‹ Les lettres provinciales de Blaise PascalChapitre 103 sur 172 · IÔ · texte numérisé non relu

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de nous décrier qu*ils en ont pris un moyen qui ruine leur propre réputation. Car ils ont fabriqué à dessein de certaines propositions, pleines d'impietez et de blasphémés, qui ils envoyent de tous costez, pour faire croire que nous les soûtenons au 5 mesme sens qu'ils ont exprimé par leur écrit. Mais on verra, par cette réponse, et nostre innocence et la malice de ceux qui nous ont imputé ces impietez, dont ils sont les uniques inven- , teurs.

En vérité, mon Pere, lorsque je les ouïs parler de la sorte 10 avant la Constitution, quand je vis qu’ils la receurent en suite avec tout ce qui se peut de respect, qu’ils offrirent de la souscrire, et que M. Arnauld eut déclaré tout cela, plus fortement que je ne le puis rapporter, dans toute sa seconde lettre, j’eusse creû pecher de douter de leur foy. Et en effet, 15 ceux qui avoient voulu refuser l’absolution à leurs amis avant la lettre de M. Arnauld ont déclaré depuis, qu’aprés qu’il avoit si nettement condamné ces erreurs qu’on luy imputoit, il n’y avoit aucune raison de le retrancher, ny luy ny ses amis, de l’Eglise. Mais vous n’en avez pas usé de mesme. Et 20 c’est sur quoy je commençay à me defier que vous agissiez avec passion.

Car, au lieu que vous les aviez menacez de leur faire signer cette Constitution quand vous pensiez qu’ils y resisteroient, lorsque vous vistes qu’ils s’y portoient d’eux-mesmes, 25 vous n’en parlastes plus. Et quoy qu’il semblast que vous deussiez après cela estre satisfaits de leur conduite, vous ne laissastes pas de les traiter encore d’heretiques, parce, disiezvous, que leur cœur démentoit leur main, et qu'ils estoient Catholiques extérieurement, et heretiques intérieurement, comme 30 vous-mesme l’avez dit dans vostre Besp. à quelques demandes, p. 27 et 47.

Que ce procédé me parut étrange, mon Pere ! Car de qui n’en peut-on pas dire autant? et quel trouble n’exciteroit-on point par ce pretexte ? Si l'on refuse, dit S. Grégoire Pape, 35 de croire la confession de foy de ceux qui la donnent conforme aux sentimens de l'Eglise, on remet en doute la foy de toutes les personnes Catholiques. Je craignis donc, mon Pere, que vostre dessein ne fust de rendre ces personnes heretiques sans qu'ils le fussent, comme parle le mesme Pape sur une dispute 40 pareille de son temps : parce, dit-il, que ce n'est pas s'opposer aux heresies, mais c'est faire une heresie que de refuser de croire ceux qui, par leur confession, témoignent d' estre dans la veri-

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