‹ Les lettres provinciales. Edited by H.F. StewartChapitre 18 sur 181 · fust C\ 31. d^à esté · texte numérisé non relu

fust C\ 31. d^à esté

la panche vers la chose commandée, et de l'autre part la concupiscetice rebelle la sollicite au contraire. 2. Dieu luy inspire la connoissancc de sa foiblesse. 3. Dieu luy inspire la connoissance rfw Médecin qui la doit guérir. 4. Dieu luy inspire le désir de sa guerison. 5. Dieti luy inspire le désir de 6 le prier et d'implorer son secours.

Et si toutes ces choses ne se passent dans l'ame, dit le Jésuite, l'action n'est pas proprement péché, et ne peut estre imputée, comme M. le Moyne le dit en ce mesme endroit, et dans toute la suitte. 10

En voulez-vous encore d'autres autoritez? En voicy : Mais toutes modernes, me dit doucement mon Janséniste. Je le voy bien, dis-jo ; et, en m'adressant à ce Père, je luy dis. O mon Père, le grand bien que voicy pour des gens de ma connoissance ; il faut que je vous les amené. Peut-estre 15 n'en avez-vous gueres veu qui ayent moins de péchez, car ils ne pensent jamais à Dieu ; les vices ont prévenu leur raison. Bs n'ont jamais connu ny leur infirmité, ny le Médecin qui la peut gucrir. Ils n'ont jamais pensé à désirer la santé de leur ame, et encore moins à prier Dieu de la leur donner : 20 de sorte qu'ils sont encore dans l'innocence baptismale, selon M. le Moyne. Ils n'ont jamais eu de pensée d'aymer Dieu, ny d'estre contrits de leurs péchez, de sorte que, selon le P. Annat, ils n'ont commis aucun péché par le défaut de Charité et de Pénitence : leur vie est dans une recherche continuelle 25 de toutes sortes de plaisirs, dont jamais le moindre remors n'a interrompu le cours. Tous ces excez me faisoient croire leur perte assurée. Mais, mon Père, vous m'apprenez que ces mesmes excez rendent leur salut assuré. Beny soyezvous mon Père, qui justifiez ainsi les gens 1 Les autres ap- 30 prennent à guérir les âmes par des austeritez pénibles : mais vous monstrez que celles qu'on auroit crû le plus désespérément malades se portent bien. O la bonne voye pour estre heureux en ce monde et en l'autre ! J'avois tousjours pensé qu'on pechast d'autant plus qu'on pensoit le moins à Dieu ; 35 mais, à ce que je vois, quand on a pu gaigner une fois sur soy de n'y plus penser du tout, toutes choses deviennent pures pour l'avenir. Point de ces pécheurs à demy, qui ont quelque amour pour la vertu : ils seront tous damnez, ces demypecheurs. Mais pour ces francs pécheurs, pécheurs endurcis, 40 pécheurs sans meslange, pleins et achevez, l'Enfer ne les

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