‹ Les lésions de la zone rolandiqueChapitre 25 sur 38 · TASSE · texte numérisé non relu

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peut dire qu'il existe un territoire commun où les centres moteurs et sensitifs s’intriquent.

On a beaucoup discuté sur la séparation des centres moteurs et des centres sensitifs en deux zones nettes. La théorie actuellement admise considère la circonvolution frontale ascendante comme zone motrice, la pariétale ascendante comme zone sensitive. Cette distinction entre les deux zones est basée principalement sur des arguments d'ordre histologique et d'ordre expérimental.

Au point de vue histologique, la structure de l'écorce, la cyto-architectonique, n’est pas la même au niveau de Fa et de Pa. D’après Brodmann la circonvolution frontale ascendante, jusqu’au fond de la scissure de Rolando, les deux tiers antérieurs du lobule paracentral, et aussi les parties immédiatement voisines du lobe frontal se caractérisent par l’absence de la couche granuleuse interne, ou quatrième couche, si bien que la troisième couche qui est celle des cellules pyramidales se continue directement avec la cinquième couche qui contient des cellules pyramidales très grandes, décrites par Betz sous le nom de cellules pyramidales géantes.

L'écorce est épaisse à ce niveau et contient des fibres nerveuses plus nombreuses que partout ailleurs, alors que les cellules y sont relativement rares.

La circonvolution pariétale ascendante, le tiers postérieur du lobule paracentral et l’opercule rolandique adjacent auraient une structure toute différente : écorce plus mince, riche:en cellules et:en

fibres, couche granuleuse interne bien développée, absence des pyramides de Betz.

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la circonvolution frontale ascendante, chez l’homme; d’après Krause.

Enfin, d’après Brodmann encore, la région pariétale située en arrière de la pariétale ascendante, possède également une couche granuleuse interne dense, et, dans la partie supérieure du lobe pariétal, de grandes cellules nerveuses au sein de la cinquième couche.

Mais la séparation des”centres fut affirmée surtout à la suite des recherches physiologiques par faradisation de l'écorce cérébrale : Sherrington et Grünbaum, en expérimentant sur les singes, aboutirent à la conclusion que seule la circonvolution frontale ascendante donnait par l’électrisation des réactions motrices. De même chez l’homme, Krause a pu obtenir au cours de trépanations, des mouvements isolés en excitant électriquement la frontale ascendante (Fig. 20).

De son côté Cushing eut l’occasion d’électriser les deux circonvolutions rolandiques chez une malade non endormie. Lorsqu'on excitait la pariétale ascendante, la malade éprouvait des sensations dans la main opposée ; au contraire l’excitation de la frontale ascendante donnait des mouvements et non des sensations.

Au cours d’autres recherches, des extirpations partielles de la frontale ascendante ont amené des paralysies limitées et croisées, alors que la destruction de la pariétale ascendante par segments ou en totalité n’a pas été suivie de paralysie.

Cependant certains auteurs ont défendu le point de vue unitaire : Pour Schiff les centres moteurs corticaux seraient des centres sensitifs, recueillant les

sensations du côté opposé du corps et les transformant en mouvements. De même Munk admet l’existence de centres sensivito-moteurs chargés à la fois de la perception des sensations et de l’élaboration des mouvements.

Les blessures du cortex par projectiles de guerre ne peuvent pas avoir la précision des expériences.

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Fic. 21. — Projection radiographique des sutures craniennes et des circonvolution (scissures et sillons cérébraux) d’après Pierre Marie, Foix et Bertrand.

physiologiques. Les plaies se trouvent dirigées dans tous les sens, parallèlement ou perpendiculairement aux circonvolutions rolandiques ; leur étendue est variable ; le choc des parties voisines, même au cours de blessures limitées, est toujours plus considérable qu'au cours d’une lésion expérimentale.

D’autre part, les localisations cranio-cérébrales faites sur le blessé en dehors des opérations, d’après le seul emplacement de la plaie et en considérant la variété de conformation des boîtes craniennes, sont loin d’avoir la rigueur des vérifications anatomiques.

La méthode qui nous a paru la meilleure, pour obtenir les localisations exactes sur le vivant, est le procédé radiographique de MM. Pierre Marie, Ch. Foix et Bertrand : il consiste à superposer la plaque radiographique du crâne blessé, ou son décalque, sur un schéma topographique qui est une moyenne des indications fournies par la radiographie de nombreux cerveaux placés dans leur crâne respectif, après avoir repéré à l’aide de fil de plomb, d’une part les circonvolutions cérébrales, d'autre part les os du crâne (sutures et certains points osseux (1).

Cette méthode, très simple et très suffisamment exacte, emploie des points de repère maintes fois vérifiés par les chirurgiens et les anatomistes, ce qui en rend l’emploi très sûr.

Les radiographies de nos blessés ont été établies dans des conditions de position et d’orientation identiques à celles du schéma moyen, grâcè à un procédé imaginé par M. Infroit (2).

1. Pierre Marie, Ch. Foix, Bertrand, Recherches sur la topographie craniocérébrale. Revue Neurologique, mars 1915, p. 437.

2. Pour localiser exactement une surface de trépanation et la lésion sous-jacente, il suffit de placer le schéma sur la plaque radiographique de façon à superposer, le plus exactement possible, les repères osseux de la plaque sur ceux du schéma. On regarde par {ransparence

et on relève sur le schéma la place de la brèche osseuse.

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