‹ Les lettres provinciales. Edited by H.F. StewartChapitre 42 sur 181 · des solides AV. 34. pour rendre un jugement en C · texte numérisé non relu

des solides AV. 34. pour rendre un jugement en C

HUITlfcMK LETTRE QI

peut en recevoir de l'argent. Aussi tous nos principaux auteurs (comme Molina, disp. 94 et 99 ; Reginaldus, 1. 10, n. 184, 185 et 187; Filiutius, tr. 31, n. 220 et 228 ; Escobar, tr. 3, ex. 1, n. 21 et 23 ; Lessius, 1. 2, c. 14, d. 8, n. 52), enseignent tous uniformément, Qu'un Juge est bien obligé de 5 rendre ce qu'il a receii pour faire justice, si ce n'est qu'on le luy eust donné par libéralité, mais qu'il n'est jamais obligé à rendre ce qu'il a receii d'un homme en faveur duqicelil a rendu un arrest injuste.

Je fus tout interdit par cette fantasque décision, et, pen- 10 dant que j'en considerois les pernicieuses consequances, le Pero me preparoit une autre question et mo dit : Respondez donc une autre fois avec plus de circonspection. Je vous demande maintenant : Un homme qui se mesle de deviner estil obligé de rendre l'argent qu'il a gaigné par cet exercice ? 16 Ce qu'il vous plaira, mon Révérend Père, luy dis-je. Comment ! ce qui me plaira? Vrayment vous estes admirable ! Il semble, de la façon que vous parlez, que la vérité dépende de nostre volonté. Je voy bien qu*^; vous ne trouveriez jamais celle-cy de vous mesme. Voyez donc résoudre cette 20 difficulté-là à Sanchez ; mais aussi c'est Sanchez. Premièrement, il distingue en sa Somme, 1. 2, c. 38, n. 94, 95 et 96, si ce devin ne s'est servi que de l'astrologie et des autres m/yiens tuiturels, ou s'il a employé l'art diabolique : car il dit qu'il est obligé de restituer en un cas, et non pas en l'autre. 25 Diriez-vous bien maintenant auquel? Il n'y a pas là de difficulté, luy dis-je. Je voy bien, repliqua-t-il, ce que vous voulez dire. Vous croyez qu'il doit restituer au cas qu'il se soit servi de l'entremise des démons? Mais vous n'y entendez rien. C'est tout au contraire. Voicy la resolution 30 de Sanchez au mesme lieu : Si ce devin n'a pas pris la peine et le soin de sçavoir par le moien du diable ce qui ne se pouvoit sçavoir autrement, si nullam operam apposuit ut arte diaboli id sciret, il faut qu'il restitue ; mais, s'il en a pris la peine, il n'y est point obligé. Et d'où vient cela, mon Père? Ne 35 l'entendez-vous pas ? me dit-il. C'est parce qu'on peut bien deviner par l'art du diable, au lieu que l'astrologie est un moien faux. Mais, mon Père, si le diable ne respond pas la vérité, car il n'est guère plus véritable que l'astrologie, il faudra donc que le devin restitue par la mesme raison? 40 Non pas toujours, me dit-il. DlstingiM, dit Sanchez sur cela, car, si le devin est ignorant en l'art diabolique, si sit artis

Page 1