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rêver. Il passe d’une idée à une autre avec quelque monotonie, pour retomber bientôt dans une inertie stupide. Le corps immobile, le regard vague, il ne reconnait personne et ne semble pas avoir d’hallucinations. Le pouls et le cœur sont faibles et ralentis. Si la guérison survient, le malade accuse surtout, comme reliquat de sa maladie, de la paresse de la mémoire et du dégoût pour l'effort intellectuel.
Symptômes pulmonaires. — La dyspnée est continue. Elle présente une intensité variable, rarement très accentuée. Elle se complique fréquemment d’une toux sèche, quelquefois accompagnée d’expectoration séreuse peu abondante, teintée de sang lorsqu'on se trouve en présence d'une variole hémorragique. L’examen des poumons ne révèle le plus souvent qu’un peu de bronchite diffuse ou d’œdème léger des bases. Tout à la fin, la respiration couvre les bruits du cœur, qui arrivent à l'oreille comme un murmure et ressemblent au bruit loiñtain d’un rouet.
Mécanisme de la mort dans la variole.
Rôle de la myocardite.
Un varioleux peutmourir deplusieurs manières. Dans les formes très graves, la mort subite a été expliquée par une « sidération du système nerveux » (Dreuraroy). On a invoqué l’altération profonde du sang provoquant une intoxication analogue à celle de l’oxyde de carbone. Les dermatologistes ont accusé la suppression des fonc-
AIS PARRSE tions cutanées, créant ainsi une sorte d’asphyxie spéciale. La pyohémie consécutive aux infections secondaires peut entraîner une issue fatale. Un œdème de la glotte, provoqué par l’éruption laryngée, est susceptible d’emporter le malade en quelques instants. Une broncho-pneumonie, survenant à la période de suppuration, est une complication redoutable. Une poussée d’œdème aigu du poumon à forme broncho-plégique (Mrécawr, th., Ly. 1900), enfin une crise d’angine de poitrine, une rupture du cœur consécutive à un anévrisme pariétal ancien, une embolie pulmonaire ou cérébrale peuvent emporter le malade.
Mais, de toutes les causes de mort dans la Fe la plus fréquente est la myocardite. M. le D' CHapper, médecin des hôpitaux, qui a précédé M. le professeur Courmoxr au service des varioleux à l’hospice de la Croix-Rousse, nous a dit souvent que {ous les varioleux mouraient de myocardite. Nous ne serons pas aussi affirmatif, mais nous dirons que 80 fois sur 100, au moins, la mort est attribuable à"cette cause,
Comment meurt-on de myocardite?
Les malades peuvent succomber au milieu des phénomènes d’une dilatation cardiaque progressive et de l'asystolie que nous avons précédemment décrites. C’est le cas le plus fréquent dans les myocardites varioleuses de moyenne intensité.
Nous ne reviendrons pas ici sur le tableau de l'épuisement du cœur à la dernière période d'une myocardite.
Dans les formes graves, dans les formes surtout hémorragiques de la variole, la mort subite par syncope est la règle. Le malade délire depuis quelque
MNT RTE temps, lorsque la perte de connaissance devient soudain complète; la voix s’étouife, les battements du cœur et les mouvements respiratoires se suspendent. On n’a pas même le temps d'observer ces rapides prodromes : sensations de malaise, de confusion cérébrale, de troubles visuels désignés sous le nom de lipothymies. La face est pâle, une sueur froide baigne les tempes, le regard se voile; au bout de quelques minutes, les extrémités se refroidissent, un relâchement musculaire passager arrive ; la mort estsurvenue en pleine syncope.
Comment expliquer la soudaineté de tels accidents?
La théorie, classique admet que la syncope résulte de deux causes prochaines qui se combinent et s’associent : l'irrigation insuffisante expliquée par l’altération du myocarde, puis des phénomènes vaso-moteurs réflexes engendrés dans le myocarde même, ayant leur point de départ au niveau des nerfs du cœur irrités par la lésion cardiaque : ce double processus aboutit à l'olighémie cérébrale.
A côté de cette pathogénie, 1l en est une autre qui rendrait mieux compte, peut-être, de la brusquerie des symptômes cliniques. On sait que KronecKER et ScHMEY ont localisé à l'union des deux tiers inférieurs avec le tiers supérieur du ventricule, près de la cloison, ce qu'ils ont appelé le point vital du cœur ou centre de contraction des ventricules. Pourquoi ne pas admettre la possibilité d'une extension lente où rapide de la lésion myocardique à ce niveau, ou bien l’oblitération d’une coronaire voisine, ou encore l’inondation subite
. de ce point limité par une ou plusieurs petites hémor-
ragies, lésions que nous avons fréquemment constatées
LME
au cours des examens de myocardes provenant de sujets morts de variole hémorragique ?
Formes cliniques de la myôcardite varioleuse.
Il y a des varioles bénignes sans myocardite : il n'y a pas de varioles cliniquement graves sans déterminations cardiaques. Le tableau de la myocardite varioleuse, tel que nous l'avons ébauché, est la représentation d’une forme moyenne, la plus fréquente, la plus facile à observer aussi, parce que tous les actes du drame qui se déroule apparaissent dans un ordre de succession régulier : période de début à double modalité, insidieux ou brusque — période tachycardique devenant rapidement arythmique avec son cortège de souffles variés —, enfin période asystolique ou des troubles cérébraux aboutissant à l’embryocardie et à la mort. L'évolution n’est pas fatale. Elle peut s'arrêter à l’un quelconque des stades précédents. Dans ce cas, il reste souvent des reliquats dont l’évolution se fera ultérieurement à longue échéance. Srokes, H. Hucxar», Lanpouzy et Sirepey ont vu des accidents qui semblent devoir entraîner un pronostic fatal, rétrocéder et disparaître. GaLLrArD rapporte dans les Arch. de méd., 1891, le cas d’un malade atteint de myocardite typhique qui était parvenu à la période de collapsus algide et qui guérit.
A côté de cette forme moyenne, il existe une forme légère, silencieuse, qui nécessite pour être révélée un examen extrèmement attentif et prolongé. Une telle myocardite ne se manifeste souvent que de loin en loin