ATTEINTE DES ORGANES HÉMATOPOIÉTIQUES
1° Rate. — L’hypertrophie de la rate ne fait, pour ainsi dire, jamais défaut. Très souvent, elle est perceptible par les seuls moyens de la clinique, dans quelques cas où, pendant la vie du malade, on n’avait pas relevé cette hypertrophie, on a pu la vérifier à l’autopsie.
Le volume atteint est du reste bien variable. En quelques cas la rate ne dépasse pas le rebord costal et on ne peut la déceler que par la percussion qui donne une matité nette dans l’hypochondre gauche. Plus souvent, elle dépasse les fausses côtes, on sent son bord à un ou deux travers de doigt au-dessous, c’est là le cas le plus fréquent. Rarement on voit ces rates énormes que l’on rencontre dans les Leucémies chroniques, myéloïdes ou à monocytes.
Ce n’est du reste pas un symptôme précoce de l’af-
fection, Ce n’est le plus souvent qu'après quelques semaines que la rate augmente de volume et cette hypertrophie alors suit l'évolution de la maladie. H semble que Faugmentation plus où moins rapide du volume splénique soit en rapport avec la rapidité d'évolution de l’affection, la présence d’une rate volumineuse annonçant la fin prochaine.
Quelques observateurs ont indiqué un autre caractère de cette hypertrophie, c’est la possibilité de sa régression. Certains l’attribuent à une infection surajoutée modifiant les caractères de la maladie.
Les caractères perçus à la palpation sont ceux de toutes les rates leucémiques, c’est-à-dire une masse dure et lisse sous la main qui palpe avec un bord sur lequel on peut sentir les échancrures de lorgane. La rate peut être ou non douloureuse soit spontanément, soit à la palpation. Il semble cepêndant que ce caractère soit en rapport avec l’évolution plus rapidement fatale. Ce n’est pas une douleur très intense mais une gêne dans l’hypochondre avec parfois une sensation de tiraillement ; elle peut s’irradier à Pépaule gauche.
2° Les ganglions. — L'hypertrophie ganglionnaire est avec celle de la rate un des caractères dominants et leur association est un des, meilleurs signes eliniques de la maladie.
L'apparition de Fladénite précède en général la splénomégalie et même dans. certains cas les hypertrophies ganglionnaires, existent seules sans qu’à
OU
aucun moment de l’évolution on puisse déceler cliniquement l’augmentation de volume de la rate:
Toutes les chaînes ganglionnaires peuvent être prises, mais les ganglions. sous-maxillaires et plus particulièrement leur groupe angulo-maxillaire le sont le plus souvent et surtout en premier lieu. Ce n’est que secondairement que sont prises les autres aires ganglionnaires donnant des adénopathies cervicales, occipitales, axillaires et inguinales. À la radiographie, on peut juger de l’existence d’adénopathie frachéo-bronchique qui n’apparaît pas très importante; enfin les autopsies montrent que, assez souvent, il y a augmentation des ganglions mésentériques, |
Mais si, par ordre de fréquence, le début par une adénopathie sous maxillaire est le plus habituel, plusieurs observations. furent publiées. où les premiers groupes, ganglionnaires atteints étaient occipitaux, axillaires ou inguinaux. De même il n’y a aueune loi dans. la manière dont se fait la généralisation.
Leur volume est. variable et de façon habituelle ce sont de petites adénopathies constituées par des ganglions ayant la grosseur d’un: haricot et pouvant aller jusqu’à celle d’un: gros œuf. Mais on ne rencontre pas des hypertrophies tumorales courantes au cours des leucémies lymphoïdes ou de la maladie de Hogdkin.
Ils sont généralement durs, libres, roulant sous le doigt, ne s’accompagnant pas de péri-adénite, le plus
ne en
souvent indolores mais quelquefois sensibles à la palpation et même spontanément. De même que pour la rate, il est possible dans les cas d'infection de voir régresser les ganglions. Il n’y a jamais suppuration de ces ganglions.
3) Foie. — Le Foie participe à la réaction des autres crganes hématonoiétiques. I1 suit la rate et n’est jamais hypertrophié qu'avec elle. L’hépatomégalie n’est jamais très intense et nous voyons le foie dépasser le bord des côtes de 1 à 2 travers de doigt seulement, Il est régulier, de consistance normale et douloureux soit spontanément, soit à la pression.
4) Moëlle osseuse. — Sa participation se traduit cliniquement par des douleurs osseuses, spontanées ou plus souvent provoquées par la pression des diaphyses ou au niveau des épiphyses. Les os le plus souvent douloureux sont : le sternum, les côtes, et les diaphyses tibiales. Quelquefois même la douleur au niveau des épiphyses est très intense donnant à l'affection l’aspect d’un véritable pseudo-rhumatisme aigu. L’autopsie confirme l’existence d’hyperplasie de la moelle des os.
L’une ou l’autre de ses hypertrophies des organes hématopoietiques peut exister d’une façon isolée. Elles peuvent coïncider d'emblée ou se constituer l’une après l’autre par étapes. Les aspects morbides changent alors suivant l’époque de l’examen et cette variabilité de l’ensemble clinique à elle seule est déjà frappante.
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