eust esté instruit de vos C. 34, 35, vraye . . . vray C
Vous me traitez d'imposteur sur le sujet d'un sentiment de Lessius, que je n'ay point cité de moy-mesme, mais qui se trouve allégué par Escobar dans un passage que j'en rapporte : et ainsi, quand il seroit véritable que Lessius ne seroit 5 pas de l'avis qu'Bscobar luy attribue, qu'y a-t-il de plus injuste que de s'en prendre à moy ? Quand je cite Lessius et vos autres Autheurs de moy-mesme, je consens d'en répondre. Mais, comme Escobar a ramassé les opinions de 24 de vos Pères, je vous demande si je dois estre guarant d'autre chose
10 que de ce que je cite de luy, et s'il faut outre cela que je réponde des citations qu'il fait luy-mesme dans les passages que j'en ay pris. Cela ne seroit pas raisonnable. Or c'est dequoy il s'agit en cet endroit. J'ai rapporté dans ma Lettre ce passage d'Escobar traduit fort fidèlement, et sur lequel
16 aussi vous ne dites rien : Celuy qui fait banqueroute peut-il en seureté de conscience retenir de ses biens autant qu'il est nécessaire pour vivre avec honneur, ne indecorè vivat ? Je
RESPONDS QUE GUY AVEC LeSSIUS : CuM LeSSIO ASSERO POSSE,
etc. Sur cela vous me dites que Lessius n'est pas de ce
20 sentiment. Mais pensez un peu où vous vous engagez. Car, s'il est vray qu'il en est, on vous appellera imposteurs d'avoir assuré le contraire ; et s'il n'en est pas, Escobar sera l'imposteur: de sorte qu'il faut maintenant par nécessité que quelqu'un de la Société soit convaincu d'imposture. Voyez
25 un peu quel scandale ! Aussi vous ne sçavez pas prévoir la suite des choses. Il vous semble qu'il n'y a qu'à dire des injures au monde, sans penser sur qui elles retombent. Que ne faisiez- vous sçavoir vostre difficulté à Escobar avant que de la publier? Il vous eust satisfait. Il n'est pas si malaisé
30 d'avoir des nouvelles de Vailladolid, où il est en parfaite santé, et où il achevé sa grande Théologie morale en six volumes, sur les premiers desquels je pourray dire un jour quelque chose. On luy a envoyé les dix premières Lettres : vous pouviez aussi lui envoyer vostre objection ; et je m'as-
35 sure qu'il y eust bien respondu, car il a veu sans doute dans Lessius ce passage, d'où il a pris le ne indecorè vivat. Lisez-le bien, mes Pères, et vous l'y trouverez comme moy, lib. 2, c. 6, n. 45 : Idem colligitur apertè ex juribus citatis, maxime quoad ea bona quœ post cessionem acquirit, de quibus is qui
40 debitor est, etiam ex delicto, potest retinere quantum necessarium est ut pro sua conditione non indecorè vivat. Petes an