‹ Les lésions de la zone rolandiqueChapitre 10 sur 38 · SAS · texte numérisé non relu

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jambe sur la cuisse est diminuée par comparaison avec le côté sain.

F1G. 5. — Monoplégie brachiale droite. Troubles sensitifs dimidiés, occupant le côté interne de la main. Coïncidence d’une hémihypoesthésie légère de tout le côté droit du corps (hachures espacées) et d’une hypoesthésie plus marquée du côté externe de la jambeet du pied

6. Réflexes crémastériens. — Ces: réflexes: sont. ra: rement modifiés, de même que les abdominaux. Parfois le blessé sent moins bien l'épingle du côté parésié.

IT, — Face

La monoplégie faciale accompagne souvent la monoplégie brachiale. Le blessé s’en aperçoit dès le début, alors que l’atteinte du membre inférieur est ignorée souvent et semble être légère.

À. — Signes subjectifs.

Sensation d’engourdissement d’un côté du visage, — Conscience de la déviation de la bouche, — paresse des mouvements: de la langue (parole, mastication), diminution de la sensibilité avec sensation de froid au niveau d’une lèvre, le plus souvent de la lèvre inférieure.

Mais lorsque la paralysie faciale est minime et qu’elle est restée inaperçue pour le blessé, voici quels sont les signes à rechercher : |

1° Impossibilité de Jermer isolément l'œil du côté alteint, alors que cela s’exécute facilement pour l'œil du côté sain.

2° Légère déviation de la langue dans le mouvement de propulsion.

2 Légère déviation des traitsapparaissant surtout pendant le rire, les grimaces..

Au repos, on peut voir une inégalité des rides, un abaissement du sourcil, une plus grande ouverture

Ne

de la fente palpébrale. Mais ces deux derniers signes demandent à être recherchés de près et manquent souvent. Le premier seul est le plus fidèle. Lorsqu'il n’est pas constaté, on peut dire que la monoplégie faciale n’a pas existé ou tout au moins n'existe plus.

Le signe du peaucier nous a paru très incostante.

Observation I

Monopléqie brachiale gauche prédominant sur

les trois derniers doigts.

Le soldat D... Maurice, âgé de 27 ans, a été blessé le 25 septembre 1915 par un éclat d’obus à la région pariétale droite.

La perte de substance qui en a résulté présente la largeur d’une pièce de 2 francs, elle est impulsive à la toux et animée de battements.

Son centre se trouve à 3 travers de doigts de la ligne médiane qui va du nasion à l’inion, à 2 travers de doigts en arrière d’une ligne passant par les 2 tragus.

Aussitôt blessé il a perdu connaissance pendant une demiheure environ ; à son réveil il a constaté que tout son bras gauche jusqu’à l'épaule était paralysé et insensible et que d’autre part il ne pouvait parler et sentait un peu d’engourdissement dans la jambe gauche. Troubles de la parole et gêne dans la jambe ont disparu au bout de vingt à vingtcinq Jours. |

Il a été trépané le lendemain de sa blessure.

Le vingt-et-unième jour après son opération il a eu,dans

le même jour, deux crises d’épilepsie jacksonienne qui débu-

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taient par la mâchoire puis envahissaient le membre supérieur, puis le membre inférieur et le malade perdait connaissance. Pendant les deux jours qui suivirent ces crises il eut un grand embarras de la parole.

Au moment de notre premier examen, trois mois après la blessure, le blessé est gèné par les troubles moteurs et sensitifs qui occupent ‘la main gauche et notamment les érois derniers doigts de cette main,

La mam gauche légèrement diminuée de volume par rapport à la droite est violacée, plus. froide. Les doigts sont écartés les uns des autres, le pouce est en adduction par sa phalange basale, Tes trois derniers doigts sont fléchis, notamment au niveau de l'articulation de la première phalange avec la deuxième. Tout cet ensemble offre une analogie frappante avec l'aspect qu'offre une main atteinte de paralysie

du nerf cubital, L'illusion est d'autant plus troublante que

les muscles interosseux dorsaux et notamment le premier

sont amaigris.

Cette griffe cubitale est facilement réductible,

Il n'existe aucune réfraction tendineuse, aucune raideur articulaire ni à la main, ni au niveau des autres jJointures du membre supérieur gauche.

Motilité. — Aucun mouvement n'était possible dans les premiers temps de la blessure, selon les dires du blessé. La restauration motrice s’est faite de l'épaule vers la main.

Les doigts ont remué en dernier lieu : actuellement encore leurs mouvements sont fort gènés.

Le blessé ne peut rapprocher les doigts l'un de l’autre, surtout les trois derniers et cela ni pendant la flexion, ni pendant l'extension des doigts.

Le cinquième doigt est en abduction permanente.

se

La flexion de la première phalange avec extension des deux dernières (mouvement des interosseux) est impossible pour aucun des doigts.

L'adduction du pouce est impossible; son écartement complet ne peut non plus être réalisé en ce qui concerne sa base. L'opposilion du pouce ne se fait qu'avec l'index et le médius, elle est impossible avec les deux derniers doigts.

Pendant que le blessé exécute ses efforts d'opposition, les autres doigts décrivent des mouvements désordonnés de flexion et d’extension.

La force de serrement de la main est très diminuée et le malade ne serre guère qu'entre son pouce et son index et très maladroitement.

Lorsqu'on lui dit de fléchir les doigts en faisant le poing, la flexion des doigts est incomplète et ne s'ébauche que dans les articulations des premières avec les deuxièmes phalanges. La flexion de la troisième phalange est nulle.

L'extension des doigts en ce qui concerne la première phalange seulement est meilleure que la flexion.

Pour le poignet, les mouvements de latéralité sont incomplets. L'exlension du carpe est assez bonne, la flexion du carpe est moins bonne, surtout pour le cubilal antérieur dont l'énergie de flexion est manifestement inférieure à ceux des palmaires. ;

La motilité des autres segments du bras semble intacte, sauf pour la flexion de l’avant-bras sur le bras qui est diminuée par rapport au côté sain.

Le membre supérieur gauche est dans son ensemble diminué de volume et sa température plus basse du coude jusqu'aux doigts.

Si l’on dit au blessé d'exécuter des mouvements rapides

Bénisti 4

em ON —

tels que « faire les marionnettes » la maladresse et la len-

teur avec lesquelles il le fait, à gauche, sont remarquables.

Lorsqu'on lui dit de mettre le bout de son index gauche sur la pointe de son nez, il y a léger retard et quelques oscillations avant d'arriver au but. Il fait remarquer d’ailleurs, que pour prendre un objet et surtout pour le lâcher, le poser sur une table par exemple, il le fait avec difficulté, car il n'arrive pas à « bien commander son mouvement ». En même temps qu’il veut remuer tel doigt, il a une grande difficulté à empêcher les doigts voisins de remuer et d’em-

barrasser ie mouvement.

Le blessé fait observer que dans les premiers temps de sa blessure il ne pouvait pas plier complètement son coude; le mouvement commençait à se faire, mais ne s’exécutait pas au complet parce que les autres muscles se raidissaient et l’empêchaient.

Syncinésie. — Lorsqu'on fait serrer fortement la main droite saine, il n'y a pas de mouvement d'imitation dans la main malade; au contraire, lorsqu'il fait aller vite les orteils du pied gauche, il se produit une flexion progressive des doigts de la main gauche; il existe donc des mouvements associés homolaléraux. \

La flexion et l'extension rapide et énergique des orteils du côté droit n’entraînent aucun mouvement ni dansle mem-

bre inférieur ni dans la main gauches,

Rércexes.— Le réflexe s{yloradial est très vif, la zone réflexogène s'étend sur les deux tiers inférieurs du radius et la face dorsale des deuxième et troisième métacarpiens. Le réflexe tricipital est vif, Le cubitopronateur est très vif égale-

ment et en percutant la styloïde cubitale on obtient en plus

Er la

du mouvement de pronation une contraction brève du deltoïde, voire même du long supinateur,

La percussion des tendons des fléchisseurs au devant du poignet entraîne une flexion brusque des doigts et du poignet.

SENSIBILITÉ. — La sensibilité tactile est diminuée dans toute la moilié interne de la main gauche, moins à la face palmaire qu’à la face dorsale, et dans les trois derniers doigts,

Cette diminution va en augmentant de la racine des doigts vers leur extrémité, du médius vers l’annulaire.

L'hypoesthésie tactile remonte sur le côté interne de l’avantbras et dépasse même le coude sur la face interne du bras.

La localisation des sensalions tactiles est troublée, son maximum de perturbation s’observe au niveau des deux derniers doigts où il arrive que le blessé localise une excitation tactile sur le doigt voisin de celui véritablement touché.

Les cercles de Weber sont considérablement élargis à l’avant-bras ; à la main et aux doigts, quel que soit l’écartement des deux pointes du compas, le malade ne perçoit que la pointe supérieure, celle qui est la plus éloignée de l’extrémité distale du membre.

La sensibilité douloureuse est fortement diminuée, la piqûre n’est perçue que comme contact à la face palmaire de la main et sur les trois derniers doigts, notamment sur l’auriculaire.

La localisation des sensations douloureuses est troublée dans le même sens que celle des sensations tactiles.

La sensibilité (hermique est diminuée dans les mêmes régions, et toujours davantage à mesure qu'onse rapproche de l’extrémité des doigts, et du bord internede la main.Le froid est moins bien senti que le chaud, Les températures moyennes

sont interprétées comme de simples sensations de contact.

NL

La sensibilité vibraloire est fortement atteinte. Le diapason n’est nullement senti sur les phalanges de l’annulaire et de l'auriculaire ni sur les métacarpiens correspondants. Les vibrations commencent à être perçues, mais d'une manière très obtuse, sur la styloïde cubitale.

La sensation devient de plus en plus nette à mesure qu’on se rapproche du coude et à plus forte raison de l'épaule.

Le sens des attitudes est aboli au niveau des deux derniers doigts tant pour la flexion que pour l'extension. L'extension est reconnue et localisée pour le médius. La flexion du poignet est moins bien reconnue que son extension.

Les attitudes du coude sont perçues normalement.

Le sens stéréognostique est complètement aboli pour les trois derniers doigts.

Les objets légers passent complètement inaperçus lorsqu'ils sont déposés dans la moitié interne de la main. Le sens de pression est diminué.

Lorsqu'il palpe avec le pouce et l'index, il reconnaît les objets avec retard et souvent imparfaitement, en ce qui con-

cerne les objets petits et légers, la nature des étolfes.

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