Severitate exempli scUubre, n (Lettres, II
SOUS Auguste : Licinus pressure la Gaule. Il est dénoncé. Il se justifie en remettant à Auguste une partie des trésors amassés par lui , et en démontrant que c'est par pure politique et dans Tintérôt de l'empereur qu'il a ainsi énervé un pays mal pensant. Il faut dire aussi qu'il éleva une basilique à Rome en l'honneur de Jules César ^ En un mot, sous la république, on volait pour soi, et l'on était quelquefois puni. Sous l'empire, pourvu qu'on n'oubliât pas d'intéresser l'empereur dans l'affaire, on était sûr d'être absous.
Une réflexion bien simple suffirait pour prouver que l'état des provinces ne pouvait guère s'améliorer sérieusement. L'empire eût-il voulu les ménager , il ne l'aurait pas pu. Ce n'était pas un gouvernement à bon marché. Depuis la guerre de Macédoine, Rome ne payait pas d'impôts, et elle coûtait horriblement. Des fêtes monstrueuses, des repas où l'on invitait des milliers de convives, tout cela suppose des frais énormes. Qui payait? Les provinces. « Les provinces sont les fermes du peuple romain. » C'est un adage. Tibère s'était préoccupé du sort des provinces, en habile homme qu'il était. Il imagina de laisser longtemps les gouverneurs en place, par une raison qui ne donne pas une très-haute idée de la probité des gouverneurs et du bonheur des gouvernés : « J'aime