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Dissertations, 1. IV, ch

Mais ce qu'on n'a pas assez remarqué au milieu de ce chaos de l'empire romain, c'est qu'à côté du pouvoir militaire représenté par Tempereur, il y avait un pouvoir civil, le plus souvent écrasé, il est vrai, mais qui se relevait sous les bons empereurs, et qui, sous les mauvais, gardait au moins le privilège, assez triste j'en conviens, mais pourtant réel après tout, de commander en sous-ordre. C'était le Sénat, a Le despotisme , dit très-bien M. Naudet, sent toujours le besoin d'un simulacre de légalité. » Et c'est à cela que servait le Sénat, même celui de Tibère. On a tout dit sur la bassesse du Sénat romain , et il semble pourtant que le sujet soit inépuisable. Néanmoins, ce qu'on ne peut méconnaître, c'est que le respect des anciens usages et un passé glorieux lui maintenaient une véritable influence. Il est admis qu'en lui réside la puissance souveraine; les empereurs font confirmer par lui et leur élection et leurs actes; ils sont le pouvoir exécutif. Si annulé que fût le Sénat, il représentait le droit en face de la force. Si médiocre que fût son pouvoir, cette apparence même était quelque chose, alors que le peuple était complètement annulé , et qu'on ne se donnait pas même la peine de paraître lui demander son adhésion. Auguste laisse au Sénat l'administration de la plupart des provinces; il fait plus, il veut en faire un corps héréditaire ^ en accordant aux fils des sénateurs le droit de porter le costume de

cette compagnie (le laticlave)^ et d'assister aux séances, comme auditeurs. Il les force , par une loi, « de réclamer le siège de leur père, et d'accepter cette part de l'héritage paternel*. » 11 accorde aux sénateurs les moins aisés des espèces d'appointements , et tâche ainsi d'attacher à son pouvoir celui du Sénat, en l'honorant et en le payant. Voilà l'œuvre d'Auguste, et ses premiers successeurs la continuèrent autant qu'ils purent. Ces faits sont clairs, ils sont avérés ; ce qui n'empêche pas pourtant les historiens d'attribuer aux Césars le mérite d'avoir écrasé \ aristocratie du Sénat ! C'est justement ce qu'ils n'ont pas fait : ils Vont perfectionnée au contraire et tâchent simplement d'identifier ses intérêts avec les leurs. C'est le seul pouvoir qu'ils laissent à peu près debout, en dehors de leur autorité personnelle. L'empereur est presque tout, le peuple n'est rien, le Sénat est encore quelque chose. Mais d'ailleurs, quand même ils auraient annihilé ce corps aristocratique autant qu'on le prétend , il n'y aurait pas de quoi leur en faire un titre de gloire. Le Sénat, à la fin de la république, était encore ce qu'il y avait de mieux dans Rome. On en fait une chambre des seigneurs et des lords , une compagnie recrutée dans une caste héréditaire; c'est ce qu'Auguste tenta de faire, mais ce qui n'existait pas aupara-

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