‹ Les Leucémies Aiguës à MonocytesChapitre 19 sur 45 · BEAUCOUP MOINS IMPORTANTE APPARAIT L'ATTEINTE DES AUTRES ORGANES · texte numérisé non relu

BEAUCOUP MOINS IMPORTANTE APPARAIT L'ATTEINTE DES AUTRES ORGANES

Appareil respiratoire. — Le symptôme le plus fréquent et frappant est la dyspnée, souvent précoce elle peut être très intense. Si quelquefois des lésions pleuro-pulmonaires comme pleurésies, foyers conges- Üfs, pneumonies et là tuberculose pulmonaire la provoquent, le plus souvent on ne trouve pour lexpliquer aucun signe d’atteinte de l'appareil respiratoire et il semble alors que, dans sa pathogénie, on peut faire intervenir une série de facteurs plutôt mécaniques dont les plus importants doivent être le défaut d’hématose par déglobulisation, l’obstruction de la gorge, conséquence de l’hypertrophie amygdalienne et adénoïdienne ou des lésions-pharyngo-laryngées la compression médiastinale par des adénopathies péri-trachéo-bronchiques, l’atélectasie pulmonaire dans les cas où la rate est volumineuse, enfin vraisemblablement un facteur nerveux, d'ordre toxique l’intoxication bulbaire.

Fréquemment à l’auscultation on trouve des râles de congestion des deux bases ou des signes d’épanchement qui souvent, nous l’avons déjà dit, sont hémorragiques.

Enfin ce terrain sans résistance est facilement la proie de diverses infections pleuro-pulmonaires et nous avons retrouvé quelques cas, rares d’ailleurs, où la mort est survenue dans un syndrome de suppuration pleuro-pulmonaire ou de tuberculose à marche

aigué.

Appareil circulatoire. — Cliniquement les signes sont ceux qu’on retrouve dans les grandes anémies : essentiellement les souffles anorganiques de la région apexienne.

Les palpitations sont fréquentes, la tachycardie est de règle, accompagnée souvent d’hypotension artérielle parfois très marquée, enfin quelquefois des signes de fatigue du myocarde avec assourdissement des bruits du cœur. La mort peut survenir par svncope. À l’autopsie, on trouve des suffusions hémorragiques à la surface ou dans le péricarde et sur le myocarde.

Appareil digestif. — I.es troubles digestifs sont de peu d'importance. Nous avons insisté dans les chapitres précédents sur l’anorexie et l’amaigrissement qu’elle entraîne, sur la possibilité d’hémorragies intestinales ou d’inondation intra-péritonéale, sur la rareté de l’ascite. Notons encore des cas où existent une diarrhée fétide et des selles glaireuses plus ou moins sanglantes et enfin ceux où apparaissent des vomissements : alimentaires, muqueux ou biliaires, toujours tardifs et constituant un signe de mauvais

augure .car ils annoncent à brève échéance la fin.

Appareil urinaire. — Il est très souvent atteint ét nous avons trouvé signalée dans la plupart des observations la présence d’albumine, à l’état de traces dépassant rarement 2 à 3 gr. par 1.000 cm° d'urine ; de slobules rouges, attestant encore dans cet organe la note hémorragique de l'affection ; de cylindres hya-

lins, granuleux et épithéliaux, preuve d’un certain degré de désintégration du parenchyme rénal ; d'acide urique en proportion élevée.

La quantité d'urine émise en 24 heures oscille entre 1 à 3 litres, leur densité est augmentée, elles sont chargées, laissant. un dépôt rougeâtre au fond du bocal.

Le système nerveux. — Les troubles sont minimes. Nous avons vu que l'intelligence est conservée et c'est seulement à la période préagonique que ces malades délirent, ont des hallucinations et perdent connaissance.

Les réflexes sont normaux à moins de complications surajoutées : hémorragie cérébrale, ramollissement cérébral ou autre.

L’'œil. — TI existe des troubles de la vue en rapport vraisemblablement avec de la rétinite leucémique, ou avec des hémorragies oculaires qui sont : soit rétiniennes-péripapillaires décélables, comme d’ailleurs la rétinite, à lophtalmoscope, soit superficielles,

sous-conjontivales.

Appareil Génital. — Nous avons vu chez la femme la possibilité de troubles menstruels, surtout fréquence des métrorragies. Pas de troubles cités chez l’horme sauf évidemment l'impuissance absolue.

Enfin notons l’apparition — très rare — à la surface des téguments de petits éléments papuleux, arrondis de la grosseur d’un pois jusqu’à celle d’un

haricot, non douloureux au palper, qui rentrent dans

Page 1