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Les noyaux irréguliers, en étoiles

5. Les noyaux aplatis comme des dalles. (Kern plaLlen d’EiîLicii).

Le proloplasma périnucléaire, très augmenté de volume, est le siège d’une surcharge pigmentaire importante. Cette dernière est parfois si accentuée, que le fuseau protoplasmique central est bourré de pigment brun et que les noyaux de deux cellules voisines semblent réunis Fun à l’autre par deux fuseaux de ces grains de pigment en rapport par leurs pointes effilées (voir pl. VII). ,

IIayem, Œrtel, Desnos et Huchard, FIuguenin ont successivement signalé V hyperplasie des noyaux. Bien que très vraisemblable, sinon démontrée dans la myocardite diphtérique, nous ne l’avons trouvée qiFune seule fois, dans le myocarde d’une fillette de trois semaines, qui avait succombé en huit jours à une variole discrètç au début, hémorragique au troisième jour. Toute la pointe du cœur avait été fixée au Millier, A l’examen microscopique nous constatâmes des ectasies capillaires multiples, de petites hémorragies disséminées dans les parois venlriculaires, enfin des divisions nucléaires nombreuses dans la longueur des fibres cardiaques. Mais il s’agissait ici d’une prolifération normale chez un sujet très jeune, dont le cœur était en plein développement.

En résumé, nous n’avons jamais constaté d’hyperplasie nucléaire dans nos cas des myocardites varioleuses relatifs à des adultes.

1). Truns formation ç/raisseuse'. — Nous l'avons constatée 21 fois sur.'îo. La myocardite varioleuse s’accompagne donc pres(jiie tonjours de dégénérescence graisseuse. Mais son évolution est généralement trop courte pour que la cellule tout entière ait le temps de se transformer en un cylindre distendu par la graisse. C’est une iniillration graisseuse caractérisée par de petites granulations colorées en noir par l'acide osmique et « donnant l’idée d'une émulsion ( André Pktit). La graisse fait son apparition d’abord au niveau des espaces coniques qui prolongent le noyau, et de là elle envahit les faisceaux primitifs formant comme des grains de chapelet ajoutés bout à bout, se substituant en gouttelettes fines aux disques épais par une transformation in situ du proloplasma contractile (Uknalt).

H. Tissu interstitiel ’.

Deux lésions domineni toutes les autres : c’est d’abord un véritable œdème du cœur, si prononcé dans certains cas qu’il écarte les faisceaux de fibres comme le ferait une injection artificielle poussée dans l’épaisseur du myocarde, et met en évidence d’une façon magnifique les anastomoses des fibres cardiaques. C’est ensuite une leucoci/tose à la fois intravasculaire et interstitielle d'une intensité extraordinaire. Les cellules migratrices se collectent en amas irréguliers ou sont disséminées en grand nombre dans la réüion œdémateuse.

‘ Voir planche \’.

* V’oir planche I.

Dans des cas d’une sévérité exceptionnelle, nous avons constaté le long des fentes de Henle considérablement distendues, la présence ^'exsudais fibrineux semés de c|uelques globules rouges aberrants. Ce fait montre bien la nature éminemment inflammatoire de la sérosité œdémateuse épanchée dans les espaces lacunaires du myocarde.

h' hyperplasie conjoncliee fait défaut. Le plus grand nombre des cellules fixes du tissu connectif sfarde le type adulte et ont leurs prolongements intacts. Quelques-unes ont leurs prolongements rompus* et sont comme isolées, en pleine sérosité d’œdème, au sein des faisceaux connectifs et élastiques. Il y a longtemps, du reste, que Romberg a fait les mêmes constatations dans son remarquable travail. Il écrivait en 1892, à propos des myocardites aiguës en général : « Les cellules fixes du tissu conjonctif sont moins intéressées dans le processus que ne me le feraient supposer les descriptions des anatomo-pathologistes. Dans un petit nombre de cas seulement, leurs noyaux m’ont paru augmentés de nombre ou de volume. » Nos observations ont été de tout points conformes à celles de cet auteur.

Sur des coupes provenant de pièces anatomiques ayant appartenu à des sujets d’un certain âge, nous avons parfois i-encontré de petites plaques de sclérose disséminées dans le myocarde ou disposées autour de certaines artères. Ce sont là des lésions très anciennes, bien antérieures à la myocardite aiguë dont les lésions étaient manifestes en d’autres points de l’organe.

Quant aux corps myoblasliques que ILwem a signalés entre les fibres mnscidaires, nous les avons rarement

ol)servés. D’après cel auteur, ils uaîlraienl de la fibre musculaire elle-même et se préseuleraieiil sous l’aspect de cor[)s fusiformes de 8 à 12 \j, pourvus d’uu noyau central entouré d’un proLoplasma grenu, le tout limité par une enveloppe légèrement striée. lisseraient les instruments de la rénovation du myocarde. — Nous ne reprendrons [>as ici une discussion déjà .■soulevée si souvent à propos de ces myoblastes, d’autant que la question est malaisée à trancber, car il semble que certains auteurs ont, après Hayem, englobé dans la description des myoblastes des éléments d’aspect fort dillérent de ceux-ci : arrondis ou ovoïdes pour les uns, polygonaux pour les autres, à noyaux uniques et arrondis [)our les premiers, contournés sur eux-mêmes et multilobés pour ceux-là. Devant la diversité des interprétations, nous nous rendrons à l’avis de MM. Moi.lahd et Uegaud, et nous rangerons les myoblastes et les pseudo-myoblastes dans la classe nombreuse des cellules migratrices. Nous les regarderons comme des leucocytes devenus sédentaires, fixés en certains points de la région enllammée « pour effectuer des actes réactionnels ou réparateurs » (Lachoix). Si leur proto plasma est fortement teinté par l’éosine, caractère propre à tout protoplasma contractile, c’est qu’en réalité ces leucocytes sarcophages ont absorbé la myosine exsudée des fibres musculaires malades. Knlin. cpie penser des myoblastes signalés jiar M.M. Mou.ahi) et Uegaud dans la lumière même des vaisseaux sau'niins

d’un cœur atteint de myocardite dipbtériipie, sinon (pie ce sont là, d’une façon à peu [irès certaine, des éléments migrateurs du sang?

Nous tenons enfin à signaler dans les laennes du tissu conjonctif, sous l’endocarde et dans l’intérieur des vaisseaux, la présence de nombreuses colonies microbiennes (voir pl. A IIi. Les éléments de ces colonies sont des coccus sphériques d’une taille très élevée. Ils sont rarement réunis deux par deux, mais ils forment plus fréquemment des chaînettes toujours très courtes de 4 h 6 éléments. Ces courtes chaînettes arrivent à constituer des amas parfois importants, que décèle parfaitement la méthode de ^^"EIGERT'. Ce sont très probablement des bacilles de la suppuration résultant dfinfections secondaires multiples survenues au cours de la variole.

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