Lettre de Frédéric du 4 juillet
% Voici un passage pris au hasard dans une des lettres de Frédéric à Rollin, on verra qu'il ne justifie gn^re de pareils éloges : u La vertu, dépeinte avec les vives et belles couleurs dont vous composez son colons, trouve des attraits pour un chacun, et vous assurez son triomphe en difiamant le vice jusque sous Tappareil de la grandeur et de la plus splendide magnificence.' »
infiniment plus à Taise avec Voltaire qu'avec Roliin. Aussi ses lettres à ce dernier sont-elles courtes et rares; on peut y remarquer un petit manège qui ne prouve pas une parfaite simplicité. Frédéric y parle volontiers du citl auquel il demande que « le Thucydide de notre siècle puisse voir prolonger le fil de ses jours comme ceux du roi Ézéchias. » Religieux de ton, biblique au besoin, il s'amuse de la naïveté du bon vieillard, et quand enfin RoUin, enhardi, se hasarde à toucher quelques mots de sa conversion qu'il espère (la conversion de Frédéric!), celui-ci lui répond qu'il a trouvé dans sa lettre « les conseils d'un sage et la tendresse d'une nourrice. » On sent que Frédéric a dû rire d'une espérance si hasardée.
Dans le même temps, en effet, Frédéric faisait parade avec Voltaire d'une incrédulité telle que celui-ci se voyait contraint de la réfuter sur quelques points. Quoi qu'on en puisse dire, cette correspondance avec le prince royal fait honneur à Voltaire : ses conseils sur les devoirs des princes, ses discussions sur Dieu, sur la liberté de l'homme, ont un accent de conviction sincère qui ne saurait tromper. Plus tard, quand il aura vu dans l'intimité Frédéric devenu roi, le ton changera, deviendra trop souvent cynique ou bouffon ; mais à cette première époque Voltaire a pris au sérieux ce rôle de Mentor et de directeur de conscience que le jeune prince Juî a conféré. Quant aux
louanges qu'il lui prodigue et dont on lui a fait un crime, il faut observer qu'à cet égard c'est Frédéric qui lui a donné l'exemple et qui renchérit sans cesse sur les flatteries de son correspondant. Si Voltaire traite Frédéric de Trajan et de Marc- Aurële, s'il l'appelle *on adorable prince ^ celui-ci n'est pas en reste ; poètes et philosophes , tout est sacrifié à Voltaire, et Frédéric termine une discussion philosophique par cette phrase scandaleuse et ridicule : « S'il y a quelque chose dont je me puisse persuader, c'est qu'il y a un Dieu adorable dans le ciel, et un Voltaire non moins estimable à Cirey. » C'est un lieu commun de platitude d'identifier la Providence avec les puissants du monde; mais l'apothéose appliquée à un simple philosophe était vraiment une innovation. Et notez, dans cet échange de flagorneries, la différence des positions, qui excuse l'un et condamne l'autre. Un prince doué de quelque bon sens sait parfaitement combien il doit rabatlre des compliments qu'il reçoit et dont une bonne partie s'adresse toujours à son rang plus qu'à sa personne; mais l'écrivain qui n'est rien que par lui-même, qui n'a d'autre puissance que celle de son génie, a le droit de considérer comme sincères les adulations qu'il reçoit d'un souverain; leur exagération même est un hommage que l'on rend à sa valeur personnelle, à l'influence que son génie lui a donnée sur Vopinion; fussent-elles intéressées et destinées à
provoquer un retour de louanges, c'est toujours dire à récrivain : Vous pouvez donner la gloire. Tout prince que je suis, j'ai besoin de vous. — Je ne connais pas de compliment plus flatteur et moins suspect que celui-là. D'ailleurs, répétons-le, c'est Frédéric qui a donné le ton à Voltaire, et dans cet échange de flatteries souvent insipides, le premier, le principal coupable, c'est le prince : le poète n'est que son complice.
Vraiment les rôles sont intervertis; les faiblesses que d'ordinaire on caresse chez les princes, Frédéric les flatte chez l'écrivain. Il faut voiries fadeurs mythologiques qu'il adresse à M"*' du Ghâtelet, et ses compliments peu délicats sur le bonheur que Voltaire goûte dans les bras d'Emilie. Avec une modestie inattendue, Voltaire proteste contre les suppositions du prince ; je ne suis, dit-il, que Tami de M"® du Ghâtelet, et ne suis plus d'âge à être autre chose :
J'approche, hélas! de la nuit sombre Qui nous engloutit sans retour; D'un homme je ne suis que l'ombre.
Je n*ai que l'ombre de l'amour.
Mais Frédéric insiste, déclare gracieusement qu'il n'en croit rien, redouble de galanterie avec la marquise : en même temps il s'attendrit avec Voltaire sur toutes les tracasseries que lui suscitent ses envieux, et quand Desfontaines ou
tout autre sacrilège a osé porter les mains sur . les tragédies de son ami, il se montre presque aussi ému que Voltaire, ce qui pourtant n'était pas aisé.
Sans doute l'espérance de faire de Voltaire un de ses prôneurs entrait pour quelque chose dans cette prodigalité de louanges et de caresses exagérées; mais dans l'enthousiasme du prince royal pour le génie de l'écrivain il y a une sincérité profonde qu'il est impossible de méconnaître. Voltaire parle quelque part de Tharmonie préétablie qui existe entre leurs intelligences; il a raison. Leurs esprits étaient faits l'un pour l'autre, et cela est si vrai, qu'après l'aventure de Francfort, lorsqu'ils recommencèrent à s'écrire après une brouille de plusieurs années (et ce fut Frédéric qui fit les premiers pas), jamais ils n'ont oublié leurs rancunes, jamais ils n'ont cessé de se les rappeler avec aigreur, et jamais pourtant ils n'ont pu renoncer à s'écrire, même pour se dire des duretés. « Vous êtes bien heureux, lui disait Frédéric à cette époque, d'avoir eu affaire à un fou amoureux de votre beau génie! » Oui, amoureux^ le mot est juste; cette passion pour le génie de Voltaire a survécu à toutes leurs querelles, à tous leurs torts réciproques; c'est que Voltaire était pour Frédéric la personnification la plus complète du génie littéraire tel qu'il le comprenait, et que son goût pour le poëte se confondait avec
sa passion pour les leltres, passion chez lui si vive à tout âge, et dans sa jeunesse exclusive de toutes les autres.
Quant à ses tirades philosophiques contre les oppresseurs de l'humanité, contre les conquérants, il y a quelque apparence qu'ici le futur Titus abusait un peu de la crédulité enthousiaste de son correspondant. Il trouve un moyen ingénieux de flatter les opinions de Voltaire : c'est de les exagérer. Le croirait-on? A l'égard du christianisme, il trouve Voltaire trop modéré! Quand le poète lui envoie son discours sur la loi naturelle, Frédéric lui adresse aussitôt des reproches, assurément inattendus, sur sa condescendance pour In prê- Iraille, Et pourquoi? Parce que le poëte s'est servi de cette expression, Vhomme-Dieul Voilà une faiblesse que Frédéric ne saurait lui pardonner. — Autre méfait de Voltaire : dans son SiMe de Louis XIV ^ il a rangé Machi«ivel parmi les hommes illustres de la renaissance. Quel scandale I Frédéric ne se possède pas et s'écrie : « Quiconque enseigne à manquer de parole, à opprimer, à commettre des injustices, fût-il d'ailleurs l'homme le plus distingué par ses talents, ne doit jamais occuper une place due uniquement aux vertus et aux talents louables : Cartouche ne mérite pas de tenir un rang paimi les Boileau , les Colbert, les Luxembourg. Vous êtes trop honnête homme pour vouloir mettre en honneur la repu-
talion flétrie d'un misérable coquin... » On pense si cette vertueuse colère arrache à Voltaire des cris d'admiration! 11 se félicite d'en être l'objet, tout en faisant timidement observer qu'il n'a parlé que du style du Florentin ; mais cette excuse ne suffit pas pour apaiser le prince royal, il revient encore sur ce sujet : « Mon cher ami, votre plume doit regretter de s'être souillée de ce nom, » et aussitôt il prend la sienne pour protester contre les abominables doctrines du Prince^ compose un livre bien vertueux, bien philosophique contre Machiavel, et charge Voltaire de le faire imprimer... Sur ces entrefaites, Frédéric devient roi, donne ordre d'arrêter la publication de son livre, et envahit la Silésie.
Frédéric avait alors vingt-huit ans. RoUin et Voltaire s'étaient trompés sans doute quand ils promettaient au monde un Marc-Aurèle : Frédéric fut autre chose assurément ; mais ils ne se trompaient pas quand ils comptaient que les lettres trouveraient en lui un protecteur dévoué et fidèle, mieux qu'un protecteur, un ami.
C'est là en effet sa supériorité sur les autres protecteurs des lettres : il les a aimées pour ellesmêmes, indépendamment du profit qu'en espérait sa politique. Pour Auguste, le génie de Virgile et d'Horace fut surtout un instrument de domination; pour Louis XIV, la poésie n'était guère qu'un ornement de ses fêtes ou l'harmonieuse expression
FKËDERIC II. 215
de ces louanges dont il ne pouvait s'assouvir. Sans doute le roi de Prusse comprenait très-bien la puissance d'opinion qu'exerçaient déjà les écrivains, surtout les écrivains français, et que luimênie allait étendre en la reconnaissant. On en trouve une preuve frappante au début d'un de ses ouvrages historiques, Histoire de mon Tetnps, Dans le premier chapitre, qui est un tableau des forces de l'Europe à son avènement, l'historien consacre plusieurs pages à la littérature et aux sciences. La France y est représentée comme le vrai centre littéraire de l'Europe; ses écrivains sont pour le roi de Prusse une puissance avec laquelle il faut compter plus qu'avec son roi, et dont il recherche l'alliance. Et pendant la guerre de sept ans, près de succomber sous le nombre, battu, traqué par les Autrichiens, les Russes et les Français, au moment de livrer une dernière bataille qui va décider de son sort et de celui de son royaume, se croyant perdu, ^c' est aux écrivains qu'il songe. Pendant une veillée remplie d'angoisses, il écrit une centaine de vers, « les meilleurs ou plutôt les seuls bons qu'il ait faits, » dit M. Villemain, et il les envoie, copiés de sa main, à Voltaire, avec lequel il est brouillé depuis plusieurs années : préoccupation étrange dans un moment pareil, mais qui suffit pour le peindre. Cette paix que dçans sa fierté intrépide il s'obstine à ne pas demander à ses ennemis vainqueurs, il
semble Toffrir à un écrivain ^ C'est déjà une chose remarquable que d'avoir reconnu une puissance supérieure à la force matérielle ; ce respect, même intéressé, fait honneur à ce despote et à ce conquérant. 11 y eut d'ailleurs autre chose chez Frédéric : il aima les lettres; il les aima jusqu'à la passion, jusqu'au ridicule.. a Cet homme, disait de lui Voltaire dans un moment d'humeur, c'est César et l'abbé Cotin. » Mais cette passion obstinée et malheureuse pour les vers est précisément ce qui démontre sa sincérité. Cependant était-il d'une entière bonne foi quand il écrivait plus tard, en parlant de lui-même : « Je pense qu'en pesant les voix, les travaux du philosophe seront jugés supérieurs à ceux du militaire; » quand il disait à d'Alembert : u Je donnerais toutes mes victoires pour avoir fait Athalie? » Vraiment on serait tenté de le croire. Toujours est-il que des compliments sur ses écrits pouvaient le toucher beaucoup plus que l'admiration méritée par sa conduite politique et militaire. L'homme d* ailleurs est ainsi fait : a-t-il une supériorité constatée et reconnue ; tranquille de ce côté, il se désintéresse des éloges dont il est sûr; sa vanité se déplace et se porte tout entière sur des prétentions moins justifiées et souvent assez puériles. Le prince de
1. La réponse de Voltaire est admirable (octobre 1757). Ce fut ainsi que se renoua entre eux une correspondance qui se poursuivit jusqu*à la mort de Voltaire.
Ligne, dans le piquant récit qu'il nous a laissé de ses visites chez Rousseau et chez Voltaire, nous raconte que l'auteur de Y Emile paraissait surtout très-fier de la propreté avec laquelle il copiait de la musique ; quant à Voltaire, c'était son château de Femey, c'était son jardin qu'il prétendait faire admirer : « C'est moi qui ai donné tous les dessins, disait-il en se rengorgeant. Mon jardinier n'est qu'une bète; c'est moi qui ai tout fait! » 11 était plus modeste quand il parlait de ses écrits.
Comme homme de lettres, Frédéric se montre fort chatouilleux et fort sensible à la critique. Diderot fait dans Y Encyclopédie un article où, après avoir versé à Frédéric auteur ce boisseau d'éloges dont parle Bayle,. il a l'imprudence d'y mêler un grain de critique : « Ses poésies sont pleines d'idées, de chaleur, de vérités grandes et fortes. J'ose assurer que, si le monarque qui les écrivait à plus de trois cents lieues de la France s'était promené un an ou deux. dans le faubourg Saint- Honoré ou dans le faubourg Saint-Germain, il serait un des premiers poètes de notre nation. Il ne fallait que le souflFle le plus léger d'un homme de goût pour en chasser quelques grains de la poussière des sables de Brandebourg... 11 n'a manqué à cette flûte admirable qu'une embouchure un peu plus nette. » — « De quel œil, dit M. Bartholmèss, Frédéric devait-il lire ces justes ré-
flexions? Il les prit si mal, qu'il n'ouvrit plus aucun des volumes suivants de^rEncyclopédie, » et dans sa correspondance avec d'Alembert, toutes les fois que celui-ci lui parle avec éloge de son ami, le roi riposte par des épigrammes*. Il avait ses grammairiem ^ auxquels il soumettait ses écrits avant de les publier, et qui se chargeaient d'en chasser lès grains de sable du Brandebourg^ c'est-à-dire les fautes de langue et de style. Un de ces grammairiens, l'honnête Thiébault, nous a laissé dans ses Souvenirs le récit d'une scène qui prouve à quel point il savait Frédéric sensible à la critique. Un jour, dans un écrit que le roi lui montre, Thiébault veut lui faire effacer un solécisme; Frédéric résiste, se fâche, jette la plume avec colère... « Je suis persuadé, dit Thiébault, qu'il n'a pas été plus hors de lui, lorsqu'il s'oublia au point de donner des coups de botte dans les jambes à un de ses ministres d'État. » Cependant Thiébault se rassure par cette pensée qu'il est Français, et que c'est avec ses sujets seulement que Frédéric se permet de ces vivacités. Il dissi-
1. Diderot ayant négligé, en revenant de Saint-Pétersboarg, d'aller rendre visite au roi de Prusse : « Pour Tin visible Diderot, écrit Frédéric à d'Alembert, je ne sais que vous en dire ; il est comme ces anges célestes dont on parle toujours et qu'on ne voit jamais. Un de ses ouvrages me tomba naguère entre les mains. J'y trouvai ces paroles : « Jeune homme, prends et lis! » Sur cela, je fermai le livre, comprenant bien qu'il n'avait pas été fait pour moi, qui ai passé soixante ans. » (28 juillet 1774.)
maie son émotion, raffermit sa contenance, et Vair attriMéy non abattu y avec le calme que donne la conviction que Von fait son devoir et la voix dun homme pénétré^ mais inflexible^ il lui adresse une harangue de deux pages, dont il n'a pas voulu priver ses lecteurs, et où la fermeté inébranlable d'un académicien qui défend la grammaire est heureusement tempérée par les protestations de l'attachement le plus tendre et du respect le plus profond. Touché par tant d'éloquence, Frédéric cède enfin, renonce à son solécisme, et Tbiébault, qui est encore stupéfait, en racontant cette scène , et de la magnanimité du roi et de sa propre audace, termine son récit par cette naïve réflexion : « Le roi fut en cette rencontre plus grand que je ne l'avais présumé, et je vis ce jour- là ce qu'il y a peut-être de plus rare dans l'histoire des rois : je vis un monarque qui sut se vaincre! »
Il est à croire que Frédéric ne sut pas toujours se vaincre , ou que ses grammairiens ^ à commencer par Voltaire, n'eurent pas toujours l'inflexibilité héroïque de Tbiébault, car les fautes de français abondent dans ses ouvrages. On dit qu'il ne sut jamais bien sa langue maternelle, et il est certain qu'il n'écrivit jamais la nôtre qu'assez imparfaitement. Je ne parle pas seulement de la correction grammaticale, pas plus que de l'orthographe, qu'il a toujours ignorée; mais la propriété
des mots, leur valeur exacte*, et plus que tout cela, ce tour, cette allure, ce je ne sais quoi qui fait qu'une phrase est française, voilà ce qu'il n'a jamais bien su. Ces défauts sont frappants dans ses discours ou dans ses ouvrages historiques, où il vise au style soutenu. Sans doute ces écrits sont précieux à plusieurs égards; ils se lisent avec l'intérêt qui s'attache toujours aux pensées d'un homme extraordinaire. Il est d'ailleurs impossible qu'un homme qui a fait de grandes choses les raconte sans communiquer à son récit quelquesunes de ses qualités. Qu'on y admire donc le grand capitaine, le politique habile, l'homme même, rien de mieux ; mais Frédéric a voulu être et il est réellement autre chose : c'est un écrivain, et ce n'est pas lui faire injustice que de le traiter comme tel. Sec et écourté d'ordinaire, de temps en temps il vise au grand style et tombe dans le galimatias. Toute la monnaie courante du jargon philosophique alors à la mode est employée et prodiguée par lui sans scrupule ; la vieille phrase ne lui répugne point. Quant aux impropriétés d'expression, elles pullulent dans ses écrits; qu'on ouvre au hasard un de ses ouvrages historiques, on ne trouvera pas deux pages de suite qu'on puisse supposer écrites par un Français.
1. n écrira par exemple qu*un roi doit être le premier domeS' tiqtie de son peuple. Évidemment ici l'expression a dépassé sa pensée.
Ce n'est pas qu'il reste Allemand dans ses écrits, ainsi qu'on Ta prétendu : on serait plutôt tenté de lui reprocher d'avoir en littérature le goût plus français que les Français eux-mêmes, ceux du XYiii'' siècle s'entend. C'est par son côté mesquin qu'il prend notre littérature. La mesure, la délicatesse, la légèreté, voilà les qualités qui le charment ; la sèche poésie d'alors lui suffit; il ne demande ni plus de couleur, ni plus d'émotion, ni plus d'élévation et d'essor. Les petits vers de Voltaire, voilà quel devait être en poésie son idéal, et encore en comprenait-il la délicatesse, lui qui s'avisa un jour, sans penser à mal, de lui comparer Arnaud-Baculard ^ ? S'il fait dans un de ses ouvrages un tableau de notre poésie au xvii^ siècle, il n'aura garde d'omettre ni Jean-Baptiste Rousseau, ni Chaulieu; il n'oublie que Corneille et Molière. Dans la littérature contemporaine, il ne paraît pas goûter ce qui est vraiment grand et neuf chez Rousseau, chez Montesquieu, chez Voltaire lui-même ; mais il se préoccupe beaucoup des colifichets littéraires qui font l'amusement des