‹ Les lettres et la libertéChapitre 40 sur 71 · Pline, Histoire naturtile, liv. VII, ch. xxy · texte numérisé non relu

Pline, Histoire naturtile, liv. VII, ch. xxy

le blâmaient ; sa famille ne voulait plus le voir ; son oncle Gobanition, un homme très^bien posé^ s'était cru obligé de le mettre à la porte de che^ lui. Voilà ce que c'est que de vouloir affranchir' son pays. — Quant à Gacus, il a, je le répète, laissé à Rome des souvenirs très-précis : on sait où était son antre ; on vous donne même son adresse : rue de la Salara^ n^ 1&. Mais l'adresse est fausse, et M. Ampère a de fortes raisons pour croire que son domicile était un peu plus loin.

Je viens d'indiquer, par un exemple, l'originalité piquante du livre de M. Ampère : c'est l'histoire de Rome, écrite à Rome même, avec un perpétuel rapprochement entre l'aspect du sol, tel que l'ont décrit les anciens, et l'aspect ou la destination moderne des mêmes localités; ces comparaisons paraîtront fort intéressantes, à Paris du moins, car il en est peut-être qui ne plairont pas à Rome autant qu'ici. Est-il bien certain, par exemple, qu'on y saura gré à M. Ampère, après qu'il a dit qu'au temps de Gicéron on montrait près de lac Régille l'empreinte d'un des pieds du cheval de Castor, d'avoir ajouté : que « dans l'église de Sainte- Françoise-Romaine, très-voisine du temple de Gastor, on montre l'empreinte laissée par les deux genoux de saint Pierre; » d'avoir rappelé « l'empreinte du pied de Bouddha sur les rochers de Geylan, en même temps que celle des pieds de Jésus-Christ que l'on montre dans la petite église

L'HISTOIRE ROMAINE A ROME. 3f7

de Domine quo vadis^ au lieu où l'on rapporte qu'il apparut à saint Pierre, et lui dit : « Je vais à Rome pour y être de nouveau crucifié '? » Légende qui, pour être née à Rome, n'en est que plus singulière ; car elle fait songer au quatrain de la Ménippée sur la double croix de Lorraine :

Mais, dictes-moy^.que signifie Que les ligueurs ont double croix? C'est qu'en la Ligue on crucifie Jésus pour la seconde fois.

Sera-t-on également bien reconnaissant envers M. Ampère pour avoir appris au public français, — non pas seulement que la, jetiaiuray la croyance au mauvais œil^ est d'origine pélasgique, — mais qu'aujourd'hui, « à cet égard, la démence populaire va si loin, qu'elle attribue cette influence funeste au regard si doux du bon et saint pontife qui gouverne aujourd'hui l'Église, auquel, il faut en convenir, tout n'a pas toujours réussi*? »

Mais ce qui est simplement piquant et ne peut choquer personne, c'est l'histoire si variée de la vallée d'Égérie, où Numa, selon la tradition, donnait.la nuit des rendez-vous à cette nymphe. Juvénal l'avait décrite, et s'était plaint de la transformation que ce lieu avait subie de son temps. Pour amuser les bourgeois de Rome, les empe-

i. Tome II, p. 306.

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