injures aux personnes, sans G
DOUZIÈME LETTRE Î47
leges id permittant de bonis quœ tempore instantis cessionis habebat ? Ita videtur colligi ex DD., etc.
Je ne m’arresteray pas à vous monstrer que Lessius, pour autoriser cette maxime, abuse de la loy, qui n’accorde que le simple vivre aux banqueroutiers, et non dequoy subsister avec honneur : il suffit d’avoir justifié Escobar contre une telle accusation. C’est plus que je ne devois faire. Mais vous, mes Peres, vous ne faites pas ce que vous devez : car il est question de répondre au passage d’Escobar, dont les decisions sont commodes en ce qu’estant indépendantes du devant et de la suitte, et toutes renfermées en de petits articles, elles ne sont pas sujettes à vos distinctions. Je vous ay cité son passage entier, qui permet à ceux qui font cession de retenir de leurs biens , quoy qu'acquis injustement, pour faire subsister leur famille avec honneur. Surquoy je me suis écrié dans mes Lettres : Comment, mes Peres, par quelle estrange charité voulez-vous que les biens appartiennent plûtost à ceux qui les ont mal acquis qu'aux créanciers légitimés ? C’est à quoy il faut répondre ; mais c’est ce qui vous met dans un fascheux embarras, que vous essayez en vain d’éluder en détournant la question, et citant d’autres passages de Lessius desquels il ne s’agit point. Je vous demande donc si cette maxime d’Escobar peut estre suivie en conscience par ceux qui font banqueroute, et prenez garde à ce que vous direz. Car, si vous répondez que non, que deviendra vostre Docteur et vostre doctrine de la probabilité ? Et si vous dites que oüy, je vous renvoyé au Parlement.
Je vous laisse dans cette peine, mes Peres, car je n’ay plus ici de place pour entreprendre l’imposture suivante, sur le passage de Lessius touchant l’homicide ; ce sera pour la première fois, et le reste ensuite.
Je ne vous diray rien cependant sur les Avertissemens pleins de faussetez scandaleuses par où vous finissez chaque imposture : je repartiray à tout cela dans la Lettre où j’espere monstrer la source de vos calomnies. Je vous plains, mes Peres, d’avoir recours à de tels remedes. Les injures que vous me dites n’éclairciront pas nos differens, et les menaces que vous me faites en tant de façons ne m’empescheront pas de me defendre. Vous croyez avoir la force et l’impunité ; mais je croy avoir la vérité et l’innocence. C’est une estrange et longue guerre que celle où la violence essaye d’opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent