‹ Les Lésions chiorio-rétiniennes dans la leucémie aiguëChapitre 12 sur 20 · SAGE · texte numérisé non relu

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leucocytes très reconnaissables à leur dimension, leur noyau, et leur proportion élevée par rapport aux hématies. Par endroits, amas cellulaire intra-veineux est tel qu’il s’agit d’une véritable {krombose avec distension extrême des parois pouvant présenter des étirements, flexuosités. Nous n'avons en aucun point des préparations constaté de rupture de ces parois.

Les artères se distinguent nettement : 1° par l’épaisseur plus grande de leur paroi plus riche en éléments musculo-élastiques ; 2° par leur vacuité relative : alors que très souvent la lumière des veines est occupée presque totalement par un amas d'éléments figurés, la lumière artérielle ne renferme dans sa partie axiale que quelques rares cellules, parfois une simple traînée anhiste. On est frappé par l’aspect soulevé, irrégulier de l’endothélium artériel : Le noyau des cellules endothéliales paraît gonflé, le protoplasma comme boursouflé, en voie d’accroissement. Insistons sur l’aspect spécial, fréquemment retrouvé, des cellules de la gaine conjonctive péri-artérielle, à noyau saillant en voie de transformation, se détachant par endroits du vaisseau.

Les capillaires sont ici particulièrement visibles, dilatés, tantôt remplis de cellules, tantôt vides, avec netteté parfaite des tubes endothéliaux les constituant, et notons-le encore, avec aspect gonflé des noyaux de l’endothélium.

Le stroma est en certaines régions assez difficile à étudier et l’on pourrait presque dire fictif : ce fait est du à l’extrême distension du système vasculaire, à énorme stase du système veino-capillaire que nous

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venons de décrire. Les parois pressies les unes contre les autres ne laissent alors entre elles que de très minces interstices.

Ea un point de la préparation où la stase est moins accentuée (fig. 1) le stroma paraît occupé par un ædème très marqué, une infiltration cellulaire comprenant des éléments très divers : cellules chromatophores, leucocyles, en tous points semblables aux éléments contenus dans les vaisseaux voisins et dont la présence résulte de la diapédèse, mais surtout cellules en nombres variables, ayant un protoplasma allongé avec noyau presque central (cellules lympho-conjonctives). Nous verrons plus tard l'importance de ces dernières cellules.

Au total, ce qui frappe dans l’examen de la choroïde c’est son infiltration surtout marquée dans sa partie postérieure, due à la stase veino-capillaire : à l’accumulation dans le système circulatoire de retour des éléments figurés du sang.

Nous avons insisté sur les modifications endothéliales nettes au niveau des tubes capillaires, des endothéliums et des adventices. Nous insistons sur l’absence d'hémorragie et de ruptures des parois vasculaires : signes négatifs importants.

LES LÉSIONS RÉTINIENNES.

Elles sont assez peu marquées dans ce premier cas. L’épaississement de la rétine est surtout marqué au niveau du pôle postérieur et, fait particulier, frappant

tetes par sa rigoureuse constance, il existe un renflement eñ forme de bourrelet au niveau de l’ora serrata.

A un fort grossissement nous constatons des lésions vasculaires et des lésions du parenchyme.

Les veines sont dilatées, leur paroi est amincie, elles renferment de très nombreux éléments cellulaires : rares hématies el surtout leucocytes qui, par leur dimension, leur aspect, leur répartition reproduisent les éléments visibles sur la lame de sang.

Les artères sont moins dilatées, de calibre régulier, à paroi plus épaisse. Leur contenu est souvent nul, parfois on note quelques rares cellules blanches et rouges.

Les modifications vasculaires sont discrètes dans ce cas. Nous les étudierons mieux dans les observations suivantes :

L'étude du parenchyme nous révèle une lésion des plus intéressante : la présence d’un foyer constitué par de nombreux éléments cellulaires dans la couche des fibres (fig. 1).

On note à ce niveau un fort épaississement de la couche des fibres dû à de /’ædème et surtout à la présence d’un amas composé de cellules lencocytaires semblables à celles contenues dans les vaisseaux. Il est très important de noter au voisinage du foyer la présence d’un capillaire très reconnaissable et dont nous verrons plus tard la signification. Il s’agit ici d’un de ces foyers lymphatiques ou lymphomes que nous retrouvons plus importants et plus nets dans les suivantes observations.

L'examen de la papille (fig. 2) nous montre l’élargissement de celle-ci, son épaississement dans le sens

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antéro-postérieur. Ces modifications sont dues à l’ædème léger mais net qui dissocie les différents faisceaux et fibrilles nerveuses. Cette infiltration œdémateuse s’accompagne d’une infiltration cellulaire constituée par les éléments blancs du sang, issus par diapédèse des vaisseaux. Nous avons une coupe de ceux-ci à la partie antérieure et centrale du disque : on note en particulier la réplétion de la veine, entièrement remplie de cellules. L’œdème péri-vasculaire est'très net, on voit très nettement la dissociation des paquets de fibrilles, des éléments de la lame criblée : les cellules s'engagent dans ces différents interstices.

Sur d’autres coupes au voisinage de la papille on retrouve plus marquée cette infiltration œdémato-cellulaire : en certains points on note l’existence de foyers hémorragiques étendus correspondant aux lésions vues à l’ophtalmoscope.

Observation II

Cette observation a été recueillie dans le service du Docteur Ganoy, par notre collègue TAVENNEGC.

M. M..., 43 ans, entre le 21 mars 1932 à l’hôpital. Le début remonterait à janvier dernier : le malade a constaté un affaiblissement progressif.

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