‹ Les lettres de Blaise PascalChapitre 2 sur 63 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

nous voulu donner au public une édition maniable et d'un prix accessible.

La correspondance de Pascal, encore que nous n'en ayons que des fragments, est en effet trop importante pour qu'on la puisse négliger. Elle nous livre son auteur tout entier. Et point n'est à distinguer, à cet égard, entre les lettres qui regardent la physique ou les mathématiques, et celles qui ne mettent en scène que l'honnête homme et le chrétien. Chez Pascal, le chrétien, l'honnête homme et le savant, à l'image de la Trinité divine, sont trois qui ne font qu'un. La correspondance avec Fermât sur la règle des partis nous introduit au cœur même de l'argumentation des Pensées, puisque c'est la question capitale de l'existence de Dieu que cette règle permet de trancher. Les lettres sur la question du vide nous élèvent jusqu'au domaine de la logique : elles nous montrent Pascal hésitant à quitter les sentiers qu'a tracés devant lui le consentement universel, parce qu'il ne nous est pas permis a de nous départir légèrement des maximes que nous tenons de l'Antiquité, si nous n'y sommes obligés par des preuves indubitables et invincibles », mais abandonnant ces maximes sous la pression d'une expérience convaincante, parce que « nous devons avoir plus de vénération pour les vérités évidentes que d'obstination pour ces opinions reçues (lettre V) ». Quand on songe qu'entre les hypothèses de Plolèmêe, de Tycho, de Copernic, Pascal

Page 1