit prendre autant d'hommes expérimentés qu'il est nécessaire pour la bonne direction des choses de l'État.
« Qu'il charge les gens actifs, braves et ca-
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pables de la direction de ses armées, de la perception des impôts, de la direction des mines d'or et d'argent et de pierres précieuses, mais qu'il ne confie la garde de son palais qu'aux moins courageux d'entre eux^
« Qu'il choisisse ses ambassadeurs parmi les gens versés dans la connaissance des sastras, habiles à saisir toutes les nuances, toutes les contenances, tous les signes, tous les gestes^ de mœurs pures, incorruptibles et de haute naissance ^.
« L'ambassadeur d'un roi, quand il est adroit et savant autant qu'affable, qu'il est au fait de tout, sait apprécier les lieux et les temps, est d'une tournure agréable, courageux et expert dans l'art de savoir parler ou se taire.
« Si du châtiment dépend le bon ordre, si les finances et l'administration dépendent du roi, si l'armée dépend du général, la paix ou la guerre dépendent de l'ambassadeur.
« C'est l'ambassadeur qui rapproche ou divise, car
1. Le commentateur GoUouca explique cette singulière ordonnance parla peur que des hommes courageux et ambitieux, en voyant souvent le roi seul, ne soient tentés de le tuer pour prendre sa place.
2. Quelle extraordinaire civilisation toutes ces prescriptions ne nous révèlent-elles pas?...
moïse — MAHOMET. 261
il traite toutes les affaires qui déterminent les ruptures ou les alliances.
« Dans les négociations avec l'étranger, l'ambassadeur doit deviner ce qu'on lui cache ; un signe, un geste, un maintien d'apparence indifférente doivent l'instruire; qu'il ait des émissaires habiles, prêts à s'aboucher avec ses courtisants mécontents.
« Bien tenu au courant de tous les projets des souverains étrangers, le roi doit prendre les plus habiles précautions pour qu'ils ne puissent pas nuire.
« Qu'il choisisse pour séjour un pays fertile en riz et menus grains, habité par une population honnêfe, agréable et gaie, et où tout le monde puisse facilement s'approvisionner.
« Qu'il habite une place forte défendue par un désert, des remparts de brique ou de pierre, ou des fossés pleins d'eau, ou des bois, ou une montagne, ou une armée.
« Qu'il choisisse surtout une forteresse bâtie au sommet d'une montagne, et dominant de tous côtés la campagne, un tel lieu offre des avantages inestimables.
« De même que les déserts protègent les bêtes féroces, les murailles, les rats qui s'y réfugient^ les fossés pleins d'eau, les grenouilles, les bois, les singes, les armées, les habitants paisibles, de même un roi
dans une place forte au sommet d'une montagne est à Tabri de ses ennemis,
« Un archer derrière une muraille peut en défier cent, cent en défier dix mille, c'est pour cela que le roi doit accorder autant d'importance au choix d'une forteresse.
« La place forte doit être abondamment pourvue d'armes, de soldats, de vivres, d'argent, de bêtes de trait, d'ouvriers, de machines, d'herbe, d'eau et de brahmes savants et vertueux.
« Que le roi se fasse élever au centre un palais bien distribué, orné avec richesse, commode en toutes saisons, pourvu de bains et de jardins et bien entouré d'ouvrages de défense.
« Après s'être construit sa demeure, que le roi épouse une femme de sa caste , réunissant toutes les qualités exigées par la coutume de la loi^ belle et vertueuse, et d'une famille renommée pour sa valeur.
« Qu'il entretienne à la cour, pour l'accomplissement des cérémonies domestiques, et du triple sacrifice, un pourohita et un ritwidj ^
« A chacun de ces sacrifices, le roi doit leur faire de riches présents ; il est également prescrit de