LÉSIONS PAR CHOC DES CENTRES SENSITIVO-MOTEURS VOISINS
Il est hors de doute que le déficit moteur et sensitif peuvent se circonscrire, se localiser au bras seul, où même à un segment du bras(main, main et avantbras). Les blessés donnent à cet égard des détails concordants.
Mais précisément dans ces cas où la paralysie semble aussi bien délimitée, il est important de s’attacher à la recherche « des petits signes d’hémiplégie » tendant à établir que l’ébranlement morbide s’est propagé plus loin qu'à première vue il ne paraissait, et servant par là-même à préciser quels sont les signes les plus constants et les premiers à se manifester au cours d’une atteinte légère des centres sensitivo-moteurs.
Voici les symptômes les plus fidèles :
TL. — MEMBRE INFÉRIEUR A.— Signes subjectifs.
Par un interrogatoire attentif, on obtient du blessé l'aveu d’avoir éprouvé au début un engourdissement plus ou moins accentué, plus ou moins durable, du
membre inférieur, parfois même de tout le côté correspondant.
Plus tard, le blessé a constaté qu’à la marche le membre inférieur du mème côté que le bras parésié se fatigue bien plus vite, parfois même au cours d’une course un peu longue ce membre a une tendance à se dérober. D'autres fois, le blessé remarque que dans l’obscurité ce membre butte et chancelle, manifestant une incoordination qui l’inquiète.
B. — Signes objectifs.
1. Abolition ou diminution trés nette du réflexe plantaire. — Si l’on recherche ce réflexe en excitant le bord externe du pied, comme M. Babinski Île recommande, le plus souvent l’on n’obtient aucune réponse et presque toujours le blessé vous fait remarquer que le pied sain est plus sensible au grattage.
Parfois par des excitations répétées et fortes on obtient une abduction du petit orteil. Si l’on avance alors vers le bord interne, on peut obtenir soit une légère flexion des orteils, soit un mouvement du coude-pied ou une ébauche d’adduction du pied.
2, Myosysmie. — Si l’on expose pendant quelques minutes les deux membres inférieurs à l’air, on voit apparaître par ondes lentes, puis de plus en plus rapides, des trémulations dans les muscles du membre inférieur, notamment dans ceux de la cuisse.Ces secousses ne se produisent pas dans le membre infé rieur du côté sain, ou bien elle n’y apparaissent que
mel
plus tardivement et s’accompagnent alors d’une sensation de froid dans le côté sain.
Ces phénomènes myosysmiques sur lesquels M. Pierre Marie a le premier attiré l’attention et qu'il a particulièrement étudiés chez les hémiplégiques au début de leur affection, est un signe qui nous apparaît important et très fréquent dans les hémiplégies corticales, qu'elles soient nettes, légères ou frustes.
3. Maladresse. — Les mouvements des orteils et du cou-de-pied se font avec moins de vitesse que du côté sain. Ce n’est là qu’une nuance.
4. Réflexe rotulien. — Le réflexe rotulien est plus ou moins exalté.
La percussion du tendon rotulien du côté sain détermine l'apparition d’un réflexe contralatéral des adducteurs (Pierre Marie).
5. Sensibilité. — La sensibilité superficielle est diminuée (tact, piqûre, chaud et froid). Cette modification est très légère, toute de nuances, et le blessé ne l'apprécie, avec étonnement, que pendant l’examen comparatif des deux membres.
Cette légère hypoesthésie peut s'étendre à tout le membre,mais le plus souventelle occupe une bande sur le côté externe du membre, et son intensité vaen diminuant de l’extrémité distale à l'extrémité proximale. Elle existe toujours sur le bord externe du pied, face dorsale et face plantaire, s'étend souvent au bord externe de la jambe jusqu'au genou, voire même à la face externe de la cuisse (Fig. 5).
ÿ. Force de flexion. — La force de flexion de la