AVA.NT-PROPOS IX
d'ailleurs, il s'intéressera jusqu'à la fin aux choses de ce monde, car « Dieu a représenté les choses invisibles dans les visibles », et « toutes choses parlent de Dieu à ceux qui le connaissent, et le découvrent à tous ceux qui l'aiment (lettre VIII) ». Moins de deux ans avant sa mort, il écrit à Madame de Sablé l'impatience qu'il a de l'entretenir de la manière dont le médecin Menjot accorde l'immatérialité de l'âme avec le pouvoir qu'a la matière d'altérer ses fonctions et de causer le délire (lettre XLII). Il demeure jusqu'au bout pleinement homme, et rien d'humain ne lui est étranger.
Au témoignage de Madame Perier, il aurait dit à son lit de mort : « J'ai pensé d'avoir céans un pauvre malade, à qui on rende les mêmes services comme à moi, qu'on prenne une garde exprès, et enfin qu'il n'y ait aucune différence de lui à moi, afin que j'aie cette consolation de savoir qu'il y a un pauvre aussi bien traité que moi, dans la confusion que je souffre de me voir dans la grande abondance de toutes choses où je me vois. » Devant son écrasant génie, nous sommes tous comme le pauvre qu'il demandait au curé de sa paroisse de lui envoyer. Au seuil de sa correspondance, pénétrons-nous de son esprit, abandonnons-nous à son influence ; c'est à lui qu'il appartient de nous faire participants des trésors dont elle abonde.
M. le professeur H. -A. Lorentz, secrétaire de la