OBSERVATION IV
D. Georgette, 15 ans, entre dans le service le 3-10-35, pour un état anémique accompagné de poussées fébriles. Fille unique née de parents bien portants on signale dans ses antécédents une hernie ombilicale opérée il y a trois ans et demi, et il y a trois ans un séjour dans un sanatorium pour une lésion d’un sommet.
Le début de la maladie actuelle doit être reporté aux premiers jours du mois de septembre. À ce moment on s’aperçut de la présence dans ses selles d’anneaux de ténia. Elle prit douze capsules d’extrait étheré de fougère mâle. Le ver fut expulsé, maïs on ne sait si la tête est venue. Depuis cette époque, trois signes retiennent Pattention : la fatigue, la pâleur et Ia fièvre. Cette fièvre est très irrégulière, elle oscille entre 37,5 et 39. L’appétit est cependant conservé, néanmoins cette enfant maigrit de trois kilos. en un mois. Les règles sont normales, il n’y a pas d’hémorragies.
Un examen de sang pratiqué en ville, la veille de son entrée à l'hôpital, donne les résultats suivants :
CODES TOME ET M a eee 2.120.000 CODE Mb ARE RE EL Ce OR seems 6.000 AC NE OT ANRT ENT A LE CEE 40 Polynucléaires neutrophiles ........... sn Elie
Lymphocytes ......................... 29. %
M, cites
Grands et moyens mononucléaires....... re % (4 Formes anormales 2760 PR RE ee l Formesraltérées, es eee 4 Myélocytes/2ranu eur eee er AS Mégaloéyites MERE Sen PeRRe 8 %
A l’entrée ce qui frappe surtout, c’est la pâleur extrémement marquée. Les muqueuses sont décolorées, la peau est d’un blanc cireux. La fièvre est à 38,5. L'enfant se plaint d’une grande fatigue, de sueurs nocturnes, et d’être essouflé au moindre effort. L’examen de la gorge montre une muqueuse extrêmement pâle mais il n’y a pas d’angine ni d’ulcération. La palpation de la région cervicale découvre une légère hypertrophie de quelques ganglions de la chaîne carotidienne. Les autres territoires ganglionnaires sont normaux. La rate est percutable sur cinq travers de doigts, le pôle inférieur est légèrement palpable. Un examen du fond d’œil montre une rétine pâle sans hémorragie, des bords papillaires estompés par places, des veines dilatées et sinueuses. Les urines ne contiennent ni pus, ni sang, ni albumine. Leur ensemencement est négatif. Une cuti-réaction est positive. Une radiographie pulmonaire donne une image normale.
Le 9 octobre, un nouvel examen de sang montre
Giobilessrougeshs 2.5 Ra CS HOT 1.806.600 Globules Dblanes 422..12 OR RS 8.400 Hémoglobine Sc dans MEN 45 % Polynüucléairesimeutrophiles "Peer 5 % cosinophiles 72 "25872 0 % Mastzellen >... Re ee 0 % Prmphocytes ke. (Teese HU AURE 26 % Moyensé#mononucléaires 716 CN CEE 4 g Monocytés eee TT
Monoblastes: 258 VTT OI e
He 9102
Temps de saignement 7 minutes.
Temps de coagulation 10 minutes.
Le signe du lacet est négatif.
Cet état reste stationnaire jusque vers la fin octobre. Cependant au cours de l’évolution on peut noter un réveil momentané de la mœælle. Les globules rouges passèrent de 628.000 le 16 octobre à 1.403.000 le 21 avec 15 % de réticulocytes. Cette tentative de régénération ne dura pas et l’anémie continua à progresser jusqu’à la fin. Le 25 octobre l’état s'aggrave, la fièvre est plus élevée et oscille entre 38,5 et 39,5. L'enfant est plus fatiguée. Son cœur est rapide et on entend un souffle systolique mésocardiaque. Le pôle inférieur de la rate est nettement palpable, le foie est également hypertrophié et descend jusqu’au niveau de la ligne de l’ombilic. Enfin le syndrôme hémorragique fait son apparition : ecchymoses au niveau des points d'injection, hémorragie rétinienne, épistaxis peu abondantes. Le 1* novembre apparaissent des douleurs dans le bras gauche qui nécessitent l’immobilisation en gouttière.
La formule sanguine est sensiblement la même, une leucocytose modérée remplaçant la leucopénie initiale.
Le 5 novembre :
Globes LORSÉS LUS 7 eh ne 612.500 Glépiulesnblness 22 bd andere nome 16.300 HémosloDinesr RE LS teen 15 % Polynucléaires neutrophiles A dog PA A de 6 % LMD HOCNTES EEE SON ER , 30 Moyens mononucliéaires 22," 6 NO RON SR nn eme see nie nid 10 > MODERNES. PP EE GE POENTSE 48 %
L'enfant meurt dans le coma le 7 novembre.
La thérapeutique consista dès le début en extrait de
mi NE
foie de veau, en ampoules injectables et buvables, en extrait de mœlle osseuse, en protoxalate de fer puis, en une médication anti-hémorragique. Trois injections, trois jours de suite, de 10 cc. de nucléotide de pentose n’amenèrent aucune amélioration.