ÉVOLUTION
L'évolution de la leucémie aiguë à monocytes est très rapide et fatale. Elle dure en moyenne 2 à 3 mois et semble se faire en deux phases, séparées par une phase intermédiaire. La première, insidieuse et subaiguë, de beaucoup la plus longue, se manifeste par des symptômes les plus variés. Parmi ceux-ci, un seul est constant, la pâleur. Cette anémie, peut exister seule ou bien s’accompagner d’autres manifestations cliniques. Elle ne regresse jamais et finit par dominer la scène clinique. Au prime abord, les affeclions les plus diverses peuvent marquer le début réel de la maladie, sans attirer pour cela l’attention sur les organes hématopoiétiques. Parfois c’est un état de lassitude survenue sans cause apparente, que l'examen le plus consciencieux ne peut expliquer. Assez souvent c’est la présence de ganglions sousmaxillaires qui marque le début de l'affection. D’autres fois une angine banale de courte durée en est la première manifestation. Des phénomènes digestifs comme dans notre obs. If avec douleurs abdominales et diarrhée peuvent également être l’accident initial. Des petites élévations thermiques vespérales peuvent accompagner ces différents états morbides ct parfois de petites hémorragies ou une légère éruption purpurique qui n’ont pas retenu l'attention à cause de leur caractère transitoire. On voit tout de suite l’importance qu’acquiert l’anémie au milieu de
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banalité pathologique. C’est elle qui inquiète le malade et c’est elle qui pousse le médecin à praüquer un examen de sang. À cette période il montre avant tout l’anémie, qui est déjà assez importante. Le nombre des globules rouges est habituellement autour de 2.500.000. Les globules blancs par contre sont souvent en nombre normal, ou au contraire inférieur à la normale. Ce stade aleucémique initial est très fréquent. La formule est déjà atypique et montre une augmentation du pourcentage des monocytes au détriment des polynucléaires et l'apparition des monoblastes.
La thérapeutique mise en œuvre à ce moment semble pendant quelque temps amener une amélioration. Les phénomènes cliniques s’amendent. L’asthénie diminue. Le malade se sent mieux. Cependant persiste la pâleur et les examens de sang montrent la progression lente de l’anémie. Les globules blancs ont augmenté de nombre ou sont restés contants. L’atypie de la formule n’a pas changé. Ce stade intermédiaire ne dure pas et brusquement le malade entre dans la deuxième phase. |
Elle est d’allure franchement aiguë, elle ne dure jamais longtemps et ne s’étend que sur quelques jours, ou au maximum 4 à 5 semaines. Cette période terminale se caractérise par l’apparition des différents syndrômes que nous avons étudiés en particulier le syndrôme infectieux et le syndrôme hémorragique, par l’aggravation de la déglobulisation d’une
rapidité déconcertante que n’explique pas toujours l'importance restreinte des hémorragies. Le sang montre une anémie intense, les globules rouges sont: à 1.000.000 ou au-dessous. Les globulés blanes atteisnent des chiffres parfois très élevés ou au contraire s’'effondrent dans une leucopénie terminale. À ce moment la marche de la maladie est inexorable et toutes, les mesures thérapeutiques. n’arrivent pas à entraver son, évolution. Le malade épuisé meurt le plus souvent dans le collapsus et Le coma, à. moins qu’une complication brutale, hémorragie cérébrale, infeclion surajoutée ou syncope ne vienne hâter l’échéance toujours fatale,
Parfois le début est aigu. La première phase insidieuse passe inaperçue et d'emblée le malade se trouve dans la période d'état. En pleine santé apparente se constitue la maladie avec son cortège de signes: infectieux.