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de plus adoucy la penitence, qui est une des choses qui esloignoit davantage de la Confession. Mais maintenant les plus délicats ne la sçauroient plus appréhender, après ce que nous avons soutenu dans nos Theses du College de Cler- 5 mont, Que si le Confesseur impose une penitence convenable, convenientem , et qu'on ne veuille pas neantmoins l'accepter, on peut se retirer en renonçant à l' absolution et à la penitence imposée. Et Escobar dit encore, dans la Pratique de la qjenitence selon nostre Société, tr. 7, ex. 4, n. 188, Que si le penitent déclaré 10 qu'il veut remettre à l'autre monde à faire penitence et souffrir en purgatoire toutes les peines qui luy sont deuës, alors le Confesseur doit luy imposer une penitence legere pour l'intégrité du Sacrement, et principalement s'il reconnoist qu'il n'en accepter oit pas une plus grande. Je croy, luy dis-je, que, si cela estoit, 15 on ne devroit plus appeler la confession le sacrement de penitence. Vous avez tort, dit-il, car au moins on en donne toûjours quelqu’une pour la forme. Mais, mon Pere, jugezvous qu’un homme soit digne de recevoir l’absolution quand il ne veut rien faire de pénible pour expier ses offenses ? Et 20 quand des personnes sont en cet estât, ne devriez-vous pas plustost leur retenir leurs pechez que de les leur remettre ? Avez-vous l’idée véritable de vostre ministère, et ne sçavezvous pas que vous y exercez le pouvoir de lier et de délier ? Croyez-vous qu’il soit permis de donner l’absolution indiff- 25 eremment à tous ceux qui la demandent, sans reconnoistre auparavant si Jesus-Christ délie dans le ciel ceux que vous déliez sur la terre ? Hé quoy, dit le Pere, pensez-vous que nous ignorions que le Confesseur doit se rendre fjuge de la disposition de son penitent, tant parce qu'il est obligé de ne pas 30 dispenser les Sacremens à ceux qui en sont indignes, Jesus- Clirist luy ayant ordonné d'estre dispensateur fidelle et de ne pas donner les choses saintes aux chiens, que parce qu'il est juge, et que c'est le devoir d'un juge de juger justement en déliant ceux qui en sont dignes et liant ceux qui en sont indignes, 35 et aussi parce qu'il ne doit pas absoudre ceux que Jesus-Christ condamne ? De qui sont ces paroles-là, mon Pere ? De nostre Pere Filiutius, repliqua-t-il, t. 1, tr. 7, n. 354. Vous me surprenez, luy dis-je, je les prenois pour estre d’un des Peres de l’Eglise. Mais, mon Pere, ce passage doit bien estonner 40 les Confesseurs, et les rendre bien circonspects dans la dispensation de ce Sacrement, pour reconnoistre si le regret de leurs penitens est suffisant, et si les promesses qu’ils donnent