CHAPITRE II
RÉTINITE LEUCÉMIQUE AIGUE
Au cours de cette affection, les troubles oculaires attirent fréquemment lattertion. Nous allons les analyser, mais nous tenons dès maintenant à marquer la différence essentielle qui oppose les conditions d'examen au cours de cette maladie et de la leucémie chronique : Les cas ne sont pas rares en effet où l’ophtalmologiste devant un fond d’œil particulier pense à un diagnostic de leucémie chronique, et parfois le pose avec vérification hématologique ultérieure.
L'examen du fond d’œil d’un malade atteint de leucémie aiguë est presque toujours pratiqué lorsque le diagnostic est établi, souvent peu avant la mort, l’évolution étant des plus rapides.
Si on a pu donner un chiffre, d’ailleurs forcément approximatif de la fréquence des lésions ophtalmoscopiques observées au cours des cas chroniques (1/4 des cas environ), on voit combien il est difficile d'indiquer
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un tel rapport au cours de la leucémie aiguë, Les conditions d’examen, l’état du malade, la rapidité parfois foudroyante de l’évolution en sont les raisons essentielles.
Nous décrirons successivement :
Les troubles fonctionnels ;
Les lésions vues à l’ophtalmoscope ;
Les lésions anatomiques.
Troubles fonctionnels
Ils sont des plus variables : Lantôt nuls, tantôt ce sont des sensations de brouillard, nuages où mouches volantes, souvent une baisse considérable de la vision allant jusqu’à la cécité.
Souvent le malade est dans l’impossibilité d'analyser ses troubles, étant examiné dans un tuphoôs profond, parfois quelques heures avant la mort dans un coma
complet.
Signes ophtalmoscopiques
Les examens ophtalmoscopiques pratiqués publiés, sont peu nombreux comparativement au nombre des leucémies aiguës. Ceux s’accompagnant d'examen ana tomo-pathologique sont encore plus rares.
Le fond d’œil n’est pas toujours facile à bien examiner : l’état parfois comateux du malade, son agilation jointe à sa faiblesse extrême sont souvent des plus gê-
nantis.
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Il existe parfois un trouble diffus ou des hémorragies du vitré masquant le fond.
Nous analyserons successivement ses différents détails :
Tout d’abord, Le fond d’œil peut être absolument normal (MELLER, KOYANAGI).
Dans l’immense majorité des cas on note de grosses lésions dont nous allons décrire les principaux éléments :
1° Coloration.
Ce qui frappe d’abord, c’est la pâleur extrême, diffuse, de toute la surface rétinienne donnant à celle-ci une coloration blanc grisâtre. Deutschmann a noté une coloration blanc jaunâtre. Les auteurs ont longuement discuté sur la cause exacte de cette décoloration : l'hypothèse la rattachant à la pauvre teneur du sang en hémoglobine (Micaez, Scumipt-RiMPLer) est controuvée par les faits. Merzer la rattache à l’énorme augmentation des leucocytes dans le sang des vaisseaux.
20 Œdème.
C’est un œdème diffus, plus marqué au niveau du pôle postérieur, zone élective des grosses lésions. La réline est floue, indécise, les détails paraissent par endroits comme voilés à travers cette infiltration grisâtre.
3° La papille.
Elle présente constamment des modifications : c’est tantôt un léger flou du contour qui se perd dans l’ædème voisin ; le plus souvent, le disque paraît très
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élargi à bords noyés dans l’œdème,et peut présenter l’aspect de la papille de stase. Svex Larsson a publié un cas où cette lésion coïncidait avec une hypertension nette du liquide céphalo-rachidien et rattache à cette cause le symptôme observé.
Les hémorragies parapapillaires seront décrites plus loin : nous insistons dès maintenan( sur leur constance et leur importance.
4° Les vaisseaux.
Ils présentent de grosses modifications :
Les veines sont dilatées,sinueuses et souvent masquées par l’œdème. La dilatation, très nette au niveau des gros troncs voisins de la papille, peut atteindre plus de 5 fois le volume normal.
Il existe,par places,des hémorragies le long des gaines.
L'étude du courant sanguin intra-veineux, si minutieusement pratiquée au cours des leucémies chroniques (aspect en grains de sable de GRÜNERT), n’a pas été pratiquée dans ces cas.
Souvent l’ædème masque complètement une portion du vaisseau. |
LES ARTÈRES contrastent nettement avec les veines, elles paraissent légèrement augmentées de volume et on peut noter des hémorragies dans leur voisinage.
5’ Hémorragies.
Elles constituent un des symptômes des plus importants par leur constance presque absolue, certains de leurs aspects et de leurs localisations,
Elles manquent exceptionnellement (un cas publié de KoyanaGr dans lequel les lésions anatomiques étaient purement choroïdiennes).
Elles se présentent tantôt sous laspect de petits points rougeâtres, de stries le long des vaisseaux. Le plus souvent, elles sont grossières, étalées, diffuses, et s’imposent au premier coup d'œil. Ge sont tantôt des placards bien limités, tantôt de vastes flaques couvrant une large étendue de la rétine. Elles peuvent prendre l’aspect de l’hémorragie pré-rétinienne avec sédimentation des globules (cas de Srocx).
Le foyer hémorragique est parfois entouré par une zone d’œdème se continuant avec l’œdème rétinien voisin, tantôt par une infiltration périphérique et diffuse blanchâtre correspondant à un foyer leucémique, avec œdème de voisinage.
Il peut arriver qu’un aspect de décollement partiel se surajoute à cette lésion. L’hémorragie peut diffuser dans le corps vitré.
Ces hémorragies sont souvent diffuses, marbrant tout le fond d’œil.
En règle elles prédominent électivement au niveau du pôle postérieur dans la zone papillo-maculaire.
On a noté avec une particulière fréquence, existence de foyers de forme ovalaire coiffant la papille qu’ils prolongent en différents sens.
Ces foyers hémorragiques correspondent à des lésions dont nous verrons plus loin l’aspect anatomique : leur constance, leur aspect particulier avec sa couronne d’œdème ou d'infiltration lymphoïde périphérique, leur