TH PANNES
Le phénomène auquel KussmauLz a donné le nom de pouls paradoxal, et qui consiste dans une « diminution d'amplitude des ondées artérielles pendant l'inspiration » (Prrir) est quelquefois observé. Il n’est nullement caractéristique de la symphyse cardiaque ou de la médiastino-péricardite calleuse reliant l'aorte au sternum, comme Kussmauz le pensait. Il indique simplement un affaiblissement du muscle cardiaque, pouvant se montrer il est vrai dans la péricardite, mais se produisant communément aussi dans les myocardites
aiguës (TrAUBE-Poraix).
Période d’asystolie.
L'affaiblissement et l’insuffisance cardiaque sont devenus plus marqués. La circulation générale ellemême est profondément troublée. La tension artérielle s'abaisse légèrement. Désormais trois ordres de symptômes vont dominer la scène :
Des symptômes cardiaques ; Des symptômes cérébraux ; Des symptômes pulmonaires.
Symptômes cardiaques. — Le tableau de l’asystolie dans la variole ne ressemble pas à celui que Beau a fait du syndrome asystolie considéré comme phase ultime de cardiopathies orificielles. Il n’y a ici nituméfaction des organes génitaux externes, du scrotum, du pénis, des grandes lèvres, ni bouffissure de la face, des téguments, des membres, n1 anurie, ni turgescence des jugulaires, ni ascite, ni teinte subictérique. L'’asystolie de la myocardite varioleuse s'établit brusquement et dure peu, d’une heure à vingt-quatre heures. Le cœur est déplacé, la pointe, quand elle est perceptible, bat dans le sixième ou le septième espace. Son choc est très affaibli et le rythme se précipite à l'extrême. L’auscultation révèle au début un bruit de galop soit du cœur gauche soit du cœur droit; à une période plus avancée on perçoit un affaiblissement de plus en plus notable du premier bruit, plus tard un affaiblissement du second. Des souffles divers peuvent éclater en différents points de la région cardiaque ; c’est à cette période que l’on constate le plus souvent les intermittences fausses. Elles révèlent toujours un état d’adynamie profonde du muscle cardiaque. Les systoles ne sont plus en effet que l’ébauche d’une contraction : elles ne produisent dans le conduit élastique de lartère que des pulsations avortées. Le rythme est devenu capricieux et sans mesure. En ce point, une triple voie s'ouvre à l'évolution de la lésion cardiaque : si le malade doit guérir, la tension du pouls va se relever en
PS
quelques heures. la dyspnée et le délire disparaîftront, l'état général s’améliorera progressivement. S'il doit succomber, il sera brusquement emporté au cours d’une syncope, ou bien on verra se dérouler la série des signes qui caractérisent le collapsus cardiaque.
Nous devons signaler ici des myocardites varioleuses dont l’évolution se poursuit ultérieurement pendant dés années. Les varioles qu'elles compliquent sont des varioles à reliquats cardiaques.
. Dans la myocardite varioleuse, on ne trouve pas, au niveau d’un organe ou d’un appareil, cette localisation des manifestations de l’asthénie cardio-vasculaire à laquelle on a donné le nom d’asystolie locale. Ces manifestations si fréquentes au niveau du foie, et caractérisées par des troubles de stase et de congestion veineuse accompagnés ou non d’ascite, font défaut dans la période asystolique de là myocardite varioleuse. Le foie d’un varioleux n'est pas volumineux, il ne déborde pas les fausses côtes, il est presque toujours insensible à la pression. Néanmoins, l’autopsie révèle souvent une congestion intense de cet organe, mais il s’agit là d’un phénomène qui existe au niveau de tous les viscères et n'affecte pas le foie d’une façon particuhière.
Cependant, de deux à dix heures avant la mort, les faux pas du cœur se multiplient, les pulsations apparaissent lointaines, comme voilées ; «elles arrivent à l'oreille en simvulant le tic-tac rapide d’une montre » (Guyarp). Le rythme devient pendulaire : c’est l’embryocardie de Hucnarp, signe ultime de la myocardite. Le pouls est désormais incomptable, moins par
suite de sa rapidité que par suite de sa faiblesse. Enfin le tremblement du cœur de Lanaisr apparaît comme la seule manifestation de la révolution cardiaque. Depuis longtemps le malade a perdu connaissance : les lèvres se cyanosent, les extrémités se refroidissent, le ventre se ballonne un peu et le malade succombe à l’insuffisance de son myocarde.
Symptômes cérébraux. — Il existe dans la variole un délire dû à l’intoxication variolique, contemporain de la fièvre initiale, et un délire dû à la septicémie variolique, contemporain de la suppuration; nous ne nous y arrêterons pas. Seul le délire myocardique signalé par HucxarD à la période asystolique de la variole, et attribué par lui aux troubles de circulation cérébrale provoqués par la myocardite, fixera quelques instants notre attention.
Ce délire revêt trois formes : une forme aiguë, une forme atténuée, une forme mélancolique. Le délire de la forme aiguë ne rappelle que de fort loin la folie cardiaque signalée par CorvisarT, SAUCEROTTE, ASTROS (th. inaug. 1881), Dupraix (Encéphale, 1882), HucnarD (Du cerveau cardiaque, Bull. médic., 1891).
a) Délire aigu. — Il débute brusquement par de la loquacité, des cris, de l’incohérence des idées, de violentes hallucinations de l’ouïe, tandis que la température est très élevée. Le cœur est en tachycardie extrême, Le pouls dépasse 150. La tête et les membres sont animés de mouvements désordonnés nécessitant souvent la mise de la camisole de force. Pas de paralysie.
On observe souvent des convulsions partielles et géné- : ralisées qui préparent la syncope terminale (Hucarp). La durée de la crise est généralement courte, et la mort est l’aboutissant habituel de celte forme aiguë du délire. Le contraire est exceptionnel.
b) Délire alténué. — II débute lentement, par un malaise général avec ou sans frissons et une céphalée extrême. Puis, peu à peu, le malade tombe dans la somnolence et l’hébélude. Ii est indifférent. L’obnubilation intellectuelle se complique d’amnésie, le malade qui a des hallucinations de la vue et de l’ouïe n’y attache souvent aucune importance. Le regard est incertain, puis de loin en loin survient une crise pendant laquelle la loquacité et l’agitation sont extrêmes. Le malade prononce avec force deux ou trois mots qu'il répète jusqu’à épuisement et, après un temps variable, il retombe dans sa somnolence d'où rien ne peut le tirer. Dans les formes favorables, ces troubles psychiques peuvent disparaître rapidement avec l'affection causale sans laisser de traces.
c) Délire mélancolique. — Le début passe souvent inaperçu. Le sujet donne d’abord des signes d'inquiétude et marmotte entre ses dents des phrases dont on ne saisit pas le sens. L’impression produite par les paroles qu'on lui adresse est nulle : il finit par garder un mutisme absolu. Cet état dure de quelques heures à quelques jours, puis une légère et fugace excitation motrice et intellectuelle lui succède. Les idées déli-
rantes à caractère triste apparaissent. Le malade paraît
DE L- FÈE