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sans intervention du système nerveux. Il est difficile, il est vrai, de fixer la part qui revient aux ganglions intra-cardiaques dans le phénomène, mais 1l semble que la tachycardie secondaire à une altération du myocarde soit la conséquence directe de l'impuissance relative de la contraction musculaire et de la suractivité nécessaire pour la compenser : le cœur qui perd en force cherche à se rattraper en vilesse (ANDRÉ Perir). (Traité de médecine, article TacuycarprE, p. 350-351.)
La tachycardie réflexe, dont le point de départ serait l'excitation des filets nerveux cardiaques au niveau des lésions, n’est qu'une hypothèse. Enfin la trachycardie par hypotension vasculaire ne saurait être invoquée que dans la convalescence de la variole.
Aux points de vue très importants du diagnostic et du pronostic, la tachycardie, considérée isolément, n’a qu’une valeur relative. On sait qu’il y a des tachyceardies physiologiques et des lachycardies volontaires. On connaît les tachycardies fébriles, celles que provoque la compression du pneumogastrique dans l’adénopathie trachéo-bronchique (MerkLen, Soc. médic. des h6p. 1887), celles qui résultent d’une lésion du système nerveux : méningites, myélites, syringo-myélie (Acxarn, JourFrroy) ; labes (OPpENHEIM, Kussxer), polynévrite alcoolique du pneumogastrique (DiserNe), celles que KzrppeL attribue à l’amyotrophie du cœur et qu'il a signalées dans sa thèse inaugurale sur les amyotrophies dans les maladies générales chroniques (1889). On observe la tachycardie dans la chlorose, dans l’anémie, la syphilis. Spexper l’a signalée d’une façon constante dans le rhumalisme, avant le développement
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de la lésion cardiaque. Les tachycardies réflexes d’origine gastro-hépatique, utérine (CLÉMENT), génitale ou périphérique sont fréquentes. La maladie de Basepow, l'hystérie, l’épilepsie (B. Trrssier), la neurasthénie (Bouverer), l’intoxication par l'alcool (DérernE), par le café et le thé, par le tabac (Srokes), par la digitale ou l’atropine, s'accompagnent de tachycardie.
Ce symptôme ne saurait donc être considéré comme pathognomonique d’une lésion du cœur. Mais il fait place rapidement à un autre syinptôme qui, celui-là, est pathognomonique : c’est l'arythmie.
F. Arythmie. — Pourquoi affirmons-nous que l'arythmie est le signe pathognomonique de l’altération du myocarde, de la myocardite? La physiologie nous répondra : si, sur un animal en expérience, une tortue par exemple, on sépare d’un coup de ciseaux la pointe du cœur de la base, on observe que les oreillettes et la base, pourvues de ganglions, continuent à se contracter rythmiquement. La pointe, dépourvue de ganglions, reste immobile. Allons-nous conclure prématurément que les contractions rythmiques sont dues à la présence des ganglions?... Nullement. En effet, il suffit d’exciter par un courant continu la pointe du cœur inerte, pour la voir se contracter à son tour rythkmiquement. Le rythme n'est donc ni subordonné n1 dû à la présence de ganglions. Dans un cas, la base et les oreillettes ont reçu des ganglions l'incitation au mouvement, dans l'autre la pointe a emprunté cette incitation à se mouvoir au courant électrique continu : voilà tout. Et l’on est ainsi conduit à admettre que le rythme restant indé-
pendant du système nerveux est bien une propriété de la fibre musculaire elle-même. Le système nerveux et l'électricité ne sont que la condition du mouvement, mais ils n’en règlent pas le rythme : « la fibre cardiaque est à elle-même son propre régulateur ».
Voilà pourquoi l’arythmie est un signe pathognomonique de l’altération de la fibre cardiaque quand les lésions orificielles sont absentes.
Dans la myocardite varioleuse, nous avons été fréquemment témoin d'une arythmie particulière, une véritable arythmie cadencée que M. le professeur Cour- MONT appelait : « un rythme de Cneyxe-Srokes du cœur ». Les pulsations cardiaques se succédaient par séries de 8 à 20. Elles étaient de force décroissante du début à la fin de chacune de ces séries. Ne peut-on invoquer pour expliquer ce phénomène une diminution progressive de l’influx moteur, qui après avoir atteint une limite minima redeviendrait normal, pour décroître un instant après et s’accroître encore, cela périodiquement.
Nous savons que M. Hucnarp a mis sur le compte de l’altération des plexus cardiaques certains signes de la faiblesse du cœur parce que l'examen histologique lui avait révélé une intégrité « presque » absolue de cet organe chez des typhiques qui avaient présenté de l’arythmie et de l’embryocardie. L’altération des ganglions intra-cardiaques par une localisation des toxines à leur niveau, à l'exclusion des fibres musculaires myocardiques contiguës, n’est qu'une hypothèse.
L'arythmie s'accompagne fréquemment d’intermittences vraies. Elle aboutit bientôt à la période des
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intermittences fausses, qui ouvre le stade asystolique.
G. Le Pouls. — Il reproduit fidèlement le désordre des contractions du myocarde. Sa haute fréquence, ses irrégularités de rythme, ses caractères de faiblesse reflètent les systoles silencieuses, rudimentaires, arythmiques ou avortées du muscle cardiaque. Ici encore nous trouvons un rythme décroissant en série, «un Cheyne-Stlokes du pouls », comme nous avons trouvé un Cheyne-Stokes du cœur. On caractérise le pouls en disant qu'il est oscillaloire el polycrote (Hucuarp), mulliforme (Rexaur). Nous ne reproduirons pas ici de tracé du pouls dans la variole. On les trouvera en grand nombre dans le livre que Loraix a consacré à l'étude de la fièvre et du pouls, dans le mémoire de DEsnos et Huücuarp publié en 1870-1871 dans l’Union médicale, enfin dans celui de Reyxaup (G) publié dans le Marseille médic., de 1900 (XXXVIT, 169-177, 4 tracés).
A ce stade de la myocardite, on mentionne des intermittences vraies, celles qui se retrouvent à la fois et simultanément au cœur et au pouls. Elles n’ont pas de signification pronostique fâcheuse, et doivent être rapportées « à un désordre nerveux plutôt qu'à une lésion myocardique » (GaïzLarn, Arc. gén. de méd., 1891). D'une façon générale, la marche du pouls est parallèle à celle de la température, même à la période asystolique, excepté dans les formes de variole exceptionnellement sévères, ou lorsqu'une complication cérébrale se déclare (voir tracé I). La concordance est la règle dans les varioles bénignes (voir tracés IT, IIT, IV).
Température
Pouls,