‹ Les lettres provinciales. Edited by H.F. StewartChapitre 52 sur 181 · Et Fil. C · texte numérisé non relu

Et Fil. C

Il8 LES LETTRES PROVINCIALES

court ainsi au 2 tr., sect. 1, p. 12, 13, 14, etc. S. Thomas dit qu'on est obligé à aimer Dieu aussi tost après l'usage de la raison. C'est un peu bien tost. Scotus, chaque Dimanche. Surquoy fondé ? D'autres, quand on est grièvement tenté. 5 Oiiy en cas qu'il n'y eust que cette voye de fuir la tentation. Sotus, quand on reçoit un bienfait de Dieu. Bon pour l'en remercier. D'autres, à la mort. C'est bien tard. Je ne croy pas 'non plus que ce soit à chaque réception de quelque sacrement. L'attrition y suffit avec la confession, si on en a la

10 commodité. Suarez dit, qu'on y est obligé en un temps. Mais en quel temps ? Il vous en fait juge, et il n'en sçait rien. Or ce que ce Docteur n'a pas sçeu, je ne sçay qui le sçait. Et il conclud enfin qu'on n'est obligé à autre chose à la rigueur qu'à observer les autres commandemens sans aucune affec-

15 tion pour Dieu, et sans que nostre cœur soit à luy, pourveu qu'on ne le haïsse pas. C'est ce qu'il prouve en tout son second traité. Vous le verrez à chaque page, et entre autres aux 16, 19, 24, 28, où il dit ces mots : Dieu, en nous commandant de l'aimer, se contente que nous luy obéissions en ses

20 autres commandemens. Si Dieu eust dit : Je vous perdray, quelque obéissance que vous me rendiez, si de plus vostre cœur n'est à moy ; ce motif, à vostre avis, eust-il esté bien proportionné à la fin que Dieu a deu et a pil avoir ? Il est donc dit que nous aimerons Dieu en faisant sa volonté, comme si nous

25 l'aimions d'affection ; comme si le motif de la charité nous y portoit. Si cela arrive réellement, encore mieux ; sinon, noîis ne laisserons pas pourtant d'obéir en rigueur au commandement d'amoiir en ayant les œuvres : de façon que (voyez la bonté de Dieu) il ne nous est pas tant commandé de l'aimer que

30 de ne le point haïr. C'est ainsi que nos Pères ont déchargé les hommes de l'obligation pénible d'aimer Dieu actuellement. Et cette doctrine est si avantageuse que nos Pères Annat, Pintereau, le Moine et A. Sirmond mesme, l'ont défendue vigoureusement, quand on a voulu la combattre. Vous

35 n'avez qu'à le voir dans leurs responses à la Théologie tnorale ; et celle du Père Pintereau, en la 2 p. de l'Abbé de Boissic, p. 53, vous fera juger de la valeur de cette dispense, par le prix qu'il dit qu'elle a cousté, qui est le sang de Jesus-Christ. C'est le couronnement de cette doctrine. Vous

40 y verrez donc que cette dispense de l'obligation fascheuse d'aimer Dieu est le privilège de la loy Evangelique par dessus la Judaïque. Il a esté raisonnable, dit-il, que dans la

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