‹ Les lettres provinciales de Blaise PascalChapitre 65 sur 172 · eust esté instruit de vos C. 34, 35, vraye . . . vray C · texte numérisé non relu

eust esté instruit de vos C. 34, 35, vraye . . . vray C

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Vous me traitez d’imposteur sur le sujet d’tin sentiment dê Lessius, que je n’ay point cité de moy-mesme, mais qui se trouve allégué par Escobar dans un passage que j’en rapporte : et ainsi, quand il seroit véritable que Lessius ne seroit 5 pas de l’avis qu’Escobar luy attribué, qu’y a-t-il de plus injuste que de s’en prendre à moy? Quand je’ cite Lessius et vos autres Autheurs de moy-mesme, je consens d’en répondre. Mais, comme Escobar a ramassé les opinions de 24 de vos Peres, je vous demande si je dois estre guarant d’autre chose 10 que de ce que je cite de luy, et s’il faut outre cela que je réponde des citations qu’il fait luy-mesme dans les passages que j’en ay pris. Cela ne seroit pas raisonnable. Or c’est dequoy il s’agit en cét endroit. J’ai rapporté dans ma Lettre ce passage d’Escobar traduit fort fidèlement, et sur lequel 15 aussi vous ne dites rien : Celuy qui fait banqueroute peut-il en seureté de conscience retenir de ses biens autant qu'il est necessaire pour vivre avec honneur , ne indecorè vivat ? Je RESPONDS QUE OUY AVEC LESSIUS : CüM LESSIO ASSERO POSSE, etc. Sur cela vous me dites que Lessius n’est pas de ce 20 sentiment. Mais pensez un peu où vous vous engagez. Car, s’il est vray qu’il en est, on vous appellera imposteurs d’avoir assuré le contraire ; et s’il n’en est pas, Escobar sera l’imposteur : de sorte qu’il faut maintenant par nécessité que quelqu’un de la Société soit convaincu d’imposture. Voyez 25 un peu quel scandale ! Aussi vous ne sçavez pas prévoir la suite des choses. Il vous semble qu’il n’y a qu’à dire des injures au monde, sans penser sur qui elles retombent. Que ne faisiez-vous sçavoir vostre difficulté à Escobar avant que de la publier? Il vous eust satisfait. Il n’est pas si malaisé 30 d’avoir des nouvelles de Vailladolid, où il est en parfaite santé, et où il achevé sa grande Théologie morale en six volumes, sur les premiers desquels je pourray dire un jour quelque chose. On luy a envoyé les dix premières Lettres : vous pouviez aussi lui envoyer vostre objection ; et je m’as- 35 sure qu’il y eust bien respondu, car il a veu sans doute dans Lessius ce passage, d’où il a pris le ne indecorè vivat. Lisez-le bien, mes Peres, et vous l’y trouverez comme moy, lib. 2, c. 6, n. 45 : Idem colligitur apertè ex juribus citatis, maximè quoad ea bona quœ post cessionem acquirit, de quibus is qui 40 debitor est, etiam ex delicto, potest retinere quantum necessarium est ut pro sua conditione non indecore vivat. Petes an

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