‹ Les législateurs religieuxChapitre 92 sur 113 · Femme de Brahma · texte numérisé non relu

Femme de Brahma

« 0 Saraswati, toi qui purifies le cœur, comblé de nos offrandes, aie pour agréable notre sacrifice, ô toi trésor de la prière. »

(Rig-Yeda).

« L'homme qui, n'étant pas malade, ne vient pas après trois fois quinze jours déposer dans un procès pour lequel il a été requis à l'occasion d'une dette, doit être condamné à une amende du dixième de la dette.

* Si, dans les sept jours qui suivent sa déposition, un témoin tombe malade, est atteint par le feu ou l'eau, ou perd un parent, il doit être condamné à une amende *.

« Lorsque dans une affaire il n'y a pas de témoins ou que les parties n'en invoquent que d'indignes, le juge ne pouvant savoir où est la vérité doit recourir au serment.

« Les maharichis et les dévas ont parfois engagé leur parole pour des affaires entre eux ; Vasichta luimême prononça vn serment terrible devant le fils de Piyavana ^.

« Que l'homme vertueux ne fasse jamais de serment inutile, même pour des choses sans valeur ;

1. Ces événements survenus étaient considérés comme une punition du ciel, et on en concluait qu'il n'avait pas fait une déposition parfaitement honnête ; de là l'amende qu'on lui imposait.

2. Viswamitra avait accusé Vasichta devant le roi Soudama, fils de Piyavana, d'avoir mange cent enfants uouveau-iiés.

celui qui abuse du serment est perdu en ce monde et dans l'autre.

« Cependant ce n'est pas un crime que de faire un serment en jouant avec des jeunes filles, des enfants, sa femme ou sa maîtresse, et pourvu que cela ne serve pas à tromper.

« On peut faire un faux serment :

« Pour se procurer la nourriture d'une vache,

« Pour obtenir du feu,

« Pour le salut d'un brahme.

« Le juge doit faire jurer un brahme par sa conscience; un xchatria par les dieux immortels, par les mânes des ancêtres, par ses éléphants et ses armes ; un vaysia par les pitris — esprits familiers, — par ses vaches, ses grains et son or; un soudra par les génies du mal *.

« S'il doute du serment, qu'il fasse marcher dans le feu, ou plonger dans l'eau celui qu'il veut éprouver^ ou lui fasse prononcer les invocations les plus terribles sur la tête de sa femaie et de ses enfants.

« S'il n'est pas atteint par la flamme, s'il ne surnage pas dans l'eau, s'il ne survient aucun malheur à sa femme et à ses enfants, le serment doit être considéré comme conforme à la vérité.

1. Ce sont, à peu de choses) près, les formules consacrées à Rome.

moïse — MAHOMET. 3(37

« Vatsa, autrefois calomnié par sou jeuue frère, se soumit à l'épreuve du feu, qui est l'épreuve de toutes les actions, et il en sortit sans qu'un seul de ses cheveux ait été atteint ^

« Toute aiFaire décidée sur faux témoignage doit être recommencée par le juge, et tout ce qui a été fait doit être annulé.

« Une déposition faite par cupidité, par crainte, par erreur, par amitié, par envie, par vengeance, par ignorance ou par légèreté est déclarée non valable.

« Voici dans leur ordre l'énumération des peines qu'encourt celui qui fait une fausse déposition pour un des motifs indiqués.

« Par cupidité, qu'il soit condamné à mille panas d'amende; par crainte, à cinq cents panas; par erreur, à deux cent cinquante panas; par amitié, à quatre mille panas ;

«^ Par envie, à dix mille panas; par vengeance, à deux fois dix ; par ignorance, à deux cents panas; par légèreté, à cent panas seulement.

« Telles sont les peines édictées par les anciens

1. Son frère lui reprochait d'être le fils d'un soudra, il jura que c'était faux et soutint son serment par l'épreuve du feu. Ces épreuves étaient encore en usage au moyen âge. sous le nom de jugement de Dieu.

pundits, et sanctionnées par la loi, pour les fausses dépositions, afin qu'on ne s'écarte pas de la justice et pour réprimer le mal.

« Les hommes des trois dernières classes doivent être bannis par un roi vertueux, après qu'ils ont payé l'amende pour un faux témoignage. Le brahme doit être seulement banni.

« Manou Swayambhouva^ a indiqué les dix parties du corps auxquelles une peine peut être infligée. Mais cela ne s'applique également qu'aux hommes des trois classes. Le brahme ne peut être soumis à un châtiment corporel.

« Ces dix parties sont : les organes de la génération, le ventre, la langue, les deux mains, les deux pieds, l'oeil, le nez, les lèvres, les deux oreilles, le corps entier, qui peut être privé de vie.

«c Après avoir étudié toutes les circonstances de lieu, de temps qui aggravent le crime^ et s'être rendu compte du degré d'intelligence du coupable, que le roi applique le châtiment.

« Une sentence injuste détruit tout bonheur pendant la vie, toute renommée après la mort et ferme le swarga. Qu'un roi se garde donc avec vigilance de toute sentence injuste.

1, Issu de l'être existant par lui-même.

« Un roi qui punit les innocents et protège les coupables, se couvre d'ignominies, et descend au plus profond des demeures infernales.

« Qu'il punisse d'abord par une simple réprimande, puis par de sérieux reproches, troisièmement par une amende, et en dernier lieu par des peines corporelles.

« Quand les punitions corporelles ne suffisent pas, il doit les appliquer toutes quatre à la fois.

« Ecoutez, maintenant, quelle est la valeur des différents poids de cuivre, d'argent ou d'or, reçus communément par les marchands dans leurs transactions.

« Quand un rayon de soleil passe par une ouverture, la poussière fine que l'on aperçoit est la première quantité appréciable. On la nomme trasarénou.

« Huit trasarénous égaux en poids valent une graine de pavot, trois de ces graines égalent une graine de moutarde noire, et trois de ces dernières une graine de moutarde blanche.

« Six graines de moutarde blanche sont égales à un grain d'orge de moyenne grosseur^ trois grains d'orge sont égaux à un crichnala (baie brune de l'abrus precatorius), cinq crichnalas à un mâcha, seize mâchas à un souvarna *.

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