‹ Les lettres et la libertéChapitre 58 sur 71 · Journal de Barbier, t. VUI, p · texte numérisé non relu

Journal de Barbier, t. VUI, p

On pourrait classer dans cette catégorie un journal manuscrit que l'éditeur de Barbier a eu rheureuse idée de reproduire dans son dernier volume, et qui est adressé , non plus à un souverain étranger, mais au lieutenant de police, parun de ses employés. Ce journal , fort curieux , entremêle ses révélations d'éloges obligés pour ledit lieutenant : « Le public tout d'une voix convient qu'on n'a pas encore eu de lieutenant général de police à Paris qui ait été plus exact et qui soit plus facile à aborder. On a saisi cette occasion pour apprendre à ceux qui n'étaient pas bien instruits, les obligations que la ville de Paris a eues à ce magistrat dans le temps de la disette du pain^ » Néanmoins, malgré les soins qu'avec un zèle si désintéressé on prend pour éclairer les ignorants, on est forcé de signaler ailleurs « les mauvais raisonnements de ceux qui n'aiment pas la police^ » et dont la logique déplorable n'excite pas moins l'intérêt de l'observateur anonyme. Il rapporte avec douleur quelques propos tenus dans le public sur les aimables faiblesses de Louis XV; mais ce qui le console , c'est que « tous les bons Français gémissent de la licence avec laquelle on parle de leur maître. » Voltaire est fort maltraité dans ce journal, et Ton y voit que , même au temps de sa faveur à la cour, il était très-surveillé. A l'occa-

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