‹ Les Leucémies Aiguës à MonocytesChapitre 21 sur 45 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ETUDE HEMATOLOGIQUE

Si examen clinique peut faire penser à une leucémie aiguë, le véritable critérium sur lequel repose le diagnostic reste l’examen hématologique et lui seul est capable d’en indiquer la nature. Nous allons exposer brièvement les résultats d’un examen de sang, tels que les fournit le laboratoire et la facon de les interpréter sommairement pour compléter l'examen clinique, nous réservant de revenir plus en détail sur cette question de l’hématologie. Nous verrons, en effet, qu’elle est la source de discussions infinies et que les auteurs sont loin d’être d’accord tant sur la morphologie des éléments observés que sur leur origine et leur valeur respective.

Les modifications pathologiques, que l’on constate portent sur la série blanche, sur la série rouge et sur le plasma. Elles sont d'ordre quantitatif et qualitatif. Or, pour le diagnostic d’un état leucémique, la notion

de qualité prime la notion de quantité. Ce qui la

DO el

caractérise, c’est d’une façon habituelle laugmentation du chiffre global des leucocytes mais c’est surtout de facon constante et nécessaire la rupture de l'équilibre leucocytaire normal avec apparition de formes anormales, formes jeunes ou altérées, dans le sang circulant.

Dans la formule sanguine d’une leucémie aiguë à monocytes prédominent une grande cellule mononucléée, le monocyte, sa forme jeune, le monoblaste, des cellules atypiques, les cellules monocytoides.

Le monocyte, cellule normale, existe habituellement dans le sang, dans la proportion de 3 à 5 %. Dans la leucémie, son pourcentage s’élève à 30 ou 60 %, et parfois même à un taux considérable, tel que 98,8 , dans un cas de Weissenbach, Bourdillon, Martineau et David. Sa morphologie répond à la description du « grand mononucléaire ». C’est une grande cellule de 15 à 20 ; Son noyau est gros, rond, faiblement entaillé, il se colore d’une facon homogène et pâle. Son protoplasma est ordinairement abondant, très faiblement basophile, il apparait sur les préparations colorées au Giemsa, teinté en gris cendré, il renferme presque toujours des granulations menues, azurophiles.

Le monoblaste est une cellule aussi volumineuse, mais son noyau est plus foncé que celui du monocyte et contient toujours un à deux nucléoles. Son protoplasma est moins abondant, un peu plus basophile bien que grisaille et ne contient pas ou peu de granu-

se

lations azurophiles. Cette cellule présente surtout une grande variabilité de formes et prend parfois une apparence allongée avec prolongements pseudo-podiques.

Les cellules monocytoïdes présentent les aspects les plus polymophes. On ne peut en donner une description schématique. Nous les étudierons plus loin.

A côté de cette prédominance monocytaire, on note presque constamment une diminution importante du nombre des granulocytes. Les globules rouges sont atteints également. L’anémie est constante et progressive. Rapidement abaissés au chiffre de 2.000.009, ils tombent fréquemment à la période terminale, au-dessous de 1.000.000, sans qu’on puisse arrêter cette chute brutale.

La leucocytose est variable. Classiquement élevée modérément à 20 ou 40.000, elle peut atteindre des chiffres beaucoup plus haut. Maïs il est plus fréquent encore d'observer, à un moment quelconque de l’évolution des chiffres normaux ou même abaissés.

Ainsi, se résume la formule sanguine de la L. A.

à monocytes dans les caractères suivants

__ Prédominance de cellules mononucléées plus ou

moins atypiques appartenant à la série monocytaire.

__ Diminution du nombre des granulocytes et des

globules rouges.

— riabilité et contingence de Îe eocytose, Variabilité et tingence de la leucocytose

Page 1