Réflexes
À l'étude de la motilité se rattache l'étude des ré-
flexes, des hypertonies et des syncinésies,
L’exagération des réflexes tendineux n'est pas la
règle dans les lésions traumatiques de la zone de Rolando. Dans un cas que nous eûmes l’occasion d'examiner quatre jours après l’accident tous Les réflexes du membre supérieur se trouvaient abolis. Monakow a prétendu que la spasmodicité des réflexes est moins marquée lorsque des troubles sensitifs existent en même temps que des troubles moteurs ; et en effet, au cours des monoplégies plus sensitives que motrices, les réflexes sont peu ou point modifiés. ‘
L'exagération des réflexes esl consécutive généralement aux lésions de la frontale ascendante.
Elle est plus fréquente dans les lésions étendues réalisant des hémiplégies, que dans les syndromes monoplégiques. C’est que la substance blanche se trouve alors plus directement intéressée et dès lors On constate, avec cette exagération des réflexes, une tendance à la contracture, une augmentation de la contraction idiomusculaire, et toutes les variétés de syncinésie que MM. Pierre Marie et Charles Foix ont nettement différenciées sous le nom de sYnCinésie globale, syncinésie d'imitation, syncinésie de coordination (1).
1. Pierre Marie et Ch. Foix, Les syncinésies des hémiplégiques. Étude séméiologique et classification, Revue Neurologique,janvier 1916.
ee à
mr pr
cs at bee sd à dde
À tous ces facteurs réunis est due, semble-t-il, cette incoordination spéciale qui est presque la règle dans les syndromes corticaux avec exagération indiscutable des réflexes.
Nous distinguons deux sortes de troubles de la coordination des mouvements chez les blessés rolandiques :
Une première catégorie comprend les troubles consécutifs à l'atteinte de la sensibilité, et notamment, du sens musculaire et du sens de l’orientation que nous étudierons plus loin.
Dans une deuxième catégorie entrent les troubles qui résultent de la tendance de certains muscles à l’hypertonie, de l'existence des syncinésies de coordination, « où la contraction volontaire de certains groupes musculaires entraîne la contraction involontaire, syncinétique, des groupes musculaires fonctionnellement synergiques » (P. Marie et Foix) ; les mouvements isolés des doigts sont gènés ou empèchés, et les mouvements intentionnels, peu précis.
Cette incoordination atteint son maximum dans le cas où des troubles réels de la sensibilité s'ajoutent à la spasmodicité, comme c’est fréquent dans les monoplégies corticales par plaies de guerre (1).
Il résulte de ces faits que la frontale ascendante et la partie adjacente du lobe frontal (zone motrice du cerveau) préside essentiellement aux mouvements
3. I1 faut tenir compte aussi du retentissement de la lésion corticale sur l’appareil cérébelleux, comme l’ont soutenu Claude et Lhermitie à propos des paraplégies corticales « cerebello-spasmodiques ».
Voy. ce chapitre).
Bénisti 11
fins et spécialisés des extrémités et, de plus, elle est
‘régulatrice du tonus musculaire : elle peut inbiber certains mouvements réflexes et synergiques quisont superflus où même nuisibles à l'exécution de mouvements précis et isolés.
Minkowski dont l’étude récente signalée plus haut a porté sur toute l’écorce (substance grise et substance blanche du cerveau jusqu’au centre ovale) s’exprime dans le mème sens à propos du rôle de la frontale ascendante :
« C’est de la circonvolution frontale ascendante qu’émanent en dernier lieu des incitations motrices compliquées, excitant par le faisceau pyramidal et d’autres voies centrifuges des synergies musculaires combinées et en supprimant simultanément d'autres (1) ».
« …. La circonvolution frontale ascendante est non seulement le lieu d’origine de voies corticofuges (pyramidales et autres) mais elle reçoitégalement des fibres de projection corticopètes qui la guident dans ses fonctions, notamment dans la production de réflexes et de mouvements isolés essentiellement corticaux d’un côté, et dans l’incitation, la modification ou la suppression de réflexes et d'’automatismes souscorticaux ou médullaires (syntonies, syncinésies, réflexes locomoteurs, réflexes de défense, etc.), de l’autre (2). »
En ce qui concerne les réflexes cutanés, seules les modifications du réflexe cutané plantaire méritent