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L -— Forme atGüE. — C’est une conjonctivite catarrhale. La muqueuse est rouge ; les paupières sont 16-Q° gèrement gorflées. Un écoulement d’abord muqueux;, puis muco-purulent ou purulent, se forme. À sa surface, la conjonctive est dure, mammelonnée ; sous les paupières, on rencontre de petites papilles rouges tuméfiées, groupées en amas. Puis apparaissent lentement de petites plages rondes au milieu des papilles tranchant par leur aspect pâle sur le fond rouge de la muqueuse, Les taches peu à peu se gonflent, se surélèvent et forment des saillies au-dessus de ja muqueuse. Ce sont des follicules lymphatiques.
Sur la cornée, on rencontre des altérations très caractéristiques. Des vaisseaux très fins et sinueux se détachent de la partie supérieure du limbe œdémalié, cheminent à sa surface et vont vers le centre. La cornée présente une infiltration très superficielle. Les symptômes fonctionnels peuvent être très marqués.
Si l’état inflammatoire doit promptement disparaitre, nous voyons au bout de quelques semaines apparaître de fines stries cicatricielles qui, si la cornée est demeurée intacte, peuvent totalement disparaître.
Sous l'influence de la suppuration, la cornée peut s’ulcérer et se perforer.
IT. — FORME CHRONIQUE. — Cet état se caractérise par trois formations : les granulations, les papilles, le pannus.
Les granulations se rencontrent sous la paupière au niveau du cul-de-sac supérieur. Elles ont un aspect gélatineux, translucide. Elles sont arrondies, grises ou
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jaunâtres turgescentes, et par leur réunion elles peuvent former un véritable bourrelet,.
Les papilles se rencontrent plus fréquemment au niveau de la conjonctive tarsienne et peuvent cacher en partie les granulations. La surfe e conjonctivale offre alors un aspect tourmenté.
Dans les formes très marquées, la conjonctive bulbaire est plus ou moins injectée, mais on n’y rencontre ni granulations, ni papilles.
Les symptômes fonctionnels peuvent parfois passer inaperçus. Les paupières sont un peu moins mobiles marquées quelquefois par un peu de ptos's. Mais dès que la cornée est attaquée à son tour, les symptômes s’exacerbent et les lésions sont beaucoup plus accentuées que dans la forme aigüe.
Le pannus est une des complications les plus fréquentes du trachome. I apparaît le plus fréquemment dans la moitié supérieure de la cornée et se caractérise par la présence de gros vaisseaux sinueux qui, partant du limbe légèrement tuméfié, se dirigent ‘le haut en bas vers le centre de la cornée. Ce tissu néoformé est d'apparence gélatineuse et très vascularisée.
Dans les cas où la vascularisation est peu marquée, on dit que le pannus est tenuis. Le pannus vasculosis ou crassus indique l’état inverse.
Plus tard, peuvent apparaître des ulcères de la cornée, qui prennent naissance aussi bien sur une partie seine qu’au niveau du pannus. Ils se montrent surtout à la périphérie et il est assez rare qu’ils aboutissent à la perforation.
La marche de l'affection est des plus irrégulières. Lantôt l’hypertrophie conjonctivale est peu prononcée, les cicatrices qui en résultent sont minimes ; tantôt (et c’est là le cas le plus courant) quand la cornée est envahie, on se trouve en présence de formes plus graves. Après plusieurs mois, et même plusieurs années, après une augmentation progressive de l’hypertrophie conjonctivale qui constitue la première phase de l'affection, cette hypertrophie disparaît lentément
et laisse à sa place un tissu cicatriciel.
III. — FORME CICATRICIELLE. — C’est la terminaison obligatoire de la conjonctivite granuleuse d’une cer- {aine intensité. Le nombre et l'étendue des traînées cicatricielles est en raison directe du degré d’hypertrophie antérieure. À cette époque, la sécrétion se tarit complètement et l’on voit apparaître sur la conjonctive du tarse, au milieu de la muqueuse rouge et épaisse, de fines trainées blanches étendues horizontalement et qui, en se multipliant, finissent par constiluer un fin réseau, dans les mailles duquel se trouvent des îlots rouges de conjonctive encore hyperhémiée et hypertrophiée.
Peu à peu, les traînées cicatricielles s’'élargissent et finalement la conjonctive tout entière devient pâle, hsse et hypertrophiée, De même, au niveau des culs- Ge-sac, la conjonctive se raccourcit, s’atrophie et les plis du cul-de-sac disparaissent.
De cette rétraction cicatricielle dérivent des compli-
calons multiples inhérentes au trachome et qui vienent encore assombrir le pronostic.
EspPone
Ces complications sont l’incurvation des paupières <t la déviation consécutive des cils (trichiasis), l’atrophie du bord palpébral, le symblépharon postérieur où le cul-de-sac s’efface complètement, le xérosis'conjonctival où la sécrétion est tarie, enfin l’opacité et l'ectasie de la cornée, conséquences des ulcères du
pannus et du trichiasis, et causes de cécité. If. — LES LESIONS NASALES
Les lésions nasales que nous avons observées au cours de nos 99 examens étaient en un grand nombre ie points semblables à celles observées dans la pra- {tique rhinclogique courante.
L'état pathologique le plus fréquemment rencontré est l’Aypertrophie, qui résulte du développement exagéré d'organes normaux. Les cornets sont les lieux d'élection de cette hypertrophie, surtout dans les points où abonde le tissu érectile, c’est-à-dire au niveau des extrémités, tête et queue. Les hypertrophies diffuses se traduisent à la rhinoscopie antérieure par l’état turgide des cornets et parfois de la cloison. La muqueuse est rouge vif, tendue, luisante, à surface uniformément lisse, Cornets et cloison arrivent au contact. La gêne respiratoire nasale est plus ou moins intense. Des hypertrophies localisées peuvent se voir, qui siègent, soit au niveau de la tête du cornet inférieur, soit au niveau de son bord inférieur, soit enfin au niveau de la queue du cornet. Ce dernier diagnostic est alors fait au moyen de la rhinoscopie postérieure. La gêne respiratoire est dans ces divers cas moins
marquée, mais les troubles nerveux sont fréquents et
pénibles. Les hypertrophies localisées au cornet moyen sont un peu moins faciles à dépister. Elles s’annoncent surtout par des céphalées, par la diminution de l’olfaction, par des symptômes de pharyngite. Un des lieux d'élection est la tête des cornets. En raison de l'étroitesse de la région à ce niveau, elles restent aplaties et se font principalement dans le sens antéropostérieur. La saillie rouge luisante, vernissée, avec ou sans bosselures ou crêtes, est tantôt dure et produite alors par une dilatation ampullaire de los (cornet bulleux), tantôt simplement rénittente et due à une hypertrophie muqueuse plutôt qu'osseuse. L’hypertrophie localisée à la queue du cornet moyen ne se voit guère qu’à la rhinoscopie postérieure.
Au courant de nos examens, nous nous sommes trouvés couramment en présence d’hypertrophies de la muqueuse des cornets possédant de plus un caractére polypoïdal. La tête et la queue des cornets est alors plus spécialement atteinte, recouverte d’un tissu de granulations, tissu inflammatoire qui se développe plus particulièrement autour des orifices des sinus dans les infections anciennes de ces cavités : c’est le cornet polypoïdal, cousin germain des polypes muqueux vrais.
Nous n'avons jamais vu au cours de nos 90 examens rhinologiques, ces polypes muqueux abondants et serrés, à l’étroit dans les cavités narinaires, que l’on pourrait croire si fréquents dans ces infections chro- HUE Mais nous avons vu un cas de papillome considérable obstruant complètement une narine et sem- Plant bien relevé de la même étiologie.
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Pour ce qui est des suppurations et des rhinites, il y a lieu d’abord de distinguer au point de vue clinique, une première variété de suppurations que d’on pourrait appeler diffuses, pour les opposer aux infectons à caractères circonscrits ou systématisés.
D'abord le coryza aigu ou chronique banal. La muqueuse des cornets et de la cloison, turgescente, rouge cu violacée, à peine érodée, peut-être, en quelques points très circonscrits, laisse sourdre un muco-pus peu adhérents, qui se dissémine en traînées ou en ilots jaunâtres, parfois confluents à la surface de cette muqueuse. C’est la rhinite catarrhale qui prédomine au niveau de la partie inférieure des fosses nasales.
Les rhinites secrétantes peuvent, à un moment donné, se manifester sous forme de rhinites avec exulcérations et croûtes. Parfois, la lésion prend d'emblée ces caractères. Les secrétions peu copieuses, pauvres en eau, riches en mucus, se concrètent aisément sur la muqueuse, dont l’inflammation est alors entretenue par la présence de ces espèces de corps étrangers. Les croûtes banales se détachent aisément à l’aide du stylet et du porte-coton ; elles ont parfois une odeur fade, mais ne sont pas fétides. Elles recouvrent des exulcérations qui saignent quand on les met à nu.
Parfois à un stade plus avancé, la suppuration se systématise. L’écoulement purulent, abondant et diffus devient prédominant au point de représenter à lui seul pour ainsi dire, l’infection entière. Les suppurations systématisées, c’est-à-dire localisées à un point précis des fosses nasales, nous intéressent ici dans le
cas des sinusites ; nous en reparlerons plus loin.
Nous terminerons cet exposé des suppurations nA$ales en diant un mot d’ulcérations du vestibule dont nous avons rencontré plusieurs cas. Elles répondent à l’ecréma de l'entrée des narines, et présentent souvent l'aspect impétignieux dû à des infections secondaires. Les pustules réparties chacune autour d'un poil comme centre, traduisent la folliculite. Enfin, les fissures de l’angle intérieur ou postérieur de la narine s’accompagnent en général d’un état douloureux presque continu qui fait que spontanément le malade peut en indiquer lui-même le siège.
Les sinustles enfin, consistent en une suppuration de la muqueuse des sinus frontaux et maxillaires. L’infection peut aussi attaquer les muqueuses des cellules ethmoïdales et des sinus sphénoïdaux ; les symptômes sont alors plus difficiles à chercher. Au cours de nos examens nous avons surtout rencontré des sinu- ‘sites frontales et maxillaires. La rhinoscopie antérieure décèle du pus localisé au méat moyen, et la transillumination montre une obscurité complète ou non de ces cavités, surtout pour les sinus maxillaires. Les points douloureux localisés, et l'écoulement purulent unilatéral et intermittent sont des signes que nous avons rarement rencontrés, car nous avions affaire le plus souvent à des sinusites subaigües.
Voici les divers points de pathologie nasale que nous . avons pu observer chez nos trachomateux. Il est aisé
: = A de voir qu'ils ne diffèrent pas des affections analoè 2 3 | :
gues observées dans la pratique rhinologique journaes
Here:
Existe-t-il au cours du trachome des lésions nasa-
Sp OrE 4:
des spécifiques ? Peut-on parler d’un « trachome nasal » ? 1 semble que non. Il est logique d'admettre, en se plaçant à un point de vue purement clinique, qu’il s’agit là dans tous les cas d’un processus inflammatoire banal. Il est possible, cependant, que lors de l'atteinte conjonctivale initiale, le virus trachomateux jénétrant dans le nez par le conduit lacrymo-nasal, eu niveau du méat inférieur, soit la cause première d'un coryza spécifiquement trachomateux. Mais ce west là qu’une hypothèse. Par la suite en tous cas, la muqueuse réagit, s’hypertrophie, sécrète. Et nous sommes en présence de lésions qui évoluent alors pour leur propre compte.
Nous n’avons pas cru nécessaire de faire chez nos malades des biopsies et des examens histo-pathologiques. Sous les yeux exercés de Caramazza et Silvagni, comme nous l'avons dit plus haut, l'anatomie . nathclogique n’a pu que confirmer dans tous les cas l'hypothèse émise par l'observation clinique.
La banalité de ces lésions est très importante à con-
naître pour l'institution du traitement.