om. celle C. 14. en sa B. 21. oni. pretsent C. 26. qui
croient la présence réelle de Jesus-Christ daus l'Eucharistie, ils C. 34. de
Port Royal BK
En vérité, mes Pères, vous ne pouviez plus mal choisir que d'accuser le Port-Eoyal de ne pas croire l'Eucharistie ; mais je veux faire voir ce qui vous y a engagez. Vous sçavez que j'entens un peu vostre Politique. Vous l'avez bien suivie 5 en cette rencontre. Si M. de S. Cyran et M. Arnauld n'avoient fait que dire ce qu'on doit croire touchant ce mystère, et non pas ce qu'on doit faire pour s'y préparer, ils auroient esté les meilleurs catholiques du monde, et il ne se seroit point trouvé d'équivoques dans leurs termes de présence réelle et de trans-
10 substantiation. Mais, parce qu'il faut que tous ceux qui combattent vos relâchemens soient hérétiques, et dans le point mesme où ils les combattent, comment M. Arnauld ne le seroit-il pas sur l'Eucharistie, après avoir fait un livre exprés contre les profanations que vous faites de ce Sacrement ?
15 Quoy, mes Pères, il auroit dit impunément qu'on ne doit point donner le corps de Jesus-Christ à ceux qui retombent tousjours daîis les mesmes crimes, et ausquels on ne voit aucune espérance d'amendement ; et qu'o?i doit les séparer qttelque temps de l'Autel, pour se purifier par une pénitence sincère, afin de
20 s' en approcher en suite avec fruit ? Ne souffrez pas qu'on parle ainsi, mes Pères ; vous n'auriez pas tant de gens dans vos confessionaux. Car vostre P. Brisacier dit que si vous suiviez cette méthode, vous n' aptpliqueriez le sang de Jesus-Christ sur personne. Il vaut bien mieux pour vous qu'on suive la
25 pratique de vostre Société, que vostre P. Mascarenhas rapporte dans un livre approuvé par vos Docteurs, et mesme par vostre E. P. General, qui est. Que toute sorte de personnes, et mesme les Prestr es, peuvent recevoir le corps de Jesîis- Christ le jour mesme qu'ils se sont souillez par des péchez abomhiables ; Que,
30 bien loin qu'il y ait de l'irrévérence en ces communions, on est loilable au contraire d'en user de la sorte ; Que les confesseurs ne les en doivent point détourner, et qu'ils doivent au contraire conseiller à ceux qui viennent de commettre ces crimes de communier à l'heure mesme, parce qu'encore que l'Eglise l'ayt def-
35 fendu, cette deffense est abolie par la pratique universelle de toute la terre.
Voila ce que c'est, mes Pères, d'avoir des Jésuites par toute la terre. Voila la pratique universelle que vous y avez introduite, et que vous y voulez maintenir. Il n'importe que
40 les tables de Jesus-Christ soient remplies d'abomination, pourveu que vos églises soient pleines de monde. Eendez donc ceux qui s'y opposent hérétiques sur le S. Sacrement.
5. M. l'Abbé de S. C. C. 36. terre. Masc. 'fr. 4, Disp. 5, n. 284 et 285 C.
n le faut, à quelque prix que ce soit. Mais comment le pourrez-vous faire après tant de témoignages invincibles qu'ils ont donnez de leur foy ? N'avez-vous point de peur que je rapporte les quatre grandes preuves que vous donnez de leur hérésie ? Vous le devriez, mes Pères, et je ne dois point vous 6 en épargner la honte. Examinons donc la première.
M. de S. Cyran, dit le P. Meynier, en consolant un dé ses amis sur la mort de sa mère, tom. I, lettre I4, dit que le phis agréable sacrifice qu'on puisse offrir à Dieu dans ces rencontres est celiLij de la patience : dotic il est Calviniste. Cela est bien 10 subtil, mes Pères, et je ne sçay si personne en voit la raison. Apprenons la donc de luy. Parce, dit ce grand Controversiste, qu'il ne croit donc j^as le sacrifice de la Messe. Car c'est celuy- Id qui est le plus agréable d Dieu de tous. Que l'on dise maintenant que les Jésuites ne sçavent pas raisonner ! Ils 16 le sçavent de telle sorte qu'ils rendront hérétiques tels discours qu'ils voudront, et mesme l'Escriture sainte. Car n'estce pas une hérésie de dire, comme fait l'Ecclésiastique : Il n'y a rien de pire que d'aymer l'argent, nihil est iniquius quàm amare pecuniam, comme si les adultères, les homicides, et 20 l'idolâtrie n'estoient pas de plus grands crimes ? Et à qui n'arrive-t-il point de dire à toute heure des choses semblables, et que, par exemple, le sacrifice d'un cœur contrit et humilié est le plus agréable aux yeux de Dieu, parce qu'en ses discours on ne pense qu'à comparer quelques vertus intérieures les 25 unes aux autres, et non pas au sacrifice de la Messe, qui est d'un ordre tout différent, et infiniment plus relevé? N'estesvous donc pas ridicules, mes Pères, et faut-il, pour achever de vous confondre, que je vous représente les termes de cette mesme lettre, où M. de S. Cyran parle du sacrifice de la 30 Messe comme du plus excellent de tous, en disant qu'on offre à Dieu tous les jours et en tous lieux le sacrifice du coips de son fils, qui n'a point trouvé de plus excellent moyen que celuy-ld pour Jwnorer son Père ? Et en suite. Que Jesus-Christ nous a obligez de prendre en mourant son corps sacrifié, pour 35 rendre plus agréable à Dieu le sacrifice du nostre, et pour se joindre d nous lorsque nous vwurons, afin de nous fortifier en sanctifiant par sa pi'esence le dernier sacrifice qtie nous faisons d Dieu de nostre vie et de nostre corps. Dissimulez tout cela, mes Pères, et ne laissez pas de dire qu'il détournoit de com- 40 munier à la mort, comme vous faites, p. 33, et qu'il ne croyoit
16. hérétiques tout ce qu'ils C. 17. Car ne seroit-ce pas C. 37. mn.
à nous C.
pas le sacrifice de la Messe. Car rien n'est trop hardy pour des calomniateurs de profession.
Vostre seconde preuve en est un grand témoignage. Pour rendre Calviniste feu M. de S. Cyran, à qui vous attribuez le 5 livre de Petrus Aurelius, vous vous servez d'un passage où Aurelius explique, page 89, de quelle manière l'Eglise se conduit à l'égard des Prestres, et mesme des Evesques qu'elle veut déposer ou dégrader. L'Eglise, dit-il, ne pouvant pas leur oster la puissance de l'ordre, parce que le caractère est
10 ineffaçable, elle fait ce qui est en elle : elle oste de sa mémoire ce caractère qu'elle ne peut oster de l'ame de ceux qui l'ont receu. Elle les considère comme s'ils n'estoient plus Prestres ou Evesques. De sorte que, selon le langage ordinaire de l'Eglise, on peut dire qu'ils ne le sont plus, quoy qu'ils le soient toûjoîirs
15 quant au caractère : oh indelebilitatem caracteris. Vous voyez, mes Pères, que cet Auteur, approuvé par trois assemblées générales du Clergé de France, dit clairement que le caractère de la Prestrise est ineffaçable, et cependant vous luy faites dire tout au contraire en ce lieu mesme que le caractère de la
20 Prestrise n'est pas ineffaçable. Voila une insigne calomnie, c'est à dire, selon vous, un petit péché véniel. Car ce livre vous avoit fait tort, ayant refuté les hérésies de vos confrères d'Angleterre touchant l'authorité Episcopale. Mais voicy une insigne extravagance et un gros péché mortel contre la raison.
25 C'est qu'ayant faussement supposé que M. de S. Cyran tient
que ce caractère est effaçable, vous en concluez qu'il ne croit
donc pas la présence réelle de Jesus-Christ dans l'Eucharistie !
N'attendez pas que je vous réponde là dessus, mes Pères.
Si vous n'avez pas de sens commun, je ne puis pas vous en
30 donner. Tous ceux qui en ont se moqueront assez de vous, aussi bien que de vostre troisième preuve, qui est fondée sur ces paroles de la Freq. Com., 3* p., ch. 11, Que Dieu nous donne dans l'Eucharistie la mesme viande qu'aux Saints dans le Ciel, sans qu'il y ait d'autre différence, sinon qu'icy il
35 nous en oste la veuë et le goust sensible, reservant l'un et Vautre pour le ciel. En vérité, mes Pères, ces paroles expriment si naïvement le sens de l'Eglise que j'oublie à toute heure par où vous vous y prenez pour en abuser. Car je n'y vois autre chose, sinon ce que le concile de Trente en-
40 seigne, sess. 13, c. 8, qu'il n'y a point d'autre différence entre Jesus-Christ dans l'Eucharistie et Jesus-Christ dans le ciel, sinon qu'il est icy voilé, et non pas là. M. Arnauld ne dit pas