‹ Les lésions du cœur dans la varioleChapitre 3 sur 15 · I. Fibre musculaire · texte numérisé non relu

I. Fibre musculaire

A. Lésions de slructure. — [.'élut çj ru nu leux caractérisé par un nuage de petits grains foncés mas- (piant les stries transversales et les noyaux ; — l'élut moiré, tel que M. le professeur Kkxaut l’a décrit dans le Traité d' histologie prutique{l- 1, p- ybS, ibqd); — lu disparition ou l' atténuation de lu seule striation transversale caractérisée par une sorte de gonflement des disques épais (pii, de ce chef, deviennent indistincts, tandis (pie les lignes longitudinales d’accolement des cylindres primitifs restent visibles et sont devenues légèrement llexueuses; — l'aspect qrillaqé, nous montrant la seule charpente de la fibre, la sub-

* V'oir planche lit.

stance contractile ne se colorant pins on ayant disparu ; — enfin Vétaf homogène de la cellule cardiaque, qui fixe alors les matières colorantes avec pins (rintensité (Mollahd et Rkgal’d), sont autant d’altérations que nous avons observées <à des degrés très divers. Une lésion constante dans la myocardite varioleuse est caractérisée par la présence de vacuoles au sein des segments de Weismaxn. Ces vacuoles marquent une altération profonde du cytoplasma et résultent du départ du plasma musculaire par le mécanisme même de l’exsudation sarcodiqne. Elles caractérisent les myocardites aiguës ou subaiguës.

Nous n’avons pas seulement observé ces vacuoles au sein même de la cellule musculaire, mais aussi dans de larges masses de protoplasma interlibrillaire circonscrivant des cylindres contractiles raréfiés. La présence de ces travées protoplasmiques interfibrillaires larges noyant dans leur masse des cylindres contractiles raréfiés, a été signalée par M. le professeur Renaut, qui lui a donné le nom à’hyperplasmie et a attribué à ce phénomène toute la valeur d’un processus de réparation.

Sur le même organe, on observe généralement une série de lésions souvent très dilférentes les unes des autres. De sorte que l’on est en droit de se poser la question suivante : « N’y a-t-il aucune filiation entre elles, ou bien les multiples aspects que l’on observe sont-ils les étapes successives (fini même processus? » (Mou.ahd et Regaud.)

Rien qn’il soit acinellement prématuré de constituer cette filiation d’une manière absolument délhiitive, on

peiil nétUimoiiis en élal)lir une très logi(|iie avec le seul secours des observations microscopiques que nous possédons. Nous savons (jue la cellule musculaire primitive, le nu/ohlas/e, constitue lui-même sa substance con- Iraclile. Pourquoi la cellule musculaire adulle, siège d’une inllammation — ce mot élanl ])ris dans son acception la plus large — u’am-ait-elle pas la proj)riété de défaire ce qu’elle a édifié, de revenir à la forme embryonnaire tout comme une cellule conjonctive adulte, par exemple, placée dans des conditions réactionnelles identi(|ues? Le [)rotoplasma ayant construit sa fd)rillation la ferait disparaître, comme Mktciinikoi’I' l’a démontré en exj)érimentant sur les muscles de la (pieue des têtards de batraciens anoures. Kt, dès lors, n’est-il pas logi(|ue de penser que nous assistons réellement à cette évolution régressive de la cellule contractile, évolution dont l'é/al (/runu/eux ou nioiré^V altération de la structure transversale, Vaspect grillagé, enfin V homogénéité de la fibre seraient les stades? Quant au phénomène de V hyperplasie, il représenterait rébauche d’un processus de réparation trouvé chez des sujets de qui la myocardite aurait, après la phase aiguë, évolué d’une façon traînante vers la chronicité.

La vacuolisation et la transformation graisseuse covrespondraient à la mort de la cellule contractile.

Ce n’est là (prune hypothèse, en accord parfait, du reste, avec la physiologie cellulaire du muscle. Klle a été exposée avant nous par ,\INl. Mou.aiu) et Cl. Ue- OAUi), dans leur travail sur la myocardite diphtéri(jue,

IL Altérations de contiguïté. — Il y a déjà long-

temps que ^’IKCII()W a signalé de vérilaljles ruptures musculaires dans la myocardite varioleuse. Nous avons Irouvé les lésions de la segmentation à tous les degrés, depuis l’altération minime des lignes de ciment moins nettes, comme fondues avec la substance même de la cellule contraclile, jusqu’à la fragmentation totale, jusqu’à la dislocation.

Certains auteurs ont contesté toute valeur à la sesmentation des cellules musculaires suivant les traits scalariformes. Phénomène purement cadavérique, ontils dit, ou encore simple résultat d’une fixation trop énergique par le sublimé ou l’alcool fort.

Nous avons eu l'occasion d’observer des myocardes de sujets ayant succombé à des maladies chirurgicales sans déterminations cardiaques.

1.,’aulopsie de ces individus était pratiquée dans les mêmes délais que celle de nos varioleux, et nous n’avons cependant jamais constaté une dissociation segmentaire comparable à celle qui nous a été offerte sur de nombreuses préparations de cœur varioleux. Les traits scalariformes restaient parfaitement visibles sur des niyocardes sains prélevés de vingt-quatre à trente-six heures après la mort.

Nous lie contestons pas, d’autre part, que la fixation au sublimé ou à l’alcool fort, détermine dans quebpies cas le même aspect sur un cœur sain, en provoquant un retrait brusque des segments musculaires. .Mais nous n’avons jamais emjiloyé l’alcool fort, et, pour un même cœur, l’aspect des coupes fixées au sublimé restât identique à celui d’autres coupes fixées au bichromate ou au formol. Eu outre, la solution de sublimé, à

l’aide de la({uelle nous avons syslématiqneinenl fixé des fragmenLs de Ions nos myocardes, n’a révélé la seginenlalion que dans qnelqnes-nns d’entre eux seuleinenl.

Nous pensons que l'aspect oll'erl sur les coupes par des segments de Weismaxn ou des blocs cellulaires complètement isolés des parties voisines, ne répond pas, en eflél, à leur disposition pendant le cours de la vie. Mais nous sommes convaincu que cet aspect résulte de ce que le ciment intercellulaire, an cours de l’évolution même de la myocardite, aélé le siège d’une série de modificalions importantes, qui l’ont rendu susceptible de se rompre ])lus lard sous les influences mécaniques ou chimiques les j)lus minimes. Xons considérons donc la segmentation comme l’expression d’une altération antérieure des lignes de ciment qui, devenues pendant la vie extrêmement fragiles, se sont rompues au cours des dernières systoles, ou plus lard, sous l’influence des liquides fixateurs.

An reste, la valeur anatomo-palhologiciue de l’allération dans leur continuité des fibres musculaires cardiaques a été signalée, dès 1877, par MM. Ui:n.\ut et L.vndol'zy, dans une note sur les altérations du mvo-

carde accompagnant l’inertie cardiaipic.

C. Alléralions des noi/iia.v. — L’ensemble de nos observations nous a conduit à ramener leurs multiples asjiects à cimj types principaux :

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