‹ Les lettres et la libertéChapitre 48 sur 71 · Voir Dion Cassius, 1. LTV, ch · texte numérisé non relu

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mieux, disait-il, laisser sur la charogne ces mouches déjà repues que de les remplacer par d'autres plus affamées. » M. Zeller reconnaît là <cce langage cynique et repoussant qui peint trop bien Tibère;» et j'ajouterai que le calcul de Tibère n'est pas parfaitement juste ; car on ne voit guère que les mouches repues s'abstiennent de se repaître encore; l'appétit leur vient en mangeant. Tibère a dit un mot plus acceptable, destiné probablement au public : « Un bon berger doit tondre ses brebis et non les écorcher. » Le pouvait-il? Non. Pour lui et surtout pour ses successeurs , sous peine de périr , il fallut soûler de fêtes et d'argent la canaille romaine et les prétoriens. La province soldait la dépense, ainsi que les rois alliés. Au temps de Domitien, ces prétendus alliés étaient déjà, selon Juvénal, des squelettes dont on avait sucé jusqu'à la moelle ^ Il suffit de voir, dans les £^«a/« de M. Guizot, quelle était la situation des provinces à la fin de l'empire pour se convaincre que le mal, loin de diminuer, ne fit qu'augmenter.

C'était une nécessité pour l'empire , une question de vie ou de mort pour l'empereur.

En réalité, sous l'empire comme sous la république, Rome continue à dévorer le monde. Le peuple de Rome est encore le peuple^roi^ un roi fainéant, un mangeur de peuples^ comme disait

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