MGR
par quelques signes isolés dont l'interprétation reste longtemps incertaine. Dans la majorité des cas, les accidents sont fugaces et la terminaison habituelle est la guérison. Toutefois, on a signalé des cas de mort subite que l’on a attribués à une myocardite grave évoluant silencieusement et s'étant manifestée par quelques signes dont la légèreté n'avait pas retenu l’atten- Hion du chinicien. Ces cas sont exceptionnels,
Les manifestations de la forme syncopale diffèrent des deux précédentes. Elles peuvent survenir à une époque variable de la détermination cardiaque infecüeuse, au début de la pyrexie chez les uns, à la période de convalescence chez les autres; chez la plupart, la syncope survient à la période d'état, ou ne fait que hâter la terminaison fatale, alors que le sujet est en pleine asystolie.
Nous tenons enfin à signaler une forme grave, nerveuse ou ganglionnaire, S'accompagnant de symptômes de myocardite, alors que l'examen histologique ne révèle pas d’altérations apparentes des fibres musculaires. Ces symptômes sont provoqués sans doute par un trouble de l’innervation cardio-vasculaire d’'orieine loxi-infectieuse. Et lon est forcé d’invoquer 1c1 une lésion nerveuse, lésion encore invisible des nerfs du cœur interceptant à son niveau le passage régulier de l’influx moteur.
Telles sont les quatre grandes formes de myocardite varioleuse que nous avons cru devoir individualiser. Cette division est peut-être un peu schématique, comme le sont toutes les classifications chiniques. Que l’on suppose les intermédiaires passant insensiblement de l’une
e M, I nu
à l’autre, qu'on les suppose aussi nombreux qu'on voudra, et il sera possible d’avoir un tableau d’ensemble cliniquement exact de la myocardite varioleuse.
Pronostic de la myocardite varioleuse.
Il ne faut pas porter de pronostic affirmatif sévère ou bénin en face d'un varioleux qui présente des signes de myocardite évidents, à quelque période qu'il soit de l'évolution de cette cardiopathie. Toutefois, la brusquerie de son apparition, la localisation précoce du virus sur le cœur, des cardiopathies antérieures, l’alcoolisme, le grand âge du sujet ou son extrême Jjeunesse sont des conditions favorables au développement d’une myocardite sévère.
Ce qui dominera surtout l’évolution si variable d’une localisation cardiaque du virus varioleux, ce sera l’évolution même de la variole. Dans la majorité des cas, une variole bénigne s'’accompagnera d’une myocardite légère ; une variole hémorragique, au contraire, se compliquera d'une lésion myocardite évoluant à grand fracas, susceptible d'emporter promptement le malade.
Quelque aléatoire que soit le pronostic immédiat, le pronostic éloigné doit être, lin, très réservé, À moins que les lésions n’aient été minimes, la guérison actuelle n'est qu'apparente et la disparition des accidents trompeuse. Les lésions artérielles, alors que la maladie microbienne sera terminée depuis longtemps, continuera à évoluer en silence. Pendant des semaines, des
mois, des années, rien ne se produira, mais un jour, à l'occasion d'une maladie infectieuse nouvelle, une grippe, une simple bronchite, à la suite d’une période de surmenage physique ou après quelques excès, on verra se développer les troubles caractéristiques d'une myocardite scléreuse confirmée. Le travail obscur s’est, en effet, poursuivi en dehors du malade. Le myocarde a des cicatrices; de petits foyers de sclérose se sont substitués aux lésions oubliées de l’ancienne myocardile varioleuse. La charpente musculaire a perdu son homogénéité. Le cœur va engager la lutte et les fibres saines vont doubler leur travail pour suppléer à l’inertie des autres. La compensation durera un temps variable, puis, à l’occasion d’excès nouveaux, d’un surmenage fortuit, le myocarde épuisé fablira. Ses cavités se dilateront et une première crise d'asysiolie surviendra. À partir de ce moment, le muscle cardiaque se trouvera en imminence continuelle de dilatation et d’impuissance. Les crises deviendront de plus en plus fréquentes : les causes les plus légères en détermineront le retour. Les accalmies seront transitoires jusqu’à l’asystolie définitive qui se terminera par la mort.
Traitement de la myocardite varioleuse.
Nous serons bref sur ce point.
Le seul traitement rationnel consisterait dans l’administralion d'un antiseptique général susceptible de s'opposer à l'infection et à la généralisation au sein de