AVANT-PROPOS VII
se demande « qui osera faire un si grand discernement, et qui pourra, sans danger d'erreur, soutenir l'une au préjudice des autres (lettre III) », on comprend jusqu'où il se montre circonspect, et de quel poids pèsent ses affirmations.
C'est bien parce qu'elles ont été chèrement conquises qu'il met tant de vivacité à défendre ses positions. Peut-être, au début, se glisse-t-il dans son attitude quelque orgueil de savant, mais, après sa conversion définitive, au fur et à mesure que le vieil homme meurt en lui, il se défie de plus en plus de l'esprit propre : « Quand nous voulons par notre propre mouvement que quelque chose réussisse, nous nous irritons contre les obstacles, parce que nous sentons dans ces empêchements ce que le motif qui nous fait agir n'y a pas mis, et nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées. Mais, quand Dieu fait agir véritablement, nous ne sentons jamais rien au dehors qui ne vienne du même principe qui nous fait agir ; il n'y a point d'opposition au motif qui nous presse ; le même moteur qui nous porte à agir en porte d'autres à nous résister, au moins il le permet ; de sorte que, comme nous n'y trouvons point de différence et que ce n'est pas notre esprit qui combat les événements étrangers, mais un même esprit qui produit le bien et qui permet le mal, cette uniformité ne trouble point la paix d*une âme et est une des meilleures