Voir la 16* satire attribuée à Juvénal
à l'égard de Tannée , elles nous semblent fabuleuses, et cependant, quand on songe que Tarmée était l'origine réelle du pouvoir impérial et son meilleur appui , il faut avouer que la mesure de ces prodigalités était uniquement la discrétion do soldat, et que, quand celui-ci ne se la^^ssdtpajs d'exiger, l'empereur ne pouvait cesser de fournir, sous peine de mort. Ce gouvernement, essentiellement militaire, avait transporté dans la vie civile la justice expéditive des camps. Les soldats en étaient les instruments. Quand quelqu'un déplûsait au César , on lui envoyait un centurion ou un tribun avec ordre de se donner la mort. Car tout se faisait sans bruit, sans scandale ; on tuait à domicile. Au temps de Domitien , c'étaient aussi les soldats qui se chargeaient du métier d'espions. Epictète nous révèle naïvement cette particularité curieuse ; il recommande à ses élèves de ne pas causer avec le premier venu , de ne pas se laisser prendre à des confidences qui sont souvent un piège : « Car c'est ainsi, dit-il, qu'à Rome les imprudents sont la proie des soldats. Un soldat en habit bourgeois vient s'asseoir auprès de toi et se met à dire du mal de l'empereur. Tu crois voir là une marque de confiance, et tu te mets toi-même à dire de l'empereur ce que tu en penses. Aussitôt te voilà chargé de fers et conduit en prison. Tel est généralement ce qui nous arrive*... »