LE GOITRE BASEDOWIFIÉ ET LE CANCER BASEDOWIFIÉ
Nous avons pu étudier, depuis un an, avec Jean Clunet, douze corps thyroïdes basedowiens, qui ont fait l'objet d’un travail paru récemment dans les Annales de médecine (n° 4, 1914). Onze fois, il s’agissait de maladies de Basedow type, une fois de Basedow fruste, où la symptomologie cependant était au complet. Dans onze cas, la pièce avait une origine chirurgicale, dans un cas, elle provenait de l’autopsie d’une malade morte de tuberculose. Enfin, dans un des onze cas opérés, et suivi de mort rapide en asystolie, nous avons pu comparer le lobe enlevé chirurgicalement et le lobe recueilli à l’autopsie; dans ce cas existait, outre le goitre, une hypertrophie thymique dont nous aurons l’occasion de reparler plus loin.
Depuis la publication de ce mémoire, nous avons eu à notre disposition trois nouveaux cas de corps thyroïde de maladie de Basedow type; un chirurgical (D r Prat, de Nice), et deux provenant d’autopsie (I) r Dupré et Widal, de Paris), dont un avec hypertrophie thymique. Dans ces nouvelles observations, les lésions étaient tout à fait analogues à celles que nous avons précédemment décrites.
Notre statistique personnelle comprend actuellement 15 cas de Basedow type.
Nous donnerons ici les figures et les planches qui se rapportent aux plus caractéristiques de ces cas et rappellerons l’étude histologique synthétique que nous en avons faite.
La plupart des modifications que nous avons relevées dans la thyroïde basedowienne, n’existent pas ou ne se rencontrent qu’à titre tout à fait exceptionnel dans les goitres banaux. Les unes sont constantes, c’est-à-dire qu’on les voit dans tous les cas et dans toute l’étendue ou la plus grande partie des préparations. Les autres sont très fréquentes, puisqu’on les rencontre dans 50 ®/o des cas ou même davantage.
Il est donc possible de faire une description d’ensemble de la lésion de Basedow type, et nous mettons en fait que lorsqu'on examine des préparations de goitre exophtalmique type , il est des plus facile d'en faire le diagnostic sur une coupe histologique , sans aucun renseignement de clinique ou d'anatomie macroscopique , pourvu que la préparation soit dune étendue suffisante.
Nous ferons 'd’abord cette description d’ensemble qui s’applique dans tous ses détails à la majorité des cas que nous avons étudiés.
Puis nous étudierons chaque fait anatomique particulier en discutant sa signification morphologique et en indiquant le pourcentage exact des cas dans lesquels nous l’avons rencontré.