Mureti Opéra (édit. Tauchnitz), 1. 1", p
viction qui devient un iiea commun dans leurs écrits. Ce respect pour la science, pour les idées, pour la puissance de la parole, ne se trouve pas seulement chez les docteurs; vous voyez un homme d'épée, un hardi compagnon, Agrippa d'Aubigné, s'écrier comme le pourrait faire un philosophe :
Non, le vice n'a point pour mère la science, Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance.
Et Théodore de Bèze, réfugié à Genève, va jusqu'à placer dans sa galerie des grands hommes l'ardent persécuteur des réformés, le roi qui défendit à tout imprimeur <r imprimer aucune cliose^ sous peine de la liartj François P% — parce que ce prince a fondé le Collège de France. « Lecteur chrétien, dit-il, ne te fâche point de voir cet adversaire de la pure doctrine. Certainement il m'a semblé que je ne devais laisser en arrière ce prince-ci, qui a remis en honneur les langues hébraïque, grecque, latine, et les bonnes sciences, pour être les portières du temple de la vraie religion, et qui a chassé l'ignorance, laquelle empêchait la vérité de venir en avant *. » L'aversion que les langues savantes, suspectes d'hérésie, inspiraient à une partie des adversaires de la réforme, aurait suffi pour avertir les réformés des