Corresp,, t. XU, p
censura des livres, il semble que Napoléon ait pugné longtemps à la rétablir d'une façon officielle. Dans le silence de la presse périodique, il
y a une foule de façons indirectes de prévenir la. publication des livres déplaisants, et Ton évite ainsi le scandale de la répression. Dans une lettre du 28 juillet 1803, adressée au ministre de la justice (Régnier), le premier consul disait : « Dans les mesures ordonnées par la police, pour les ouvrages qui s'impriment, les ouvrages littéraires et les grands ouvrages ne devaient point être compris, car, si la police ne connaît pas un ouvrage de plu-sieurs volumes avant qu'il soit imprimiy c'est de sa faute *. » . '
Et , en effet, il ne lui permettait pas de rester indifférente au plus petit écrit nouveau* Par exemple, une chanson est-elle faite contre l'Angleterre, à l'époque du projet de descente : « Il est convenable de connaître l'auteur de cette chanson, écrit Napoléon ; quoiqu'elle paraisse faite dans des intentions louables, V autorité de police ne doit être étrangère à aucun mouvement (1& octobre 1803) ^ )> Mais la police affichait un zèle qu'il importait parfois de modérer. C'est ainsi qu'en 1806, Napoléon écrivait d'Allemagne à Fouché une lettre que nous croyons devoir reproduire en entier :