‹ Les Lésions chiorio-rétiniennes dans la leucémie aiguëChapitre 9 sur 20 · RÉTINE · texte numérisé non relu

RÉTINE

Elle présente un épaississement postérieur léger dû a un ædème de la couche des fibres. L’infiltration cellulaire est surtout appréciable au niveau et au voisinage des vaisseaux. Ailleurs, elle est peu marquée. L’auteur insiste surtout sur la présence de foyers arrondis bien limités saillants sous la surface interne de la rétine et qui constituent de véritables fumeurs leucémiques.

Il est ie premier à en donner la description au cours de cette affection, Stock ayant décrit uniquement l’œdème et les hémorragies.

Tantôt, il s’agit de formations réduites intéressant seulement la couche des fibres ; tantôt ces formations plus grandes s'étendent soit vers la cavité vitréenne, soit à travers la couche des grains vers la partie externe de la rétine. Au voisinage de ces foyers, on note l'existence de quelques vaisseaux de paroi normale. L'auteur étudie longuement la constitution de ces foyers sur laquelle nous reviendrons plus loin.

En un point de la rétine centrale, il note l’existence d'un gros foyer hémorragique triplant à ce niveau l’épaisseur de la rétine. Ce foyer est constitué au centre par des fibres épaissies, des hématies, des cellules blanches plus ou moins conservées à la périphérie par des hématies bien conservées.

Les couches externes de la rétine ne montrent que des hémorragies rares et peu étendues.

Les vaisseaux sonten général peu dilatés et contiennent surtout du sang rouge; au voisinage de quelques-

En rS

uns se rencontrent des foyers leucocytaires avec infiltration œdémateuse.

La papille présente un léger œdème. Les vaisseaux centraux sont gorgés de cellules, il existe une infiltration cellulaire entreles fibres du nerf optique.

Dans cette étude, VerDERAME discute longuement l’origine et la nature exacte des foyers qu’il a constatés pour la première fois.

Pour certains auteurs dont il rappelle les travaux concernant des cas de leucémies il s'agirait de foyers de fibres sclérosées (MüLLer), pour d’autres, de foyers contenant surtout des cellules ganglionnaires dégénérées (ZeNKer, VircHow), pour d’autres enfin (LiTrEN et GRERFF) ces foyers seraient conslilués par un amas de leucocytes altérés semblables aux lymphomes constatés au niveau d’autres organes au cours de la leucémie aiguë.

VERDERAME Se rallierait volontiers à cette dernière opinion ; il tient à souligner l’allure inflammatoire des lésions constatées et les rapproche des cas de rélinite septique.

Colorant suivant la technique de Gram des coupes, il découvre dans ces foyers un microorganisme ressemblant au pneumocoque et envisage l'hypothèse d’embolies septiques, créant des foyers hémorragiques et exsudatifs. Cette hypothèse rencontre cependant deux contra: dictions : les germes trouvés peuvent être liés à une prolifération banale post-mortem comme dans le cas de Stock ; l'aspect constaté est différent de linfiltration inflammatoire des tissus, rencontrée dans la rétinite sep-

tique.

Au total, VERDERAME enrichit la description anatomique d’un fait nouveau : la constatation des foyers leucémiques dont il hésite à proposer nettement la pathogénie. Ces foyers étaient connus depuis longtemps dans la leucémie chronique où Leger les a le premier parfaitement décrits. Nous reviendrons plus tard sur leur grande importance.

3° Cas de Koyanagi.

Cet auteur a publié en 1914 l’observation anatomo-clinique de 3 cas de leucémies, dont l’un aigu, observés à la clinique ophtalmologique de l’Université de Kyoto.

Nous envisagerons seulement l’étude du cas aigu.

Observation clinique.

Sh, N..,, fillette de 4 ans, est amenée le 31 mai 1913 à la clinique chirurgicale d’un hôpital de Kyoto.

Ses antécédents familiaux et personnels sont nuls. L’affection a débuté au moins en apparence vers miavril, époque à laquelle à la suite d’une blessure au front, s’est développée progressivement au niveau de l’épanchement traumatique une tumeur.

Dans les semaines suivantes se sont développées spontanément d’autres tumeurs progressant régulièrement, siégeant au niveau de la mâchoire inférieure et du cou.

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